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LE CNRS ENGAGÉ POLITIQUEMENT CONTRE LE RÉSEAU X AVEC DES CRÉDITS PUBLICS : GRAVE ENTORSE AU DEVOIR DE NEUTRALITÉ OU LIBERTÉ ACADÉMIQUE ? – MISE À JOUR (2)

MALGRÉ LES DÉNÉGATIONS, CONFUSES, LE CNRS DIRECTEMENT IMPLIQUÉ

C’est bien « un des laboratoires du CNRS » / et non pas le CNRS, argumente le directeur du LABORATOIRE DU CNRS – qui a fondé le collectif et l’application, « sous la responsabilité de son directeur », insiste, de son côté, David Chavalarias auprès de Tech&Co. ( voir les réponses du directeur du laboratoire du CNRS )

La plateforme a bien été créée par un chercheur et une équipe de développeurs du CNRS : David Chavalarias, un mathématicien du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). À ses côtés, un collectif de bénévoles français engagés contre la désinformation.

DES CRÉDITS PUBLICS ONT BIEN ÉTÉ MOBILISÉS

Le collectif est composé d’une trentaine de personnes de différentes associations et organisations, quasiment toutes bénévoles, dont une petite équipe de développeurs coordonnée par le CNRS.

Dans les mentions légales, le site d’Hello Quitte X précise que le projet a été fondé par « le CNRS, la Ligue des Droits de L’homme, La Quadrature du Net, le SNJ-CGT, Nothing 2 Hide, On est prêt et Au Poste »

Or, le CNRS est un organisme public de recherche scientifique, financé à hauteur de 2,8 milliards d’euros par des subventions publiques.

AUCUNE TRANSPARENCE : LE CNRS DEVRAIT S’EXPLIQUER, ET DÉVOILER LES CRÉDITS PUBLICS MOBILISÉS

D’ailleurs, le 20 janvier, une soirée autour de ce projet était organisée dans les locaux de l’Institut des systèmes complexes de Paris Île-de-France, une entité du CNRS. Le site Internet de cette entité en faisait d’ailleurs la promotion. Enfin, le logo du CNRS est utilisé sur un visuel de promotion de la soirée. Malgré tous ces éléments, le CNRS dément avoir « fondé » le projet « HelloQuitteX ».

UN VÉRITABLE COMBAT POLITIQUE

Le collectif – créé autour du laboratoire du CNRS – estime ainsi X est devenu, depuis son rachat par le milliardaire Elon Musk, « très dangereux pour les individus et les démocraties ».

MISE À JOUR 1 :

l y a quelques jours, un chercheur du CNRS lançait la plateforme «HelloQuitteX», proposant aux utilisateurs de «X» de transférer leurs données vers d’autres réseaux sociaux.

Pour Xavier-Laurent Salvador, il s’agit d’un détournement des moyens alloués à la recherche à des fins militantes. Le président de l’Observatoire de l’éthique universitaire s’interroge également sur un potentiel fichage politique des utilisateurs de la plateforme.

MISE À JOUR 2 :

ARTICLE – «Que les chercheurs du CNRS qui nous enjoignent de quitter X se demandent plutôt pourquoi il n’y a pas de Musk européen»

Par  . 22 janvier LE FIGARO

 Le développement par des collaborateurs du CNRS d’une application facilitant le départ de X met en lumière la déconnexion de cette entité des impératifs économiques et technologiques français, estime l’essayiste Nicolas Bouzou.

Économiste et essayiste, Nicolas Bouzou a fondé le cabinet d’études économiques Asterès. Dernier livre paru La Civilisation de la peur (XO Éditions, 2024).


Certains chercheurs du CNRS nous font la morale alors que nous avons besoin de puissance. Une équipe de développeurs du CNRS a développé une application appelée «HelloquitteX » qui permet de faire migrer en toute simplicité son compte X vers BlueSky et Mastodon. L’un des porte-parole de l’application, l’ingénieur Benjamin Sonntag, justifie cette initiative en soulignant notamment que Blue Sky et Mastodon sont des plateformes «anticapitalistes». Pour ce monsieur, les problèmes, bien réels, engendrés par la surconsultation des réseaux sociaux, au premier rang desquels X, trouvent donc leur solution dans l’établissement de plateformes associatives. 

Remarquons que cette assertion repose sur une erreur d’analyse fondamentale. Les externalités négatives des réseaux sociaux et de X en particulier ne sont pas liées à leur caractère marchand mais à un business model particulier, centré sur la publicité et donc sur la captation de l’attention. Mais on pourrait en imaginer d’autres. D’ailleurs, BlueSky est bien une entreprise (l’équivalent français des entreprises à mission), qui lève des fonds et monétise des services pour éviter les revenus publicitaires. Son business modeln’est pas celui de X mais elle s’inscrit dans un cadre parfaitement capitaliste. Le sujet n’est donc pas celui-là.

Le CNRS se défend d’avoir fondé ce collectif. Ce point reste à éclaircir car il serait pour le moins inconvenant que de l’argent public soit utilisé pour expliquer aux Français ce qu’il est moral de faire ou pas. Le CNRS a été créé par le Front populaire pour coordonner la recherche scientifique en France. Son budget est de l’ordre de 4 milliards d’euros par an et il n’est pas inscrit dans ses missions de redresser moralement les utilisateurs de plateformes dont Elon Musk est le propriétaire. D’autant que le CNRS est loin d’accomplir au mieux sa mission originelle. 

C’est sur le domaine de la recherche scientifique fondamentale et de la maîtrise de ces technologies que le CNRS doit se concentrer, au service de la puissance française et européenne.Nicolas Bouzou

La recherche scientifique en France, non seulement n’est pas coordonnée, mais souffre d’un nombre hallucinant de silos qui entravent son efficacité et sa crédibilité. Ses 30 000 collaborateurs ont donc encore du travail devant eux et ne devraient pas disperser leurs compétences techniques en dehors des heures de loisirs en leçons de moraline. 

Par ailleurs, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche pourrait de façon fort à propos recentrer le CNRS sur les recherches en mathématiques, en physiques et en biologie. La place importante des sciences sociales au sein de l’institution peut être discutée en ce sens qu’elle ne correspond pas forcément aux priorités qui devraient être celles de la recherche scientifique aujourd’hui. La France manque de physiciens, pas de sociologues.

Car le problème fondamental de l’alliance Trump-Musk est moins moral que matériel. Cette présidence américaine nous fait sortir (espérons provisoirement) de l’ère du multilatéralisme et du droit international (certes l’un et l’autre fragilisés depuis des années) pour entrer dans celle du rapport de force pur. L’Union européenne, construite en réaction à la Deuxième Guerre mondiale, est fondamentalement mal à l’aise dans cet environnement brutal et incertain. 

Voilà le fond du défi auquel nous faisons face : les pays européens doivent défendre leurs intérêts et répondre désormais seuls aux menaces extérieures que sont, entre autres, la Russie et l’islamisme. Concrètement, cela nécessite de prendre une triple autonomie. Premièrement, nous devons nous réarmer en privilégiant les achats de matériels militaires européens (aujourd’hui, seuls 20% de nos achats le sont). Deuxièmement, nous devons investir massivement dans nos capacités de production d’électricité décarbonée, notamment hydroélectriques et nucléaires. Aucune surproduction n’est à craindre dans ce secteur. Troisièmement, nous devons libérer les secteurs stratégiques (numérique, intelligence artificielle, quantique, spatial..) des contraintes bureaucratiques qui entravent leur développement.

C’est sur le domaine de la recherche scientifique fondamentale et de la maîtrise de ces technologies que le CNRS doit se concentrer, au service de la puissance française et européenne. Et pour ses collaborateurs qui sont obsédés par Elon Musk, qu’ils consacrent donc leur énergie à se demander pourquoi l’Union européenne n’a laissé naître sur son sol aucun équivalent de X, de Tesla ou de SpaceX. Cela nous sera plus utile que de savoir si nous devons utiliser X ou pas.

ARTICLE – HELLO QUITTE X: QUEL RÔLE A EU LE CNRS DANS CETTE PLATEFORME QUI INCITE À QUITTER LE RÉSEAU SOCIAL D’ELON MUSK?

Le 21/01/2025 BFM

Un collectif français a développé une application qui aide les utilisateurs de X (ex-Twitter) à migrer vers d’autres réseaux sociaux sans perdre leurs contacts. La plateforme a été créée par un chercheur et une équipe de développeurs du CNRS.

Hello Quitte X. Cette application ne vous dit peut-être rien. Pourtant, elle aide de nombreux internautes de X, ex-Twitter, à migrer vers d’autres réseaux sociaux sans perdre leurs contacts. Objectif: quitter collectivement la plateforme le 20 janvier, jour de l’investiture de Donald Trump.

À l’origine de ce projet? David Chavalarias, un mathématicien du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). À ses côtés, un collectif de bénévoles français engagés contre la désinformation. Il est composé d’une trentaine de personnes de différentes associations et organisations, quasiment toutes bénévoles, dont une petite équipe de développeurs coordonnée par le CNRS.

« Liberté académique »

Mais sur les réseaux sociaux, certains internautes s’interrogent: le CNRS est-il à l’origine de l’initiative, ouvertement hostile à Elon Musk et sa plateforme? Car dans les mentions légales, le site d’Hello Quitte X précise que le projet a été fondé par « le CNRS, la Ligue des Droits de L’homme, La Quadrature du Net, le SNJ-CGT, Nothing 2 Hide, On est prêt et Au Poste ».

Un débat qui agace David Chavalarias. « C’est ne rien comprendre à l’organisation interne d’un établissement public qui gère 31.000 personnes », fustige-t-il sur X.

« Il est évident que ce n’est pas la direction du CNRS qui s’engage et valide directement le démarrage de tout projet de recherche. Ce sont les chercheurs qui en sont responsables dans la limite de leurs moyens, moyens auxquels le CNRS ne participe que pour partie », ajoute le chercheur.

« Le CNRS n’a ni fondé, ni développé le collectif Hello Quitte X », confirme le CNRS auprès de Tech&Co. En revanche, c’est bien « un des laboratoires du CNRS » qui a fondé le collectif et l’application, « sous la responsabilité de son directeur », insiste, de son côté, David Chavalarias auprès de Tech&Co.

« En tant que directeur de recherche au CNRS, j’ai toute latitude d’engager des projets de recherche dans la limite de mes financements disponibles, cela s’appelle la liberté académique » explique-t-il. « En l’occurrence, Hello Quitte X, pour ce qui est des développeurs, est pour le moment financé via une donation qui a été faite au CNRS par un fan de mon ouvrage. Hello Quitte X est la suite logique », détaille-t-il.

17.000 utilisateurs

En effet, David Chavalarias, directeur de l’institut des systèmes complexes de Paris Ile-de-France, travaille depuis longtemps sur l’impact des réseaux sur la société. Il a notamment écrit un livre sur le sujet en 2022, baptisé Toxic Data. Via son projet de recherche Hello Quitte X, le chercheur tente notamment de trouver des alternatives aux réseaux existants.

Le collectif derrière l’application estime ainsi que X est devenu, depuis son rachat par le milliardaire Elon Musk, « très dangereux pour les individus et les démocraties ».

« X est devenu un moyen pour influencer l’opinion aux États-Unis, mais également en Europe, s’inquiète David Chavalarias sur le plateau de BFMTV.

Or, « après le 20 janvier, Elon Musk n’aura plus de compte à rendre à la justice. X sera alors plus dangereux que jamais pour la santé mentale de ses utilisateurs », poursuivent les porteurs du projet dans un manifeste en ligne.

Face à ce constat, Hello Quitte X aide les utilisateurs à migrer vers des concurrents de la plateforme sans perdre leurs abonnés et leurs abonnements. Des réseaux sociaux comme Bluesky ou Mastodon, jugés « plus respectueux de la vie privée », sont notamment mis en avant sur la plateforme.

Pour le moment, 17.000 utilisateurs se sont déjà enregistrés sur Hello Quitte X. Parmi ses utilisateurs, la ville de Paris, le département de Loire-Atlantique, Sandrine Rousseau ou encore le CNRS.

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