
1. ARTICLE – Gérald Darmanin estime que pour 2027, « il faudra bien un processus de sélection », et « peut-être une primaire », dans le camp d’Emmanuel Macron
« Si ça n’est pas évident de dire quel est le meilleur d’entre nous » pour la présidentielle de 2027, « il faudra peut-être faire un processus de sélection qu’on appelle la primaire », a estimé dimanche Gérald Darmanin, sur BFM-TV.
« Si jamais personne ne se dégage – c’est ma volonté que quelqu’un se dégage –, il faudra bien un processus de sélection. Ou alors on sera plusieurs candidats et donc on [ne] sera pas au second tour : on sera sans doute très contents d’être soi-même, mais on sera tout seul et les Français nous en voudront énormément », a déclaré dimanche 8 février Gérald Darmanin. Sur BFM-TV, l’actuel garde des sceaux répondait à des questions au sujet de l’élection présidentielle de 2027.
M. Darmanin a aussi estimé que, pour la prochaine présidentielle, « l’important, c’est le projet, pour quoi faire ». « Après, il faudra peut-être qu’on réfléchisse à comment on sélectionne notre candidat parce qu’il n’en faut qu’un seul », a-t-il prévenu, « sinon on va avoir Mme Le Pen contre M. Mélenchon au second tour de l’élection présidentielle ». « Et ce sera Mme Le Pen [qui gagnera]. »
« Dire quel est le meilleur »
« On devrait être capable de se dire quel est le meilleur d’entre nous et si [ce n’est] pas évident, alors il faudra peut-être faire un processus de sélection qu’on appelle la primaire », a-t-il ajouté.
M. Darmanin, membre du parti Renaissance après avoir longtemps adhéré à l’Union pour un mouvement populaire (UMP) puis au parti Les Républicains (LR), dont il avait été exclu lorsqu’il était devenu ministre d’Emmanuel Macron en 2017, a en outre déploré que sa famille politique soit « encore loin de l’union », notamment sur sa proposition de revenir sur le droit du sol, critiquée par la branche gauche de la Macronie.
« Quand on voit les réactions sur le droit du sol, parfois d’excommunication, on dit : “Tiens, on n’est pas encore prêt à rassembler 25 % de Français aux élections au premier tour”… C’est une maladie infantile qu’il faut qu’on corrige », a-t-il déclaré.
RAPPEL D’UN ARTICLE DE 2023
2. ARTICLE – Gérald, Edouard, Bruno, Gabriel et les autres… Le bal des ambitions pour 2027 est ouvert
L’affaiblissement d’un « président empêché » ouvre la porte à une bataille précoce en vue de la présidentielle de 2027. Au risque de fracturer une majorité déjà fragile et d’ajouter à l’incertitude du moment politique, explique, dans sa chronique, Solenn de Royer, journaliste au « Monde ».
Solenn de Royer. Publié le 26 août 2023 LE MONDE
Au sommet de l’Etat, tout le monde l’avait théorisé : les hostilités pour 2027 ne devaient pas démarrer avant les Jeux olympiques de 2024, à mi-quinquennat. Las. Sous les coups de boutoir de Gérald Darmanin, le bal des ambitions s’est ouvert dès cette rentrée. En déclarant mi-août dans Le Figaro qu’il se projetait désormais vers 2027, l’éconduit de Matignon a agacé de nombreux élus de la majorité, dénonçant un crime de lèse-majesté. A l’été 2022, l’intéressé assurait pourtant devant Le Monde qu’il était bien trop tôt pour penser à la prochaine présidentielle. « Nous devons tous être assez intelligents pour comprendre que le combat, ce n’est pas maintenant, c’est 2025 », confiait-il en marge d’un déplacement à Mayotte. Puis : « Le premier qui franchira la ligne sera handicapé pour la suite… »
Finalement, comme jadis son mentor, Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin a lancé les grandes manœuvres, un an seulement après la réélection d’Emmanuel Macron. Il y a vingt ans, aussitôt après la délicate réélection de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen, le ministre de l’intérieur de l’époque (parallélisme des formes !) avait lui aussi fait part de ses ambitions, en déclarant, dès 2003, qu’il pensait à 2007, et « pas seulement en [se] rasant ». On connaît la suite.
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Mais la voie pour les candidats à la succession de M. Macron étant très embouteillée, chacun doit chercher un créneau pour se distinguer, s’aménager un espace politique. Gérald Darmanin, lui, vise les « classes populaires », « la clé » du futur scrutin. « Il ne faut pas laisser l’électorat populaire seul avec le RN [Rassemblement national] », confie-t-il, se désolant que personne, dans la majorité, ne s’adresse à cet électorat. Lui qui n’a de cesse de rappeler ses origines modestes veut croire que son positionnement « séguino-chevènementiste » lui permettra de se différencier de ses rivaux, l’ex-premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, lesquels « se disputent le créneau libéral et progressiste ».
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