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VIVRE EN POÉSIE AVEC METAHODOS : CRISTIAN BOBIN, L’ENFANCE ET LES PETITS RIENS

ÉMISSION – Christian Bobin (1951-2022), l’enfance au cœur 

Publié le dimanche 15 décembre 2024  FRANCE CULTURE

Snobé par une partie de la critique qui le juge « mièvre », l’auteur originaire du Creusot laisse une empreinte sensible sur chacun de ses lecteurs, nombreux depuis le succès du « Très-bas » en 1992. Écrivain généreux et homme bon, l’écriture de Bobin est marquée du sceau de l’enfance.

Enfant retenu prisonnier par sa mère dans la cour de son immeuble du Creusot, Christian Bobin développa une familiarité hors norme avec ces « petits riens » qui formèrent son environnement d’alors : fleurs, feuilles, nuages, fissures…

Comme si l’enfant faisait provision de ressources pour l’œuvre à venir. Souvent taxé de « mièvre » par la critique littéraire – qui ne semble pas lui pardonner de rester fidèle à sa ville ouvrière et d’avoir acquis un lectorat diversifié – Christian Bobin n’a pourtant rien d’un auteur à l’eau de rose. S’il confesse céder parfois à la facilité, c’est pour laisser libre cours à ses « visions », à l’élan enchanté d’un homme qui refuse le diktat de la conscience, jugée trop sérieuse, voire mortifère.

S’il est un parfait connaisseur – et un admirateur – des philosophes et des auteurs du monde entier – des poètes Ossip Mandelstam ou Rûmî à l’œuvre de Cioran et de Pascal – Bobin les absorbe pour n’en garder qu’une loi : celle du cœur. S’il n’est pas, à proprement parler, un « écrivain engagé », l’auteur d’Autoportrait au radiateur n’en demeure pas moins extrêmement attentif à l’autre, l’humain, et à ce que la société capitaliste lui fait subir.

Aussi, quand le « moi » de l’écrivain déborde, l’homme ne tarde pas à le censurer pour mieux laisser place – la plus grande – au lecteur. Même s’il se défend de vouloir « réparer », les livres de Christian Bobin apaisent autant qu’ils questionnent. Un trait rare chez ses contemporains, et qui explique, pour une grande partie, son succès. L’homme avait fini par quitter Le Creusot à la faveur de sa rencontre avec la poétesse Lydie Dattas, à la fin des années 90.

Il trouva un refuge isolé – non loin de sa ville natale. Là, il vivait dans le silence, parmi les chevreuils et les arbres. La porte de sa maison était ouverte. Si sa générosité et sa discrétion n’avaient pas inspiré le respect de sa solitude à ses lecteurs, combien auraient-ils été à venir frapper à sa porte ?

Christian Bobin à Paris en 1992 © Getty – © Louis MONIER/Gamma-Rapho

Pour en parler

Extraits des œuvres lues de Christian Bobin : Dans la lumière du mondeLe MurmurePrisonnier au berceauLe muguet RougeLe Très-basEloge du rienLe colporteurL’éloignement du monde et Le Christ aux coquelicots.

Bibliographie

À écouter :  Critique littérature : « Le murmure » de Christian Bobin, dernier geste poétique bouleversant

LIEN VERS L’ÉMISSION

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/toute-une-vie/christian-bobin-1951-2022-l-enfance-au-coeur-4363024

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