Aller au contenu principal

VIVRE EN POÉSIE AVEC METAHODOS : VERTICALITÉ ET ÉTERNITÉ

PRÉCÉDENTE PUBLICATION DE METAHODOS : SYLVIA PLATH, « GÉNIE OPPRIMÉ »

https://metahodos.fr/2023/03/07/54894/

ÉMISSION : “Je suis verticale”, de Sylvia Plath, comment atteindre l’immortalité

Publié le lundi 25 novembre 2024 FRANCE CULTURE

L’auteure-compositrice et interprète Keren Ann nous présente “Je suis verticale” de Sylvia Plath, un poème où l’être humain envie la nature pour sa longévité

Avec

  • Keren Ann Interprète, auteure-compositrice et réalisatrice

Keren Ann a choisi de parler du poème “Je suis verticale’, extrait des Œuvres de Sylvia Plath(Gallimard, 2011) de Sylvia Plath, poème écrit deux ans avant son suicide. Ce texte est traduit par Valérie Rouzeau, lu en français par Anne Azoulay et en anglais Johanna White, réalisé par Cédric Aussir

Le vertical est immortel, intemporel

Sylvia Plath (1932-1963) est une poétesse et romancière américaine, dont la poésie est marquée par une exploration intense de l’identité, du désespoir et des troubles mentaux. Son écriture se caractérise par une langue puissante, souvent sombre et autobiographique, où elle aborde des thèmes comme la mortalité, l’oppression et la quête de liberté. 

Keren Ann nous parle de ce poème aux images puissantes qui l’a toujours accompagné dans sa vie. Elle aime chez Sylvia Plath ses tableaux lumineux qui viennent protéger des vérités macabres, comme si elle utilisait la poésie afin d’exprimer son mal-être tout en rendant hommage à la nature, qui elle, est vivifiante. La poétesse se compare aux éléments naturels, comme s’ils détenaient un pouvoir qu’elle ne possédait pas : celui de s’étendre éternellement. Keren Ann considère que le génie de Sylvia Plath, outre sa facilité d’exprimer ses peurs et inquiétudes, c’est le côté graphique qu’elle donne de la forme physique et psychologique des choses.

Venez contempler avec elle, de haut en bas, cette immortelle Sylvia Plath.

Sylvia Plath, “Je suis verticale”

« Je suis verticale »

Mais je voudrais être horizontale.
Je ne suis pas un arbre dont les racines en terre
Absorbent les minéraux et l’amour maternel
Pour qu’à chaque mois de mars je brille de toutes mes feuilles,

Je ne suis pas non plus la beauté d’un massif
Suscitant des Oh ! et des Ah ! et grimée de couleurs vives,

Ignorant que bientôt je perdrai mes pétales.
Comparés à moi, un arbre est immortel
Et une fleur assez petite, mais plus saisissante,

Et il me manque la longévité de l’un, l’audace de l’autre.

à compléter par :

Ce soir, dans la lumière infinitésimale des étoiles,

Les arbres et les fleurs ont répandu leur fraîche odeur.
Je marche parmi eux, mais aucun d’eux n’y prête attention.
Parfois je pense que lorsque je suis endormie

Je dois leur ressembler à la perfection —
Pensées devenues vagues.
Ce sera plus naturel pour moi, de reposer.
Alors le ciel et moi converserons à cœur ouvert,

Et je serai utile quand je reposerai définitivement :
Alors peut-être les arbres pourront-ils me toucher, et les fleurs m’accorder du temps.

extrait des Œuvres de Sylvia Plath, « Poèmes 1953-1959 », (Gallimard, coll, 2011)

À écouter :  « Vigne vierge d’automne » de Sabine Sicaud : une ode sensible et inquiète à la nature 

LIEN VERS L’ÉMISSION

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-instant-poesie/je-suis-verticale-de-sylvia-plath-comment-atteindre-l-immortalite-9072149

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.