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VIOLENCE DES JEUNES (1) – LACUNES ÉDUCATIVES ET FONCTIONNENT CLANIQUE

UN DISPOSITIF JUDICIAIRE À METTRE ENTIÈREMENT À PLAT

Dans son ouvrage « Mineurs violents, État inconsistant. Pour une révolution pénale » (L’Artilleur), le pédopsychiatre Maurice Berger, spécialisé dans le suivi de mineurs délinquants, propose des solutions concrètes pour améliorer la situation.

AU DANEMARK, EN SUÈDE, DES PAYS DÉMOCRATIQUES, OÙ LA MAJORITÉ PÉNALE EST À 15 ANS

Le pédopsychiatre Maurice Berger, était l’invité de La Matinale de Cnews début janvier. Il s’est exprimé au sujet de «l’abaissement de la majorité pénale». «Au Danemark, en Suède, qui sont des pays démocratiques, la majorité pénale est à 15 ans», a-t-il rappelé. 

1. ARTICLE – «L’agresseur et sa liberté individuelle ont été sacralisés au détriment de la protection des corps»

Par  Maurice Berger Publié le 23 janvier 2025 LE FIGARO

L’État se doit de protéger l’intégrité physique des citoyens, assure le pédopsychiatre. Pourtant, ce contrat de base de notre civilisation a été rompu lorsqu’une tradition d’impunité a remplacé une tradition de responsabilité.

Maurice Berger est pédopsychiatre et l’auteur de Mineurs violents, État inconsistant. Pour une révolution pénale, 2025, L’Artilleur.

Face à la violence de plus en plus fréquente et extrême de certains mineurs, un débat s’ouvre sur la possibilité de prononcer une comparution immédiate et de courtes peines. Ces mesures sont nécessaires, mais insuffisantes. Pourquoi ? J’aimerais qu’un jour un premier ministre évoque, dans son discours de politique générale, pas seulement la sécurité, terme vague, mais la protection du corps des citoyens.

Et ce n’est jamais le cas. Un contrat de base de notre civilisation consiste à déléguer à l’État l’utilisation de la force dans l’espace public, nous lui confions ainsi la préservation de notre intégrité physique. Or elle n’est pas protégée par cet État, c’est-à-dire par les politiques et par la justice, mais seulement, parfois, par la police au moment d’une agression.

Ce contrat est rompu parce que nous avons installé une tradition d’impunité…

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2. ARTICLE – Mineurs violents : le cri d’alarme du Dr Maurice Berger face à une situation hors de contrôle

BREIZH – INFO 3 1 25

La violence juvénile en France atteint des niveaux alarmants, et la réponse pénale semble de plus en plus insuffisante. Dans son dernier ouvrage à paraître le 8 janvier chez L’ArtilleurMineurs violents, État inconsistant. Pour une révolution pénale, le pédopsychiatre Maurice Berger, fort de 35 années d’expérience, propose une analyse sans concession du phénomène et des solutions radicales pour enrayer cette spirale inquiétante.

Un constat accablant : violence accrue, justice défaillante

Le Dr Berger déplore une augmentation significative de la violence juvénile en France, accompagnée d’une incapacité chronique à répondre efficacement à cette problématique. Le refus d’admettre l’ampleur du phénomène, alimenté par une idéologie qui minimise les faits, conduit à une situation qu’il qualifie de « danger national hors de contrôle ».

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les mineurs poursuivis pour violences graves sont de plus en plus nombreux, et la réponse judiciaire, souvent perçue comme inconsistante, alimente un sentiment d’impunité. Maurice Berger s’indigne, par exemple, qu’un jeune récidiviste condamné pour des violences graves puisse ne pas effectuer une seule journée de prison, malgré des séquelles irréversibles infligées à ses victimes.

Les causes profondes : entre lacunes éducatives et fonctionnement clanique

Selon Maurice Berger, la violence juvénile ne peut être réduite à des facteurs socio-économiques tels que la précarité ou l’exclusion sociale. Il pointe du doigt des causes plus profondes :

  • L’absence de cadres éducatifs clairs : les jeunes violents n’ont souvent pas intégré les notions fondamentales de limites et d’interdits.
  • Le fonctionnement clanique : dans certains contextes familiaux, notamment du fait de l’immigration extra européenne, les enfants évoluent dans un environnement où la domination et la violence sont valorisées, au détriment de l’éducation et de l’autonomie individuelle.

Le pédopsychiatre critique vivement le code pénal des mineurs de 2021, qu’il considère comme un obstacle à une justice efficace. Il appelle à des réformes profondes, notamment :

  • La mise en place de peines courtes mais systématiques, inspirées du modèle hollandais, où la dissuasion par des incarcérations courtes s’accompagne d’une baisse notable des récidives.
  • La création de centres éducatifs fermés réellement sécurisés, comme en Suisse, où les jeunes ne peuvent sortir qu’après une réhabilitation avérée.
  • Une évaluation fine des dispositifs existants, pour identifier les approches qui fonctionnent et abandonner celles qui échouent.

Un appel à la responsabilité des adultes

Maurice Berger souligne que l’efficacité d’une réponse pénale repose sur sa capacité à signifier clairement la gravité des actes commis. « Les mineurs violents se demandent : ‘Vais-je prendre cher ?’ », observe-t-il. Or, trop souvent, la réponse judiciaire se traduit par une sanction dérisoire, qui ne fait qu’alimenter l’escalade de la violence.

Pour Maurice Berger, il ne s’agit pas simplement de punir, mais de redonner à la justice son rôle fondamental : protéger les victimes et aider les auteurs à changer. Il appelle à dépasser les clivages idéologiques et à adopter une approche pragmatique et rigoureuse, inspirée des exemples internationaux.

Son livre, véritable cri d’alarme, invite les décideurs politiques à affronter une réalité souvent occultée et à agir avant que la situation ne devienne totalement ingérable.«Pour une révolution pénale», du Dr Maurice Berger, L’Artilleur, 104 p., 10 €.

Illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2024, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

3. ARTICLE – Maurice Berger: «Le fonctionnement communautaire, familial ou religieux, légitimise la violence»

Par   Ronan Planchon et  Margaux d’Adhémar. Publié le 9 avril 2024. LE GIGARO

ENTRETIEN – Pour le pédopsychiatre*, l’ultraviolence de jeunes filles issues des cités s’explique, en partie, par l’impasse dans laquelle elles se trouvent. Elles sont tiraillées entre les désirs de l’adolescence et leur appartenance à une culture qui réprime ces désirs, ajoute-t-il.

LE FIGARO. – À Montpellier comme à Viry-Châtillon, où un adolescent est mort, les conflits entre jeunes ne se sont pas soldés par quelques coups mais par des agressions d’une violence inouïe. La violence chez les mineurs a-t-elle changé de nature ?

MAURICE BERGER. – Autrefois, la violence des mineurs débutait à l’adolescence chez un mineur élevé dans des familles défaillantes, et il existait un cadre judiciaire ferme. Actuellement, on a affaire à une violence qui débute souvent dès l’enfance, dans des milieux familiaux où règne une violence acceptéeculturellement, sur fond d’inégalités hommes-femmes. Les adultes qui font et appliquent les lois raisonnent en référence à leur propre adolescence ou à celles de leurs enfants plutôt bien élevés, aux bêtises qu’on peut commettre à cet âge et qu’il ne faut pas dramatiser.

Le résultat, c’est un immense laxisme pour les mineurs. C’est ainsi que l’agresseuse présumée de Samara, à Montpellier, n’a écopé que de deux jours d’exclusion de son collège

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