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LA PROMESSE PRÉSIDENTIELLE (182) ABANDONNÉE DU MUSÉE DU TERRORISME

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ARTICLE / Abandon du musée-mémorial du terrorisme : les coulisses d’un fiasco

Grand récit. Le renoncement au projet fait désordre à un mois des commémorations des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Renoncement élyséen, querelle mémorielle… Les dessous d’une décision déroutante.

Par Agnès Laurent Publié le 18/12/2024 L’EXPRESS

Abandonné un jour, selon des conseillers ministériels démissionnaires. Pas complètement enterré le lendemain, selon la voix très anonyme d’un tout aussi anonyme conseiller élyséen. Depuis le début du mois de décembre, le projet de Musée-Mémorial du terrorisme (MMT) est pris dans la tourmente politico-budgétaire du moment. Il devait ouvrir ses portes à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, en 2027. Désormais, plus personne n’ose se prononcer sur son futur.

Au grand désarroi des associations de victimes, qui ont beaucoup contribué à la naissance de ce lieu hybride, voulu par le président de la République, subtil mélange de mémorial et de centre de réflexion et de pédagogie sur le terrorisme. Manque d’argent ? Rivalités entre mémoires ? Querelles politiques ? A elle seule, aucune de ces explications ne suffit à justifier le soudain abandon du projet. D’autres, plus subtiles et moins visibles, ont contribué à rendre « moins prioritaire » le musée. Jusqu’à son complet – et paradoxal – lâchage à quelques jours du dixième anniversaire des attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher.

1/Pour vivre heureux, vivons cachés

Le projet est pourtant né sous les auspices présidentiels. En 2018, Emmanuel Macron, très attaché à la politique mémorielle, annonce plusieurs mesures liées au terrorisme : la création d’une journée d’hommage aux victimes le 11 mars – la première aura lieu en 2019 – et le lancement d’une mission de préfiguration d’un musée du terrorisme. L’idée ? Embrasser les événements de l’année 2015, mais aussi d’autres, antérieurs ou postérieurs, en France ou à l’étranger dès lors que des Français figurent parmi les victimes. L’historien spécialiste de la Seconde Guerre mondiale Henry Rousso est chargé de conduire la réflexion, aidé d’Elisabeth Pelsez, magistrate, un temps déléguée interministérielle à l’aide aux victimes. Fort du soutien de l’Elysée, le duo se met au travail.

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La mission est placée sous la tutelle de quatre ministères : la Culture, la Justice, les Armées et l’Intérieur. Auxquels il faut ajouter l’Education nationale, l’Enseignement supérieur et les Affaires étrangères, impliqués à un moindre degré. Le ministère de la Justice est le seul à manifester un soutien constant. Eric Dupond-Moretti, alors garde des Sceaux, reçoit ses responsables, l’administration accepte de faire entrer des scellés des attaques terroristes dans les collections du futur musée et non, comme c’est l’usage après les procès, de les verser aux Archives nationales. En revanche, du côté du ministère de la Culture, on regarde avec indifférence, voire avec défiance, ce projet qui ne rentre pas dans le canon de la muséographie classique et qui pèse sur un budget contraint, alors que de vénérables institutions comme le Louvre ou le Château de Versailles ont d’urgents besoins. Soucieuse de ne pas contrarier le président, la Rue de Valois prête son expertise technique, en particulier immobilière, mais guère plus. Quant au ministère de l’Intérieur, concentré sur les enjeux sécuritaires bien plus que sur la mémoire ou l’histoire, il ne voit pas l’intérêt d’un lieu qui risque de devenir une cible et qu’il faudra sécuriser alors que la tâche est déjà immense.

Même à l’Elysée, peu se battent pour porter le projet. C’est Xavier Ronsin, le conseiller Justice, pas forcément …

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