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150 ème ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE D’ALBERT SCHWEITZER, COMBATTANT DE LA PAIX

Il y a cent cinquante ans, le 14 janvier 1875,

naissait en Alsace le fondateur de l’hôpital de Lambaréné au Gabon. Médecin, Albert Schweitzer fut aussi philosophe, théologien, pasteur, musicien et Prix Nobel de la paix.

Albert Schweitzer, combattant de la paix

TITRE LA TEFORME – Par Frédéric Rognon

Lauréat du prix Nobel de la paix en 1952, à 77 ans, Albert Schweitzer n’a pas attendu le grand âge pour œuvrer au règlement pacifique des conflits entre les hommes.

Schweitzer

Albert Schweitzer donne un discours de remerciements pour le prix Nobel à Oslo, en 1954. – ARCHIVES CENTRALES ALBERT SCHWEITZER GUNSBACH

La sensibilité d’Albert Schweitzer à la cause de la paix tient tout d’abord à ses origines. Né à Kaysersberg en 1875, il change plusieurs fois de nationalité, mais lui-même est un passeur de frontières : il circule entre Berlin et Paris, et cherche toujours ce qui fait la commune humanité de tous les hommes, enfants de Dieu, par-delà les clivages nationaux. Son pacifisme s’enracine profondément dans sa propre philosophie, qu’il se forge peu à peu, et notamment dans son principe éthique du « respect de la vie ».

Cette pierre angulaire de sa pensée est formulée pour la première fois le 13 février 1913 : « Chaque être vivant est irremplaçable dans la chaîne de la vie », d’où le sentiment de « responsabilité envers tout ce qui vit ». Ainsi la paix ne concerne-t-elle pas seulement les relations entre les hommes : elle s’inscrit dans la vision beaucoup plus large d’une harmonie universelle. Le sermon d’adieu qu’il prononce à…

1. Le Problème de la Paix

Discours d’Albert Schweitzer lors de la remise du Prix Nobel de la Paix; Auditorium de l’Université d’Oslo, 4 novembre 1954; (Extraits)

«Les hommes d’Etat responsables de la construction du monde actuel par les négociations après chacune de ces deux guerres [mondiales] avaient de mauvaises cartes en main. Leur but n’était pas tant de créer des situations susceptibles de favoriser un développement large et prospère, mais plutôt de consolider durablement les résultats de la victoire. […] Ils étaient contraints de se considérer comme les exécuteurs de la volonté des peuples conquérants. Ils n’aspiraient donc pas à établir des relations entre les nations sur une base juste et appropriée […].
  

Nous avons appris à tolérer les faits de la guerre: que des hommes soient tués en masse […], que des villes entières  et leurs habitants soient anéantis par la bombe atomique, que des êtres humains soient transformés en torches vivantes par des bombes incendiaires. Nous apprenons ces choses par la radio ou par la lecture de journaux les jugeant selon notre propre évaluation du succès pour le groupement de peuples auquel nous appartenons ou pour nos ennemis. Si nous admettons que de tels actes résultent d’un comportement inhumain, cet aveu est accompagné de l’idée que le fait de la guerre lui-même ne nous laisse pas d’autre choix que de les accepter. […]
  

Si nous nous résignons sans lutte à notre destin, nous nous rendons coupables d’inhumanité. Ce qui compte vraiment, c’est que nous reconnaissions tous que nous avons été coupables d’inhumanité. L’horreur que nous inflige cette reconnaissance devrait nous tirer de notre léthargie et diriger nos forces envers nos espoirs et nos intentions vers l’avènement d’une ère où la guerre soit obsolète. Cette espérance et cette volonté ne peuvent avoir qu’un seul but – celui d’atteindre, par un changement d’esprit, cette raison supérieure qui nous empêche d’abuser du pouvoir dont nous disposons. La guerre est aujourd’hui synonyme de destruction […].
  

Pour assurer la paix, des mesures décisives sont à prendre qui aboutissent à des résultats significatifs, immédiatement. Tout cela ne peut se faire que par l’esprit. L’esprit est-il capable de répondre à ce que nous devons attendre de lui dans notre besoin? Ne sous-estimons pas sa puissance dont les preuves sont visibles tout au long de l’histoire de l’humanité! C’est l’esprit qui a créé cet humanisme qui est à l’origine de tout progrès vers une forme d’existence supérieure. Inspirés par notre humanité, nous sommes fidèles à nous-mêmes et capables de créer. Animés d’un esprit contraire, nous sommes infidèles à nous-mêmes et victimes de toutes sortes d’erreurs. […] Si aujourd’hui nous voulons éviter notre propre ruine, nous devons nous réengager dans cet esprit. Il doit produire un nouveau miracle […].
  

L’esprit [de paix] n’est pas mort ; il vit dans l’isolement. Il a surmonté la difficulté d’exister dans un monde qui ne correspond pas à sa substance éthique. Il a compris qu’il ne peut trouver d’autre patrie que dans la nature profonde de l’homme. L’indépendance qu’il a acquise par l’acceptation de ce constat lui prête un avantage en plus. […]
  

Une fois de plus osons-nous donc faire appel à l’être humain tout entier, à sa capacité à réfléchir et à compatir, en l’invitant à reconnaître ce qu’il est et à rester fidèle à lui-même. Nous réaffirmons notre confiance dans les qualités profondes de sa nature. Nos expériences vécues nous donnent raison. […]
  

L’unique originalité que je revendique est que cette vérité s’accompagne pour moi de la certitude intellectuelle que l’esprit humain est capable, en notre époque, de créer une nouvelle mentalité, une mentalité éthique. Animé de cette certitude, je proclame cette vérité ensemble avec l’espoir que mon témoignage contribuera à empêcher son rejet à la manière de ceux qui le méprennent en tant que sentiment admirable mais  impossible sur le plan pratique. De nombreuses vérités sont restées longtemps inaperçues parce que personne n’avait reconnu leur potentiel à devenir réalité. Ce n’est que lorsque l’idéal de paix naîtra et évoluera dans les esprits des peuples que les institutions créées pour l’ancrer et le maintenir rempliront efficacement leur fonction attendue.»

2. Deux sites pour les 150 ans d’Albert Schweitzer

Diffusion du 10 janvier 2025 ICI ALSACE De Pierre Nuss

Ce 14 janvier, nous fêterons les 150 ans de la naissance du seul Prix Nobel de la Paix alsacien : le Dr Albert Schweitzer. Deux sites lui rendent hommage, ainsi que des évènements à ne pas rater.

Le site du Centre Schweitzer.

Le site de la Maison Schweitzer.

Aujourd’hui, deux sites pour le prix d’un seul. Nous fêtons cette année les 150 ans de la naissance du Dr Albert Schweitzer, né le 14 janvier 1875 à Kaysersbari.

Ce haut-rhinois… oui, pour les études. Deux lieux sont à visiter absolument autour du seul Prix Nobel de la Paix alsacien : le centre Schweitzer de Kaysersberg, nouvellement rénové, avec beaucoup de documents et objets lui ayant appartenu et relatant son engagement médical et humaniste à Lambaréné. De belles collections, à admirer partiellement sur centre schweitzer point org.

Et la maison Schweitzer de Gunsbach, qu’il fit construire en 1928, avec là aussi de belles collections d’objets personnels, on y retrouvera sa philosophie du “respect de la vie”, à l’adresse schweitzer point org. Bon, si vous ne tombez pas sur l’un, vous tomberez sur l’autre. À noter également que ce mardi 14 janvier, vous entendrez un concert commémoratif des 150 ans de la naissance d’Albert Schweitzer à 19 h à l’Église de Gunsbach, entrée libre avec plateau au profit de l’Association Internationale pour l’œuvre du Dr Albert Schweitzer de Lambaréné.

Le Chœur d’hommes de Griesbach-au-val et le Duo Zéno interpréteront notamment des œuvres de Mauro Guiliani, Domenico Scarlatti et Maurice Ravel. Avec la projection de vidéos sur Albert Schweitzer réalisées par les élèves de la section audiovisuelle du lycée Kirschleger de Munster.

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