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LE DON D’ARGENT AUX SANS ABRIS : DES EXPÉRIENCES AU ROYAUME UNI – TANDIS QUE LA PROMESSE (177) DU ZÉRO SDF EST ABANDONNÉE EN FRANCE

ARTICLE – Royaume-Uni : des chercheurs vont donner de l’argent à des sans-abri pour voir si cela réduit plus efficacement la pauvreté

L’idée derrière cette étude, menée sur 360 personnes, est de déterminer si le transfert direct d’argent est plus efficace que les formes d’aide traditionnelles apportées aux personnes en situation d’extrême pauvreté.Par Le Parisien 

Le 24 novembre 2024 LE PARISIEN

Donner directement de l’argent aux personnes sans-abri est-il plus efficace que les formes d’aide traditionnelles ? C’est la question sur laquelle vont se pencher une équipe de chercheurs du King’s College de Londres dans une étude financée par le gouvernement et menée avec l’association caritative Greater Change, rapporte The Guardian.

Le transfert monétaire est un outil déjà expérimenté pour lutter contre la pauvreté,notamment certains pays d’Amérique Latine ou d’Afrique subsaharienne. Ces programmes consistent à verser directement et régulièrement une somme d’argent à un bénéficiaire afin de l’aider à sortir de la pauvreté, grâce à l’assurance d’un petit revenu. Les sommes allouées peuvent être conditionnées à des obligations de soins ou de scolarisation, ou sans conditions, selon les programmes.

360 personnes recrutées

Dans le cadre de cette expérience au Royaume-Uni, 360 personnes vont être recrutées en Angleterre et au Pays de Galles. La moitié d’entre eux bénéficiera d’une aide « classique » de la part d’associations sur le terrain. L’autre groupe recevra une aide supplémentaire, fournie par Greater Change, une structure qui a aidé 1 300 sans-abri à Londres et dans l’Essex depuis six ans, souligne le journal d’information britannique.


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Dans le détail, les personnes accompagnées réaliseront un entretien avec des travailleurs sociaux, afin d’évoquer leurs problèmes financiers et leurs difficultés concrètes. Les travailleurs sociaux paieront ensuite directement pour les besoins évoqués, tels que des cautions de loyers impayés, des dettes, des meubles, des vêtements, du matériel de travail ou encore des appareils électroménagers. La somme ne sera pas directement transférée aux personnes accompagnées, afin d’éviter qu’elles soient privées de prestations sociales.

« Ce que nous essayons de comprendre, ce sont les conditions limites des transferts monétaires. Quand cela fonctionne-t-il ? Pour qui cela fonctionne-t-il ? Quels sont les montants qu’il faut donner aux gens pour que cela fonctionne ? », expose le professeur Michael Sanders, à la tête de cette unité expérimentale.

Un processus déjà testé

Ce principe a déjà été étudié. L’année dernière, au Canada, des chercheurs ont découvert qu’il était plus efficace de donner 7 500 dollars canadiens (5 148 euros) à 50 personnes sans-domicile fixe de Vancouver, plutôt que de financer leur hébergement dans des refuges. L’expérience a même permis de dégager une économie de 777 dollars canadiens (533 euros) par personne.

En 2012, une étude sur un groupe de 12 personnes avait également été menée au Royaume-Uni, avec de bons résultats, par la Joseph Rowntree Foundation qui s’occupe notamment d’anciens détenus. L’expérience va désormais changer d’échelle, pour la première fois.

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