
Mardi, un lycéen de 17 ans, a été grièvement blessé à l’arme blanche
dans la cour de son établissement à Bagneux. Selon une source policière, lors d’un différend entre élèves durant une pause, un étudiant majeur en BTS a attaqué le lycéen au couteau, le blessant près du cœur. Le pronostic vital de la victime n’était plus engagé mercredi, selon le parquet de Nanterre.
« Passage en conseil de discipline et signalement au procureur »
Il aura fallu ce énième drame pour que la ministre prenne une mesure : « Par décret, je vais modifier rapidement le Code de l’éducation : au sein des établissements, tout port d’arme blanche devra donner lieu à un passage systématique en conseil de discipline et à un signalement au procureur via l’article 40. On ne doit rien laisser passer », ajoute-t-elle, précisant « échanger » sur le sujet avec les ministres de l’Intérieur et de la Justice.
Mardi, le lycéen de 17 ans, a été grièvement blessé à l’arme blanche dans la cour de son établissement à Bagneux. Selon une source policière, lors d’un différend entre élèves durant une pause, un étudiant majeur en BTS a attaqué le lycéen au couteau, le blessant près du cœur. Le pronostic vital de la victime n’était plus engagé mercredi, selon le parquet de Nanterre.
Le suspect de l’agression incarcéré et jugé en mars
Le jeune majeur de 20 ans, soupçonné d’avoir blessé mardi à l’arme blanche le lycéen de 17 ans a été incarcéré et sera jugé le 20 mars, a indiqué jeudi soir le parquet de Nanterre.
Il comparaîtra pour violences volontaires aggravées par trois circonstances (arme, préméditation ou guet-apens et au sein d’un établissement scolaire) ayant entraîné une incapacité supérieure à 8 jours (10 jours), a précisé le ministère public.
Retrouvé par la police après avoir tenté de prendre la fuite, ce jeune majeur avait été placé en garde à vue avec une seconde personne, dont la garde à vue a été levée mercredi.
ARTICLE – Élisabeth Borne : « Le port de couteau à l’école sera désormais sanctionné pour de vrai »
Les élèves armés d’un couteau iront en conseil de discipline, annonce Elisabeth Borne, inférant que ce n’était pas le cas jusqu’ici. Mais qu’on se rassure, il y aura des possibilité de recours.
Hugues Serraf ATLANTICO
J’apprends par Elisabeth Borne, fraîchement réincarnée en ministre de l’Education nationale, que les collégiens et lycéens surpris à se balader avec un couteau dans leur établissement seront désormais soumis « à un passage systématique devant le conseil de discipline » et pourront même faire l’objet d’un « signalement au procureur ». « Un décret en ce sens modifiera rapidement le Code de l’éducation », a-t-elle déclaré à Ouest-France.
Ça me paraît judicieux : les attaques à l’arme blanche impliquant des ados étant désormais si nombreuses qu’on ne sait plus, à la machine à café, si l’on est train de commenter la toute dernière ou celle du jour précédent, un petit sermon du dirlo dans un cadre formel semble s’imposer… Après tout, sur la seule année scolaire 2023-2024, 74 agressions de ce genre auront été recensées dans des collèges, pour 38 dans des lycées et même 18 dans des écoles primaires, et on n’en attendait certainement pas moins de la ministre.
Ce qui surprend tout de même un peu, pour autant, c’est que ça n’ait pas été la manière dont les choses se passaient jusqu’à présent. Et de fait, avant que Borne ne s’intéresse au phénomène, le couteau saisi dans le baluchon Eastpak d’un élève pouvait être confisqué, valoir une mention au carnet pour non-respect du règlement et peut-être même une ou deux heures de colle dans le cas d’un très gros poignard, mais ça n’allait généralement pas plus loin…
Les attaques au couteau étant tautologiquement perpétrées par des porteurs de couteau, le gosse chopé avec un Opinel aurait pourtant pu être perçu comme suffisamment préoccupant pour qu’on aille au bout de l’arsenal de sanctions.
On n’ironisera pas trop lourdement sur une mesure qui, si elle arrive avec tellement de retard qu’elle paraît déjà dépassée, va au moins dans le bon sens. Mais que les bonnes âmes que ce durcissement des règles inquiète se rassurent : en conseil de discipline, on peut venir accompagné d’un avocat et il existe deux possibilité successives de contestation de la décision prise.
Exactement comme chez les grands, quoi…
…/.,,