
Richard Ferrand au Conseil constitutionnel : « Cela ne passera pas au Parlement comme une lettre à la Poste »
TITRE LE PARISIEN ( Marcelo Wesfreid et Ludwig Gallet 6 février 2025 ) QUI POURSUIT :
Emmanuel Macron devrait nommer son plus proche compagnon de route rue Montpensier. Une décision qui provoque des remous dans les oppositions. Mais pas seulement…
En s’apprêtant à nommer Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel, Emmanuel Macron prend-il un risque ? L’ancien président de l’Assemblée nationale, apôtre parmi les apôtres du chef de l’État, pourrait remplacer bientôt Laurent Fabius. L’Élysée rendra public son choix, le 10 février, mais la piste tient la corde.
Seulement voilà, le profil politique de Ferrand, en retrait de vie publique mais toujours influent, provoque des remous. Ce qui peut avoir une incidence car le Parlement a un pouvoir de blocage. Pour que la nomination soit validée, elle doit passer la haie des commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat.
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1. ARTICLE – Richard Ferrand au Conseil constitutionnel : le stratagème de Macron pour un troisième mandat ?
EXCLUSIF. Éminemment politique, le choix de Richard Ferrand, fidèle parmi les fidèles du Président, pour prendre la tête du Conseil constitutionnel serait, selon LFI, le signe d’une volonté d’Emmanuel Macron de se succéder à lui-même en cas de démission.
Antonin André 05/02/2025 JDD
« Richard Ferrand… Vous allez le taper ou pas ? » Hervé Berville, député macroniste des Côtes-d’Armor, sonde depuis quelques jours les députés Insoumis sur le cas Richard Ferrand, son voisin breton du Finistère, que l’Elysée compte proposer pour succéder à Laurent Fabius à la présidence du Conseil constitutionnel. « Évidemment qu’on va le taper ! On a déjà commencé », répond le député Insoumis. « Mais vous allez ressortir les Mutuelles de Bretagne ? » – (affaire dans laquelle Ferrand a été totalement blanchi) – reprend Berville ? « Non mais on va lever la manœuvre de l’Elysée ! » Une manœuvre ? Quelle manœuvre ?!… Depuis que le nom de l’ancien président de l’Assemblée nationale a été poussé par Emmanuel Macron pour le conseil, les Insoumis sont convaincus que la mission assignée à ce fidèle du Président est de préparer le terrain à une nouvelle candidature à la Présidentielle de Macron, au lendemain d’une éventuelle démission.
Dans un tel scénario, 35 jours s’écoulent au maximum entre la démission et le premier tour de la présidentielle. Emmanuel Macron – selon l’hypothèse développée par LFI – envisagerait alors de se représenter. Prenant de vitesse Philippe, Attal, et les autres, aussi impopulaire soit-il, seul l’Elysée aurait les moyens politiques de rassembler dans le temps imparti les 500 signatures, la rédaction et la diffusion d’un programme, le matériel de campagne, la logistique requise pour tenir de grands meetings. « Le Président est d’ailleurs déjà reparti en campagne, relève-t-on à LFI, sa visite dans un bureau de tabac, son échange avec un influenceur sur une affaire de verbalisation abusive à un péage abondamment relayé sur les réseaux sociaux, le bain de foule à Colmar… »
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2. ARTICLE – Les bonnes affaires du consultant Richard Ferrand, proche de Macron pressenti à la présidence du Conseil constitutionnel
Par Clément Lacombe. le 5 février 2025 NOUVEL OBS
Annoncé à la tête du Conseil constitutionnel, l’ancien président de l’Assemblée nationale a fait une reconversion lucrative dans le privé après sa défaite aux législatives de juin 2022. Lors de son premier exercice, sa société de conseil a réalisé plus de 500 000 euros de bénéfices.
Annoncé à la tête du Conseil constitutionnel sur proposition d’Emmanuel Macron, l’ancien président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand a opéré une juteuse reconversion dans le business après sa défaite aux élections législatives de juin 2022 dans le Finistère. Le 12 août 2022, ce soutien de la première heure du chef de l’Etat a créé une société baptisée Messidor – du nom d’un mois du calendrier révolutionnaire – ayant pour objet de « fournir une assistance et des prestations de conseil et d’appui » et dont il est l’unique actionnaire.
881 250 euros de chiffres d’affaires
Dès 2023, lors de son premier exercice annuel complet, la société de Richard Ferrand a réalisé un chiffre d’affaires de 881 250 euros – dont 380 000 euros à l’étranger. Un business très rentable, car il a tiré de cette somme un bénéfice net – donc après impôts – de 505 463 euros, selon les « comptes annuels » de « l’exercice clos au 31 décembre 2023 » que Richard Ferrand a déposés au registre du commerce et de…
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3. ARTICLE – Jean-Éric Schoettl : «La désignation du président du Conseil constitutionnel doit être à l’abri de tout reproche de partialité»
Par Jean-Eric Schoettl. 4 février LE FIGARO
Alors qu’Emmanuel Macron envisage de nommer Richard Ferrand à la tête de l’institution, l’ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel rappelle l’importance de désigner à ce poste une personnalité à l’abri de tout soupçon de connivence personnelle avec les responsables politiques.
Nous voici à la veille du renouvellement partiel du Conseil constitutionnel. Trois nouveaux membres doivent prendre leurs fonctions au mois de mars prochain : son président, nommé par le chef de l’État, un membre nommé par le président du Sénat et un autre par le président de l’Assemblée nationale.
Ces nominations sont très importantes, parce que le rôle du Conseil constitutionnel est devenu considérable dans notre système politico-juridique : il est le juge des lois, tant avant leur promulgation (recours des parlementaires) qu’a posteriori(questions prioritaires de constitutionnalité soulevées par les citoyens) ; il est le juge des élections législatives et sénatoriales ; il supervise l’élection présidentielle et les référendums nationaux. En temps ordinaire, et plus encore dans la période sans repères que nous traversons, il doit être un point d’appui de la démocratie, une référence incontestable de notre ordre juridique, un facteur d’apaisement des débats, apte à concilier…
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