

ARTICLE – « Une décision historique » : c’est officiel, la Roumanie et la Bulgarie entrent pleinement dans l’espace Schengen
Publié le 12/12/2024 L’INDÉPENDANT
Après plusieurs années d’attente, la Bulgarie et la Roumanie avaient fait une entrée partielle, en mars dernier, dans l’espace Schengen. Les États membres de l’Union européenne ont approuvé la pleine adhésion de ces deux pays à l’espace de libre circulation.
Les États membres de l’Union européenne ont donné le feu vert à la Bulgarie et à la Roumanie pour leur adhésion complète à l’espace de libre circulation Schengen à partir du 1er janvier 2025, a rapporté l’AFP, ce jeudi 12 décembre. Une décision qualifiée « d’historique ».
Il aura fallu des années d’attente à la Bulgarie et à la Roumanie pour intégrer l’espace Schengen. Dès le 1er janvier, les deux pays vont pouvoir bénéficier de la levée des contrôles aux frontières terrestres. « Un moment historique », a déclaré le ministre de l’Intérieur hongrois, Sandor Pinter, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’UE.
Un « objectif clé » depuis l’adhésion de ces pays à l’UE
Les deux pays concernés n’ont pas tardé à réagir et ont immédiatement qualifié cette décision « d’historique », rappelant qu’il s’agissait d’un « objectif clé » depuis leur entrée dans l’Union européenne en 2007. Pour le président roumain Klaus Iohannis, cette décision acte « la reconnaissance de longues années d’efforts et de progrès accomplis ».
Depuis 2022, l’Autriche était réfractaire à la pleine adhésion de ces deux pays, craignant un afflux de demandeur d’asile qui s’aggraverait en cas d’élargissement terrestre de Schengen et seule une adhésion partielle de Sofia et Bucarest en mars dernier avait été accordée, bien que limitée aux aéroports et ports maritimes. Ce sont des mesures mises en place par les deux nouveaux membres de l’espace de libre circulation qui ont permis « une réduction massive des passages », et de convaincre l’Union européenne de les accepter pleinement au sein de l’espace de libre circulation.
Par ailleurs, à la suite de cette décision, des contrôles temporaires vont être effectués « pour une période initiale de six mois afin de minimiser le changement potentiel de routes migratoires qui pourrait résulter » de cet élargissement de Schengen.
« Entre 12 et 20 heures d’attente » pour les travailleurs et voyageurs roumains
Le nombre d’États membres de Schengen passe désormais de 25 à 27 pays membres de l’Union européenne, ainsi que leurs associés tels que la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein. Désormais, ce sont plus de 400 millions de personnes qui peuvent circuler sans être soumises à des contrôles.
Une décision emplie de « dignité », selon Stefan Poescu, experts en relations internationales basé à Bucarest. Jusqu’à présent, « tout Roumain, quand il empruntait une ligne séparée des autres ressortissants européens, se sentait traité différemment ». Transporteurs routiers et travailleurs frontaliers attendaient « entre 12 heures et 20 heures aux différents postes frontières », expliquait Dimitar Dimitrov, président de la Chambre des transporteurs bulgares, tout en « se félicitant » de cette annonce.
De son côté, le Premier ministre roumain Marcel Ciolacu a salué des « bénéfices majeurs » à venir pour l’économie et « des voyages plus rapides pour des millions de Roumains vivants et travaillant dans l’UE ».