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BOUALEM SANSAL (2) : LA RÉPÉTITION DE L’ODIEUSE LÂCHETÉ / COMPLICITÉ DU « IL L’AVAIT BIEN CHERCHÉ »

1. EMMANUEL CARRÈRE ACCUSE :

« SANSAL, IL A QUAND MÊME UN PEU CHERCHÉ CE QUI LUI ARRIVE »

ONT ILS DIT DÉJÀ DE Soljenitsyne, Ruschdy, Charlie Hebdo, Navalny, Paty

LA GRANDE LIBRAIRIE HIER SOIR :

« ✍️ »Quand un écrivain (…) est emprisonné pour avoir exprimé des idées, (…), il est évident qu’il faut le soutenir sans réserve. » 👉On termine cette émission par un texte d’Emmanuel Carrère, écrit en soutien à l’écrivain Boualem Sansal, actuellement emprisonné en Algérie. »

CAPTURE D’ÉCRAN DU POST SUR X

LIEN VERS LA VIDÉO

https://twitter.com/GrandeLibrairie/status/1864423181500477494

2. « Abandonner Sansal à ses persécuteurs, c’est trahir l’essence spirituelle de l’Europe »

Écrit Robert Redeker dans l’article (4) du Figaro proposé à votre lecture.

À travers l’arrestation de l’écrivain franco-algérien, c’est le legs essentiel de la civilisation occidentale, c’est-à-dire la liberté de penser et d’écrire, qui est mis en péril, prévient le professeur agrégé de philosophie Robert Redeker.

Professeur agrégé de philosophie, Robert Redeker est écrivain, auteur notamment de L’Abolition de l’âme (Le Cerf, 2023). 

VOIR ÉGALEMENT L’ARTICLE (5) PROPOSÉ EN LECTURE : Pourquoi l’extrême gauche déteste-t-elle tant un écrivain innocent ?

OU ENCORE LA UNE DE CHARLIE HEBDO :

3. ARRESTATION DE BOUALEM SANSAL (1) : « LE OUI MAIS «  HONTEUX DE CERTAINS RESPONSABLES POLITIQUES ET MÉDIAS

TITRAIT METAHODOS https://metahodos.fr/2024/12/05/atestation-de-boualem-sansal-le-oui-mais-honteux-de-responsables-politiques-et-de-medias/

4. ARTICLE – «L’affaire Boualem Sansal prouve que la gauche n’aime la liberté d’expression que pour les gens qui sont d’accord avec elle»

Par  Robert Redeker LE FIGARO 4 12 24


Boualem Sansal est au monde musulman ce que Voltaire fut au monde chrétien. Heureusement, il n’a pas le cynisme de Voltaire, il est beaucoup plus pur d’âme que le philosophe français. Il a l’âme beaucoup plus noble que Voltaire. Lorsqu’un de ses ministres voulut faire arrêter Sartre, pour avoir poussé à l’insoumission, en 1960, le général De Gaulle a répliqué : «On n’emprisonne pas Voltaire». Sartre était pourtant un opposant radical à de Gaulle. Il a pris le parti, lors de cette guerre d’Algérie, des ennemis officiels de la France, les a aidés matériellement, a favorisé leurs desseins, était en intelligence avec le FLN. Quoiqu’innocent des forfaits dont l’Algérie, son pays, l’accuse, Sansal se trouve dans la situation que de Gaulle a évitée à Sartre, celle de l’intellectuel embastillé. Le président Macron devrait rappeler au gouvernement algérien ce mot de de Gaulle, et lui dire : «Comme on n’emprisonne pas Voltaire, comme on n’emprisonne pas Sartre, on n’emprisonne pas Sansal !»

Souvenons-nous : la gauche a eu beaucoup de mal, dans les années 1970, à soutenir Soljénitsyne. L’URSS figurait pour elle le camp du bien, comme l’islam le figure souvent aujourd’hui. Sartre renonça à dire la vérité sur l’URSS pour «ne pas désespérer Billancourt». La gauche n’aime la liberté d’expression que pour les gens qui sont d’accord avec elle. Or, comme le fit Soljénitsyne il y a quelques décennies, Sansal ébranle le socle idéologico-émotionnel de cette gauche. Cet ébranlement est redoublé par la persécution qu’il subit. Il y avait chez Soljénitsyne deux étages : la critique radicale du socialisme, et la description des persécutions qu’il subissait. Soljénitsyne montra que ces persécutions sont inséparables du socialisme ; il n’y a pas de socialisme possible sans rééducation forcée, sans camps pour y punir les réfractaires. Il parvint à cette conclusion : l’horreur du stalinisme n’était pas une anomalie du socialisme, mais sa nature profonde. Sansal ne sépare pas islam et islamisme, marchant dans les pas de Soljénitsyne qui ne sépara pas socialisme et totalitarisme. À ses yeux, l’islamisme est logé dans l’ADN de l’islam comme le totalitarisme l’était dans celui du socialisme aux yeux de Soljénitsyne.

A-t-il tort, a-t-il raison ? Il n’est pas question ici de disserter à l’infini sur la pertinence de son point de vue, de peser sa plausibilité herméneutique, théologique et politique ; il s’agit de sauver un homme, de sauver un écrivain, de sauver les droits de l’esprit, qu’il conviendrait d’inscrire dans le patrimoine immatériel inaliénable de l’humanité. Le malaise de la gauche, sa réticence à soutenir l’écrivain, vient de ce que dans les deux cas l’œuvre littéraire exhibe ce qu’elle se refuse à examiner, craignant que l’exercice de l’esprit critique éloigne une partie de ses électeurs, sans manquer de faire le jeu de ses adversaires. Ainsi est-elle prête à sacrifier Sansal, comme elle faillit le faire pour Soljénitsyne, sur l’autel de sa bonne conscience.

Abandonner Sansal à ses persécuteurs, c’est trahir l’essence spirituelle de l’Europe.Robert Redeker

N’en déplaise à la gauche lâche, Sartre pourtant aurait soutenu Sansal : d’abord parce que le régime issu du FLN aurait fini, à la longue, par lui paraître détestable, ensuite parce qu’il aurait découvert dans l’intellectuel persécuté qu’est Sansal quelqu’un à qui il aurait tant aimé ressembler, quelqu’un qu’il aurait aimé être, sans y parvenir jamais, un alter ego. Sartre l’aurait reconnu : le courage de Sansal est sans pareil.

L’enjeu de l’affaire Sansal est un enjeu de civilisation. La liberté de penser et d’écrire, qui n’existe pas en dehors de la civilisation libérale occidentale issue du christianisme, et malgré les obstacles qui ont été posés au cours de l’histoire à cette liberté par les autorités chrétiennes elles-mêmes, est la plus précieuse de nos conquêtes. Elle est menacée aujourd’hui par tout ce qui sur la planète se proclame anti-occidental. Plongeant ses racines dans le passé, cette liberté est le plus bel enfant du «souci de l’âme», qui a été découvert par Platon et le judaïsme, et que le christianisme a développé à son tour. C’est le philosophe tchèque Jan Patocka qui a écrit, après la tragédie suicidaire de la guerre 1914-1918, que l’essence de l’Europe tient dans «le souci de l’âme», dont la liberté de penser et décrire dérive évidemment. Abandonner Sansal à ses persécuteurs, que l’on soit de gauche, de droite, ou du centre, c’est trahir l’essence spirituelle de l’Europe, c’est trahir notre triple origine – Athènes, Jérusalem, et Rome -, et c’est nous trahir nous-mêmes.  

5. ARTICLE – Emprisonnement de Boualem Sansal : pourquoi l’extrême gauche déteste-t-elle tant un écrivain innocent ?

Par  Gilles william Goldnadel 2 12 24 LE FIGARO

Phagocytée par sa frange extrémiste, une partie de la gauche refuse de venir au secours de l’écrivain emprisonné injustement en Algérie, déplore Gilles-William Goldnadel.

Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Chaque semaine, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Il a publiéJournal de guerre. C’est l’Occident qu’on assassine (Fayard, 2024). Il est également président d’Avocats sans frontières.


On peut me reprocher bien des choses, sauf d’idéaliser à l’extrême la gauche française. J’avoue cependant que dans mes pires cauchemars, je n’aurais pas imaginé qu’alors qu’un écrivain franco-algérien aussi pacifique et respecté que Boualem Sansal croupirait dans les geôles d’une dictature pour ses seules idées, la gauche française ne lui montrerait qu’au mieux son indifférence, au pire son hostilité. Dans le même temps, Kamel Daoud, prix Goncourt, faisait les frais d’un méchant article du Monde, qui reprenait sans barguigner les accusations les plus grotesques du régime algérien.

Je la connais pourtant cette gauche. Elle a été phagocytée par son extrémité. Elle se caractérise par sa détestation de tout ce qui est national. Le Mal est blanc et occidental. Mais tout de même : Boualem Sansal ! Un Algérien. Un écrivain. Un prisonnier politique. Les ingrédients habituels du martyr idéal à défendre. Eh bien non.

La gauche politique d’abord. Rien. Personne. Quelques rares socialistes, du bout des doigts sur X. Quant à la France Insoumise, silence de mort dans ses rangs. La gauche médiatique de service public ne se sera pas mieux conduite. On me sait envers elle caustique. Il s’agit même de l’un de mes combats emblématiques. Mais je n’aurais pas hélas ici à forcer mon esprit critique. De manière générale, la mise au cachot de Boualem Sansal n’aura pas encombré les antennes publiques.

Mais un authentique scandale, largement dénoncé, se sera déroulé sur France 5 le 24 novembre, dans le cadre d’une émission C Politique littéralement révoltante. Deux intervenants se seront particulièrement acharnés contre l’écrivain emprisonné, naturalisé français. Le plus incroyablement virulent aura été un certain Nedjib Sidi Moussa, docteur en sciences politiques. Selon lui, ce serait lourdement se tromper que de prendre Boualem Sansal comme «un homme des Lumières». En réalité l’homme reprendrait les thèses d’Eric Zemmour ( médiocrement en sainteté sur le service public) en tenant un discours «hostile aux immigrés et aux musulmans». Ces soutiens seraient des «intellectuels du milieu culturel parisien aveugles ou complices» Le reste à l’avenant.Le pire, bien entendu, gisait dans le fait que l’homme attaqué était dans l’incapacité de se défendre et de leur répondre pour cause d’embastillement pour délit d’opinion

Mais le pire était ailleurs que dans ces déclarations tellement inqualifiables que je me garderai de les qualifier. Le pire était dans l’attitude d’un Benjamin Stora – adoubé par Emmanuel Macron pour arbitrer le conflit mémoriel entre France et Algérie – qui plutôt que de critiquer le procureur de Boualem Sansal se permit de remarquer que certaines des positions de l’écrivain avaient pu «blesser le sentiment national algérien». J’observe qu’en France, lorsque l’on blesse le sentiment français, on passe plus souvent son temps à la télévision qu’en prison.

Le pire aussi habitait dans l’attitude du modérateur Thomas Snégaroff qui à aucun moment n’estima nécessaire de modérer les ardeurs des contempteurs et qui fit même observer à un moment que Sansal avait pris le parti du colonisateur.

Mais le pire du pire, bien entendu, gisait dans le fait que l’homme attaqué était, et ses procureurs le savaient, dans l’incapacité de se défendre et de leur répondre pour cause d’embastillement pour délit d’opinion et crime de trahison dans les geôles d’une dictature chaque jour plus intolérante et chaque jour détestant la France davantage.

Le tout, je l’ai écrit, dans le cadre d’une émission diffusée sur des ondes nationales publiques et subventionnées. Je n’ai pas honte d’en faire un combat éthique. Et j’indique qu’Avocats Sans Frontières a saisi vendredi l’Arcom d’une réclamation documentée.

Reste à savoir pourquoi la gauche politique et médiatique laisse croupir sans un mot, sinon méchant, un écrivain innocent dans sa prison. Seul l’islamo- gauchisme qui la ronge est apte à expliquer la chose. Cet islamo-gauchisme dont elle nie bien sûr l’existence avec la même assurance que les inquisiteurs de Galilée niaient que la terre tournait autour du soleil.

Pour comprendre la détestation insensée de Sansal, je recommande l’édifiante lecture de la magnifique tribune signée par le journaliste d’origine syrienne Omar Youssef Souleimane publiée par le Figaro Magazine cette semaine . Il montre que les critiques de la gauche française contre l’écrivain emprisonné se concentrent sur la mise en cause «d’un discours radical contre l’islam et pour le sionisme». Comme par hasard écrit -il, c’est la même accusation utilisée par l’agence de presse du régime algérien le 22 novembre : Paris serait gangrené par un lobby «anti algérien et pro-sioniste».Mélenchon ne défendra pas l’anti-islamiste et philosémite Sansal pour ne pas courroucer les banlieues islamisées et anti-françaises

Pourquoi la gauche politique et médiatique ne prend pas Boualem Sansal pour Dreyfus innocent mais plutôt pour un traître ? La réponse est tristement simple : la gauche, extrémisée, n’a plus Jean Jaurès pour maître. Et Souleimane, procureur et pédagogue, de faire le procès en règle de l’antisémitisme du monde arabe : «Devons-nous expliquer à cette gauche le monde dans lequel nous avons grandi ? Que les adultes au Moyen-Orient admirent Hitler uniquement parce qu’il avait persécuté les Juifs ? Pour mon père, il était un grand homme, qui avait protégé l’humanité contre “les fils des singes”, comme le Coran nomme les Juifs. Certains parents appellent leur fils du nom du chef de l’État nazi, surtout dans le sud du Liban et en Palestine, uniquement pour défier Israël.» Le reste à l’avenant… Détestation de la France, détestation des Juifs, détestation de l’Occident.

Dès lors, il n’est plus compliqué de comprendre les détestables et coupables raisons qui font détester un écrivain innocent. La gauche a été phagocytée par son extrémité Insoumise. Ce n’est plus Jaurès qui la guide mais Guesde. Jules Guesde avait refusé de défendre le bourgeois Dreyfus pour ne pas désespérer le prolétariat des faubourgs. Mélenchon ne défendra pas l’anti-islamiste et philosémite Sansal pour ne pas courroucer les banlieues islamisées et anti-françaises dont il épouse au surplus la cause avec sincérité. Ils en sont là et nous sommes las.

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