
LA RÉVÉLATION D’UN GHOSTING
Cette semaine, notre journaliste, chamboulée par la révélation d’un « ghosting » présidentiel, s’interroge sur les ressorts psy de cette pratique.
TRIPLE GHOSTING MACRONIEN : AMIS, ELECTEURS, COLLABORATEURS ( ET MINISTRES )
Mme MACRON ne répète t elle pas qu’ils choisissent leurs amis … et que les français ne méritent pas son mari .
Le GHOSTING MACRONIEN comporte au moins trois dimensions : vis à vis des « amis », à l’égard des électeurs ou citoyens ( il confond foule et peuple ) et des collaborateurs ou ministres. Sa relation aux corps constitués comme aux forces vives peut être analysée sous le même angle.
« MACRON Ghoste le RÉSULTAT des élections
(avec une lettre…) » titre une vidéo sur You Tube
Top 11 des signes que le gouvernement est en train de nous ghoster
Lit on sur Topito
« Trop jeune, trop beau et trop intelligent pour beaucoup de français «
déclaraient les collaborateurs du président aux journalistes de POLITICO
1. ARTICLE – Emmanuel Macron est-il un « ghoster » comme les autres ?
Juliette Guéron-Gabrielle Publié le 29 décembre 2024
Cette semaine, notre journaliste, chamboulée par la révélation d’un « ghosting » présidentiel, s’interroge sur les ressorts psy de cette pratique numérique
Emmanuel Macron est-il un « ghoster » comme les autres ? C’est la question que je me suis posée en apprenant, à la lecture de la récente et réjouissante plongée du « Monde VOIR ARTICLE 2 CI-CONTRE » en macronie, que notre président était un adepte de la pratique.
De ceux qui coupent les ponts sans explications et s’évanouissent dans la nature. VOIR ARTICLE 3 ci contre « Emmanuel, je t’ai envoyé des messages… », insiste, blessé, son ex-mentor Jean-Pierre Jouyet. Le président prétend n’avoir rien reçu.
Le terme « ghosting » est apparu dans les années 2000, avec l’essor des applications de rencontre et des réseaux sociaux. Impossible d’ignorer quelqu’un en face de nous mais une bulle de parole sur une messagerie, quoi de plus facile ? Expérience inévitable des existences digitales, on est presque tous soit des ghosters, soit des ghostés, voire les deux à la fois. D’ailleurs, l’article du « Monde » à peine terminé, je m’attable au café avec une amie, qui me partage un énième récit de ghosting. Un garçon l’a embrassée lors d’une soirée et lui a envoyé un message le lendemain. Elle lui a répondu.
Fin de l’histoire. Il n’a même pas lu sa réponse. Des histoires semblables, j’en ai entendu des dizaines : c’est un ex qu’on laisse s’épancher dans diverses messageries ; une personne qui rompt sans rien dire, en laissant en « vu « les messages de son amoureux ; une famille aux enfants intenables brusquement « ghostée » par la babysitter. « Vous venez ce soir ? »Silence… En permettant de bloquer contacts et appels, la technologie agit en révélateur de nos pulsions les plus lâches. Voire les plus inquiétantes : « ceux qui ont déjà ghosté quelqu’un présentent des scores de machiavélisme et de psychopathie – mais pas de narcissisme – plus élevé que les autres », affirme l’étude « Partir sans un mot : le ghosting et la Triade sombre » publiée en 2021 dans la revue « Acta psychologica ».
Las, le « ghoster » peut vite se retrouver « ghosté ». Un destin qui semble frapper le couple présidentiel. « C’est une solitude à deux, mais une solitude totale », confiait Brigitte Macron sur la vie élyséenne dès 2018. « On compte nos amis », avouait-elle à Stéphane Bern après la dissolution. A force d’ignorer les textos de ses proches, se tissent les contours d’une solitude qui, elle, n’a rien de digitale. Alors, en cette fin d’année, ne vous inspirez pas des hautes sphères : soyez « dissolus » pendant les fêtes, mais ne « ghostez » pas vos conquêtes !
Par Juliette Guéron-Gabrielle
2. ARTICLE – Emmanuel Macron, une certaine idée du pouvoir
Par Raphaëlle Bacqué, Ariane Chemin et Ivanne Trippenbach Publié le 18 décembre 2024
Enquête« Le président et son double » (1/4). Alors que la décision d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale a provoqué une crise politique majeure, « Le Monde » revient dans une série d’articles sur l’évolution déroutante du chef de l’Etat.
Le 16 novembre 2016, un couple, lunettes de soleil et pantalon en cuir pour elle, costume noir cintré et fine cravate assortie pour lui, se glisse incognito sous le portail central et les voussures de la basilique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Juste après s’être déclaré candidat à l’élection présidentielle, à Bobigny, Emmanuel Macron et son épouse, Brigitte, ont filé à quelques kilomètres de là, sans prévenir personne, saluer les tombeaux des 43 rois de France. Sous la lumière d’hiver filtrée par la rosace du bras sud, le futur président caresse le marbre blanc des gisants.
A chaque prise de pouvoir sa scène originelle. Saint-Denis est le creuset du passé royal du pays, le lieu par excellence du récit national. D’autres candidats à la présidentielle, amoureux de l’histoire longue, ont d’ailleurs précédé Emmanuel Macron pour puiser un morceau de légitimité dans ce pôle magnétique des ambitions monarchiques : François Mitterrand avec la mère de Mazarine, Anne Pingeot, à l’automne 1980 ; Jean-Luc Mélenchon, en douce, en 2012… Ce jour de novembre 2016, les journalistes et l’écrivain embedded Philippe Besson, alors attelé à l’écriture de son livre Un personnage de roman (Julliard, 2017), ont raté l’escapade d’Emmanuel Macron. Mais, sur le chemin du retour, le candidat confie à son premier admirateur, le journaliste-blogueur Bruno Roger-Petit, le sens de cette visite à Saint-Denis : au milieu des « pierres qui parlent », se retrouver « seul en son destin ».
Une part de mystique doit envelopper les grands parcours, a toujours pensé Emmanuel Macron. « Depuis que je suis entré dans le champ politique, je vis [mon aventure] comme une mission. Il y a (…) quelque chose qui vous dépasse, qui vous a précédé et qui restera. » Sur les images enregistrées en 2016 au Touquet (Pas-de-Calais) par le réalisateur Pierre Hurel pour son documentaire Ainsi soit Macron (2017), c’est un jeune homme au regard habité qui parle. Cette même année 2016, il a aussi fait des pieds et des mains auprès du sénateur écologiste des Hauts-de-Seine André Gattolin pour rencontrer le dalaï-lama à Paris, et patienté deux heures durant dans le hall de l’Hôtel Intercontinental, où était logé le chef spirituel des bouddhistes du Tibet. « La rencontre la plus importante de ma vie après Brigitte », l’a entendu dire le …
3. ARTICLE – Voilà pourquoi je ne t’ai plus jamais répondu. Paroles de ghosteurs
Par Renée Greusard NOUVEL OBS. Publié le 8 juin 2017
Il y a aussi un cœur dans un ghosteur.
C’est un silence dont on parle toujours de la même manière. Dès qu’il est question de ghosting, cette pratique qui consiste à ne plus DU TOUT répondre à des messages dans un contexte de séduction ou d’amour, on parle toujours (avec empathie et c’est normal) des « victimes ».
Mais qu’en est-il des ghosteurs ? Quel est le sens de leur mystérieuse attitude ? Michel Reynaud est l’auteur de « L’amour est une drogue douce… en général » (Eds. Robert Laffont).
Quand je l’appelle pour parler de ces fantômes de l’amour, ce psychiatre me fait remarquer que « le manque de courage en amour a toujours existé ».« C’est un mouvement d’évitement assez classique que vous décrivez là… »
Ariane, fille du roi de Crète, « ghostée »
On peut en effet, se rappeler d’Ariane, fille du roi de Crète, abandonnée par Thésée sans que personne ne sache vraiment pourquoi.
De manière amusante, il existe plusieurs récits pour justifier l’abandon d’Ariane. On se croirait dans un groupe de potes du XXIème siècle qui essaie de trouver pourquoi Annabelle n’a jamais répondu à Victor.
Aujourd’hui, dit Michel Reynaud, l’abandon est facilité par les nouvelles technologies. Quelque chose s’est déplacé. Avant la pire infamie était de rompre par SMS, en 2017, c’est de ne plus répondre du tout. Avec une dose de perversion ou non.« Une séparation quelle qu’elle soit est toujours difficile à assumer. La dimension émotionnelle est forte. Une rupture génère une tristesse importante, une colère : il faut oser l’affronter. »
Certains réussissent à communiquer, d’autres pas du tout. D’autant ajoute Michel Reynaud que :« Les nouvelles constructions relationnelles apprennent moins à vivre avec de l’émotionnel fort… »
Il conclut en faisant remarquer que le « ghosteur » est une autruche qui tourbillonne dans un cercle vicieux.« Quand on a commencé à ne plus répondre, c’est de plus en plus dur de s’y mettre. On sait que les émotions générées seront encore plus fortes. »
Dans la géniale série « Ghosted » des « victimes » appelaient leurs fantômes pour qu’ils leur rendent des comptes. C’était joli, drôle et émouvant.
Nous voulions plus : que des « ghosteurs » nous parlent librement et honnêtement, sans que leur parole soit altérée par la culpabilité, le malaise ou la confrontation. Témoignages (anonymes pour certains).
1. Romain, 26 ans
J’ai ghosté deux meufs récemment. Bon, ok, j’en ai plutôt ghosté cinq ou six. Je sais que c’est bizarre à dire, mais c’était horrible à vivre, traumatisant (et lâche au possible).
Avant ça m’arrivait très rarement, mais là c’est devenu plus régulier depuis deux ou trois mois. Je ne réponds plus dès qu’il y a un truc qui bloque. La dernière fois, la fille est partie dans des hauteurs. Elle me demandait des trucs du style : « Comment on construit les choses, toi et moi ? »
Ça s’embarquait dans des complications pas possibles. Du coup j’ai arrêté de répondre. En plus, elle voulait un dernier rendez-vous, pour « une explication » mais moi je suis incapable de faire ça… Je serais incapable de dire :« Non, je ne veux plus ! »
Je serais plutôt du genre à replonger dans la relation à la première occasion et à le regretter bien sûr. Je me protège donc comme ça, en me taisant.
Si je ne réponds plus, c’est aussi que je n’arrive pas à dire quelque chose de méchant, je n’ai aucune envie de développer de la tristesse chez quelqu’un d’autre. Je n’arrive pas à voir des sentiments négatifs que j’aurais provoqués.
Et du coup, je ne dis plus rien. Ce n’est pas rationnel parce que je sais que c’est encore pire.
Avec ces dernières meufs, je n’ai vraiment plus rien dit du jour au lendemain. Pire, dès qu’elles m’envoyaient un message, je le supprimais sans l’ouvrir, pour ne pas m’y confronter.
Généralement, si la fille insiste, je passe à la phase 2. J’envoie enfin un message plus ou moins explicatif. Puis, je replonge dans le silence, je n’ouvre pas ses réponses et je resupprime ses messages sans les ouvrir.
Une fois j’ai tweeté un truc sur une conférence où j’allais. Je débarque et qui je vois ? Une fille que j’avais ghostée. Je me suis cassé direct. Je ne pouvais pas assumer.
Je sais que ça semble dingue à dire, mais c’est horrible pour soi aussi. Tu te sens vraiment comme une merde. Tu sais qu’il faudrait faire autrement mais tu n’y arrives pas.
2. Julie, 34 ans
Il y a huit ans j’ai complètement arrêté d’écrire à un mec. Je suis retournée voir nos échanges de conversations avec ce pauvre Mathieu et c’est d’une violence ultime. J’ai genre une vingtaine de messages Facebook qui partent de :« Ça va ?????? »
à« Je ne pensais pas que tu me ferais cela… »
Puis la conversation s’arrête le 16 mai 2008.
Elle reprend un 31 janvier 2012 avec un :« Alors Mademoiselle Julie qu’est-ce qu’on devient? »
Sachant qu’ensuite le mec me fait un très très long message dans lequel, je crois, qu’il essaie de me chiner à nouveau…
Si je réfléchis bien aux raisons, en fait, ça faisait quatre mois qu’on était ensemble. C’était devenu très sérieux de son côté. Il avait organisé une soirée avec tous ses potes et un déjeuner avec ses parents…
Et il faisait vachement de projets pour les mois à venir, il s’emballait vraiment. Et moi je m’étais bien entendue avec lui dès le début mais sans imaginer une relation longue, à vrai dire.
Je me suis un peu prise au truc, laissée faire… Et donc un jour il a fallu lui dire stop, sauf que (et c’est là le cœur du problème) je n’ai jamais su faire cela pour des relations courtes.
Globalement : mes grosses relations se sont arrêtées dans le chaos. Ma dernière grande histoire, j’ai posé des ultimatums au mec en mode :« La prochaine fois qu’on s’embrouille, je te quitte. »
Un jour, j’ai fait mes valises et mes cartons. Mon frère est venu me chercher pendant que le mec était au foot, le dimanche matin. Et trois heures après j’étais partie. Je pense que ça permet d’évaluer ma difficulté à affronter les ruptures.
Sur les courtes et moyennes relations, j’avais l’habitude d’envoyer un texto. Sauf que là, je sentais bien qu’un texto, ce n’était pas possible et que le gars (Mathieu) méritait une conversation… Conversation que j’étais incapable d’avoir parce que la vérité c’était :« Je t’ai laissé t’emballer mais moi j’en avais rien à foutre… »
Hardcore à dire. Donc je n’ai pas répondu un jour, puis deux, puis trois puis c’est vite devenu deux semaines en fait.
C’était assez simple et moins prise de tête. Et après effectivement les gens qui l’avaient rencontré parmi mes potes me disaient que c’était quand même un gros coup de pute.
Et donc j’ai envoyé ce mail de quatre lignes dans lequel je lui dis que j’ai trop de mal à créer quelque chose ce que j’impute dans le mail (et ça c’est horrible!) au décès de mon père. Ouais en mode « wild carte », balance un décès dans un mail et les gens ne t’en voudront plus… Alors que évidement rien à voir avec un deuil qui datait de cinq ans auparavant.
Voilà. Il ne m’a pas enlevée de ses amis quelques heures après avoir reçu le mail mais a changé notre « relation » Facebook (qui était toujours en « en couple ») c’est comme ça que j’ai su qu’il l’avait eu et que j’ai été sacrément soulagée.
J’ai eu des nouvelles de lui : il est bizarrement venu m’en donner, des années après, quand il a eu une meuf !
3. Gaël, 30 ans
Ça m’arrive assez souvent de ne plus répondre à des messages. Même avec mes amis. C’est d’ailleurs une source de blague avec ma sœur et les gens qui me connaissent bien :« Gaël, tu nous ghostes là ! »
Ça fait partie de moi, de ma personnalité. Je suis quelqu’un de réservé. Je suis pas quelqu’un qui parle beaucoup… Quand je rencontre des gens et que je m’attache, je les préviens :« Par texto, des fois, je ne réponds pas, faut pas y voir un signe ou un manque d’intérêt, je suis comme ça… »
En fait, je fonctionne surtout par empathie directe, en voyant les gens. Donc, même si je passe beaucoup de temps sur les réseaux sociaux, la communication virtuelle m’échappe, ne me parle pas beaucoup.
Je ne sais pas trop pourquoi je ne réponds pas. Dès qu’il y a un enjeu, dès que je sens qu’il faut je réponde un truc intelligent ou que je fasse gaffe à ce que je vais dire, je me bloque.
Je me dis : je vais me poser un peu faire une belle réponse et au final, je ne la fais jamais. Je laisse filer toute possibilité de spontanéité.
Récemment, j’ai ghosté trois filles. Il y avait cette fille dont j’avais visité la coloc. Je l’avais bien amorcée, elle répondait et puis j’ai arrêté. La drague, déjà, c’est pas trop mon truc, mais alors l’échange par SMS ou sur Facebook encore moins. Ce n’est pas naturel chez moi. Je trouve que ça manque de spontanéité.
Après il y a eu une pote de pote. Là, c’est elle qui m’avait attaquée. On a échangé des messages mais ça me fatiguait… Même si je relançais parfois pour m’excuser, redire que j’avais du mal avec les textos. Si ça avait été spontané, qu’on avait pu se voir plus souvent, les choses auraient peut être été différentes. Mais là, franchement, j’ai eu la flemme.
Cette fille, je sais que je l’ai blessée parce qu’elle m’a écrit un long message en me demandant ce qu’il s’était passé. La vérité c’est qu’au bout d’un moment, elle le savait bien… Tu comprends au fond de toi que le mec n’est pas intéressé mais tu ne veux pas te l’avouer.
Bien sûr, je n’ai pas répondu à ce mail.
4. ARTICLE – « Le dilemme » : le ghosting peut-il être un choix moral ?
Par Valentine Faure Publié le 28 juillet 2024 LE MONDE
DécryptageChaque mois, nos dilemmes moraux intimes passés au crible. Disparaître du jour au lendemain, sans un mot à son ou sa partenaire, découle d’une liberté. Cette liberté de rompre, conquise de haute lutte, est-elle assortie de devoirs ?
Apparu il y a une dizaine d’années telle une étape franchie dans l’indignité, un cran au-dessus de la rupture par SMS, le « ghosting » semble bien installé dans les mœurs amoureuses. Selon une étude du Pew Research Center, publiée en 2020, un adulte sur trois, aux Etats-Unis, a fait l’expérience d’être quitté sans la moindre explication – sans différence notable entre les genres. La disparition soudaine du conjoint est devenue une option possible dans le répertoire des souffrances auxquelles on s’expose quand on entame une relation.
Le ghosting comme une « façon de mettre fin à une relation avec quelqu’un soudainement en cessant toute communication avec lui » a fait son entrée dans le Cambridge Dictionary, en 2015. Une définition suffisamment large pour s’appliquer à la fois à un inconnu avec qui on discute sur une application de rencontre et à un partenaire amoureux qui « part acheter des cigarettes » et ne revient jamais. Le ghosting, au fond, commence là où l’un estime que l’autre lui« doit » une explication qui ne vient pas.
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Quelles explications doit-on à quelqu’un avec qui on entretient une relation ? Et avec quel degré d’honnêteté ? Que doit-on, par exemple, à quelqu’un avec qui on ne souhaite pas « commencer » une relation ?
Le ghosting ne serait, selon la philosophe Claire Marin, que le « nouveau nom d’une vieille lâcheté ». Mais il est aussi évidemment favorisé par nos modalités d’échange. Les technologies invitent presque à cette pratique : on peut « supprimer » un contact, le « bloquer », le mettre en mute (« silencieux ») sur Instagram, ce qui permet de ne plus voir les publications de l’autre sans qu’il s’en rende compte. Il y a toute une gamme d’outils à la disposition de celui qui veut disparaître ou faire disparaître quelqu’un. Les réseaux sociaux ont aussi multiplié les occasions de se sentir ignoré et accélèrent le rythme auquel on se sent ghosté. A propos du comportement du ghosteur, la psychanalyste et philosophe Clotilde Leguil, professeure à l’université Paris-VIII, fait même l’hypothèse d’une nécessité de « réintroduire de la séparation là où il n’y en a plus, de remettre de la coupure dans ce monde de …