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UN PRÉSIDENT RÉINVENTÉ EN INFLUENCEUR ? (1) : péage sur autoroute, crédits sport, Louvre … PROMESSES (184) NOUVELLES, À LA PELLE
https://metahodos.fr/2025/01/26/un-president-de-la-republique-mutei/
MISE À JOUR
ARTICLE 3 – Macron au Louvre, un président toutologue en vraie-fausse cohabitation
Qu’il vole au secours du musée parisien, critique des coupes budgétaires ou fasse des annonces sur TikTok, le chef de l’Etat tente de conjurer l’empêchement où le confine la situation politique.
MARIANNE par Jean-Baptiste Daoulas 28 01 25
Il y a des jours où Emmanuel Macron est exactement à sa place. Ce lundi 27 janvier, le président de la République déposait une gerbe au mémorial de la Shoah, à Paris, avant de s’envoler pour la Pologne célébrer le 80e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz. Et il y en a d’autres où son rôle interroge : est-ce vraiment à un chef de l’Etat qui a perdu le pouvoir aux élections législatives de se rendre ce mardi 28 janvier au musée du Louvre pour faire «des annonces» sur la préservation del’établissement menacé de décrépitude ? La possibilité qu’Emmanuel Macron prenne des engagements budgétaires, en période de disette et de négociation à haut risque du projet de loi de finances, a fait l’objet d’une mise au point préventive de la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas. «Ça n’engage que le Président», a lâché l’ex-sénatrice LR lundi matin …
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1. ARTICLE – Emmanuel Macron se réinvente après la dissolution ?
Publié le jeudi 23 janvier 2025 FRANCE INTER
La question politique du jour : incursion dans le budget, post sur Tiktok… Emmanuel Macron cherche sa place dans le monde politique post-dissolution … L’a-t-il trouvée ?
Pour un Président soi-disant en « retrait », qui préside mais ne gouverne plus, – cette fable qu’on nous raconte depuis l’été dernier -, il se met sacrément en avant ! Chassez le naturel, il revient au galop…
L’épisode Tiktok est particulièrement instructif : à deux influenceurs verbalisés après avoir payé à un péage avec leur smartphone, Emmanuel Macron répond qu’il va « régler ça » ! Ou comment se reconnecter et retravailler son lien avec les Français… D’une pierre deux coups, puisqu’il ajoute : « J’ai passé le dossier au ministre de l’Intérieur ». Traduction : Bruno Retailleau devrait s’occuper du code de la route, plutôt que de faire monter les tensions avec l’Algérie.
Et le Président met aussi son nez dans le budget ?
Oui, dans L’Equipe. Le Président donne « raison » aux athlètes qui pétitionnent contre la baisse du budget des Sports… On est loin de l’article 20 de la Constitution : la politique économique de la Nation, compétence du gouvernement. D’ailleurs la porte-parole Sophie Primas ne se laisse pas impressionner quand elle répond que tous les ministères doivent faire des efforts ! Petit parfum de cohabitation.
Comment interpréter cette attitude du Président ?
Il est en reconstruction. Et sauf si la censure l’emporte dans 2 semaines sur le budget, la stabilité du gouvernement Bayrou lui donne aussi de l’air. Même au RN, on se dit que l’attelage tiendra plusieurs mois. Parce qu’il faut bien un budget. Et plus les municipales approchent (mars 2026), et moins les partis, hors LFI, n’ont intérêt à se lancer dans de nouvelles législatives.
Un Président qui pense déjà au legs qu’il laissera ?
C’est flagrant sur le budget des sports : l’héritage des Jeux, c’est aussi le sien. On n’y touche pas.
Et regardez comme, l’air de rien, il a balisé la feuille de route de François Bayrou, sur les retraites, avant son discours de politique générale : un « conclave » ? Oui, mais sans suspendre la réforme. Et quand il se résout à abandonner le Service national universel, c’est aussitôt pour réclamer un plan « B » et ne pas perdre la face.
Soucieux du bilan, mais là, maintenant, quelle est son action ?
Très majoritairement diplomatique. Montrer que quand il se déploie à l’extérieur, c’est pour protéger à l’intérieur. Contre Poutine, contre les droits de douane de Trump, pour rattraper notre retard sur l’IA, avec un sommet à Paris les 10 et 11 février.
2025 doit être aussi – et c’était la seule annonce dans ses voeux -, une année où il consultera les Français.
Par référendum ?
Ou par référenda, pluriel du neutre en latin. Privé, jusqu’en juillet, d’article 12 (pouvoir de dissoudre), il lui reste l’article 11. Une ou plusieurs questions : si le débat sur la fin de vie s’enlise au Parlement. Sur les institutions, la décentralisation ou la place des écrans.
Et puis le 10 février, une nomination très importante ! Qui pour succéder à Laurent Fabius à la tête du Conseil constitutionnel. Car celle ou celui qui sera là après 2027 devra protéger l’Etat de droit.
Donc, pour répondre à votre question : Emmanuel Macron, pyromane et grand brûlé de la dissolution, ne retrouvera jamais l’influence qui était la sienne. Il n’inaugure pas les chrysanthèmes, il n’est pas non plus le pilote dans la crise. Et derrière son mea culpa, tardif, il y a sa détermination à occuper la fonction, jusqu’au bout.
Car toute démission prématurée de sa part, il en est convaincu, serait un clou dans le cercueil de la 5ème République.
2. ARTICLE – Isolé et affaibli, Macron se cherche un nouveau rôle
Tentant de renouer le lien avec les Français, le chef de l’Etat se rend mardi au Louvre avant un déplacement dans l’Aisne mercredi. Son image et sa cote de confiance restent très dégradées.
Par Grégoire Poussielgue. LES ÉCHOS Publié le 27 janv. 2025
Une visite mardi au Louvre pour trouver des solutions à la situation plus que dégradée du plus important des musées de France, un déplacement dans l’Aisne mercredi pour faire le point sur le pacte Sambre-Avesnois-Thiérache, signé en 2018 et destiné à accélérer le développement économique d’une région en difficulté. Emmanuel Macron ne gouverne plus depuis la défaite de son camp aux élections législatives, mais depuis plusieurs jours, il se rappelle au souvenir des Français.
La semaine dernière, il a répondu et donné raison à un influenceur sur TikTok qui se plaignait de ne pas pouvoir payer son péage par téléphone, en lui promettant de transmettre le dossier au ministère de l’Intérieur. Au même moment, il avait dénoncé les coupes dans le budget du ministère des Sports, quitte à prendre le contrepied de François Bayrou qui cherche à éviter la censure sur le budget.
Nouveau rôle ?
Un nouveau rôle pour Emmanuel Macron ? Si les questions internationales continuent d’accaparer une bonne partie de son temps – il était lundi à Auschwitz pour le 80e anniversaire de la libération du camp d’extermination – l’Elysée défend ce nouveau positionnement. Au Palais, on évoque un président agissant d’un côté sur le « temps long » et les « affaires du monde », mais aussi à la recherche d’un nouveau lien avec l’opinion sur des sujets qui les concernent très directement. « Il faut montrer que les choses avancent sur le terrain, quand le Parlement donne l’impression que cela s’embourbe », note-t-on dans son entourage.
Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron promet de changer sa façon présider. Il l’avait annoncé au lendemain de la crise des « gilets jaunes » ou après le Covid. Sans le faire véritablement. Mais cette fois, il y est contraint. François Bayrou est certes un allié politique, mais ses marges de manoeuvre à l’Assemblée nationale sont inexistantes. « A la fin de l’été, il m’avait dit qu’on entrait dans une période étrange. Nous y sommes », dit un soutien du chef de l’Etat.
La route s’annonce longue et sinueuse, sans garantie d’arriver au bout en 2027. Comme François Bayrou face au budget, Emmanuel Macron fait face à un Himalaya tant sa cote de confiance est abîmée. Elle affiche 18 % selon le baromètre Elabe pour « Les Echos », soit son plus bas niveau depuis 2017. L’image d’Emmanuel Macron est très dégradée, au grand dam de ses partisans. « Il y a un décalage entre Emmanuel Macron et la perception qu’en ont les Français », regrette le sénateur François Patriat, soutien indéfectible du président de la République.
Instabilité politique
Depuis la dissolution, la chute du gouvernement Barnier et la nomination au forceps de François Bayrou à Matignon, les Français vivent mal cette instabilité politique. A l’heure où l’histoire s’accélère avec le retour de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, la France et l’Europe donnent l’impression de stagner. « Emmanuel Macron ne gouverne plus ; mais il reste considéré comme responsable de la situation actuelle et de l’instabilité politique. Il n’a pas convaincu les Français du caractère inéluctable de la dissolution », note la politologue Chloé Morin.
Rien ne permet de dire qu’il pourra redresser la barre. De plus, son bilan est remis en cause (comme pour les retraites) et parfois critiqué par ceux, venant de son camp comme Edouard Philippe, Gabriel Attal ou encore Yaël Braun-Pivet, qui souhaitent lui succéder en 2027. Au printemps, Emmanuel Macron devrait en dire plus sur sa promesse, faite lors de ses voeux,de consulter les Français cette année. Référendum ou conventions citoyennes ? Pour l’instant, ils n’y croient pas, tant de nombreuses promesses du président de la République se sont perdues en chemin.
Grégoire Poussielgue