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LES PRÉSIDENTIELLES (1), PRÉOCCUPATION MAJEURE – LA « POPOL » ET LE DECLIN DE LA DÉMOCRATIE – G.DARMANIN
1. ARTICLE – Bruno Retailleau se lance dans la course à la tête de LR, au bord d’une « guerre des chefs »
Paris – Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a annoncé mercredi sa candidature à la présidence des Républicains, un premier pas qui pourrait le propulser dans la course à l’Elysée et déclencher une guerre des chefs à droite
Publié le 12 février 2025 L’OPINION
Porté par les sondages où il a bondi depuis son arrivée à Beauvau en septembre, le ministre a choisi d’annoncer sa candidature dans un courrier adressé aux militants qui devraient être appelés à élire le nouveau président de LR lors d’un congrès ce printemps.
« Aujourd’hui, je veux faire pour mon parti ce que je fais à la tête de mon ministère : parler vrai et agir vite », écrit-il dans ce message dont l’AFP a obtenu une copie, confirmant une information du Figaro.
Surfant sur les récentes victoires de la droite à la mairie de Villeneuve-Saint-Georges (94) et lors d’une législative partielle dans son fief de Boulogne-Billancourt (92), succès attribués à sa participation au gouvernement par ses partisans, Bruno Retailleau donne ainsi un coup d’accélérateur à sa campagne avant un bureau politique crucial prévu lundi pour fixer la date du congrès. Et prend également le risque de déclencher une « guerre des chefs dévastatrice » à droite.
Laurent Wauquiez l’avait prévenu lors d’un dîner en tête-à-tête il y a une semaine à Beauvau, où le patron des députés LR lui avait rappelé un « accord » entre les deux hommes sur la distribution des rôles. « A toi d’incarner la droite au gouvernement, à moi de reconstruire notre famille politique », l’avait mis en garde le patron des députés LR qui envisage également de se lancer dans la course pour 2027, avec l’intention lui aussi d’utiliser la présidence du parti de droite comme tremplin pour la présidentielle.
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« Voter ce n’est pas diviser ». Mercredi, l’entourage de Laurent Wauquiez a répété à l’AFP que Bruno Retailleau prenait la « lourde responsabilité d’ouvrir une guerre des chefs ». Dans son courrier, le ministre tente de rassurer : « Je ne veux pas de nouvelles déchirures et de nouvelles blessures dans notre parti », écrit-il, ajoutant qu’il ne se prêterait « pas au jeu des petites phrases ».
« Voter ce n’est pas diviser », a-t-il renchéri sur France Inter, estimant que sa candidature à la tête de LR il y a un peu plus de deux ans contre Eric Ciotti n’avait pas provoqué de guerre des chefs. Il avait alors obtenu 46,3 % des voix face au député des Alpes-Maritimes, qui a quitté ses fonctions à la tête du parti après avoir fait alliance en juin avec le Rassemblement national aux législatives, laissant le poste vacant depuis bientôt neuf mois.
Fort de sa popularité, M. Retailleau a reçu récemment le soutien de plusieurs personnalités de droite. L’ex-chef du gouvernement Michel Barnier l’a qualifié de « grand ministre », le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand soutient sa candidature, Louis Sarkozy, le fils de l’ancien président, le présente comme la « seule lumière » qui soit apparue dans « la triste séquence » de la dissolution… Et Xavier Bertrand a écarté sur BFMTV toute « contradiction » entre la présidence de LR et les fonctions de ministre de l’Intérieur, prenant l’exemple de Nicolas Sarkozy qui a conquis l’Elysée en 2007 en occupant ces deux postes. Le président des Hauts-de-France, qui s’est déjà déclaré candidat à la présidentielle, a toutefois réfuté le « caractère automatique » entre la présidence de LR et la course à l’Elysée.
D’autres candidats potentiels de droite proposent d’ailleurs des primaires ouvertes pour désigner un seul candidat qui ne serait pas éliminé au premier tour comme lors des deux dernières présidentielles, à l’image du ministre de la Justice Gérald Darmanin ou de David Lisnard, le président de l’Association des maires de France (AMF). Dans son courrier aux militants, Bruno Retailleau appelle à « agir vite », estimant qu’« une nouvelle dissolution est possible et qu’il nous faut rapidement nous mettre en ordre de bataille ».
2. ARTICLE – Après Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez annonce sa candidature à la présidence des Républicains
Au lendemain de l’annonce du ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, c’est au tour du patron des députés LR de faire acte de candidature.
Le président du groupe des Républicains (LR) à l’Assemblée nationale, Laurent Wauquiez, annonce à son tour, jeudi 13 février, sa candidature à la présidence du parti LR. « Je suis candidat à la présidence des Républicains. C’est le sens de toute l’action que je mène depuis des mois », a-t-il fait savoir dans un entretien mis en ligne sur le site du Figaro.
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S’il dit souhaiter éviter « une guerre de chefs » à droite, il s’en prend dans cette interview à son rival Bruno Retailleau en estimant que « la France a besoin d’un ministre de l’intérieur à temps plein ». L’entourage de M. Wauquiez avait accusé la veille le ministre de l’intérieur d’avoir pris la « lourde responsabilité » d’un conflit interne en lançant sa propre candidature à la tête du mouvement et en devançant le député de Haute-Loire. « Nous savons trop ce que les divisions nous ont coûté par le passé. Je suis convaincu que nous devons continuer à avancer en équipe », écrit-il dans une lettre adressée aux militants LR.
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« Je ne dois rien à François Bayrou. J’ai donc la liberté de porter la parole de la droite sans être lié par la solidarité gouvernementale », a ajouté le patron des députés, dans l’entretien au Figaro, pour se démarquer de son adversaire, avant une réunion publique à Valence, sur ses terres d’Auvergne-Rhône-Alpes, qui prend l’allure d’un premier meeting de campagne.
Volonté de « rassembler »
A l’issue d’un conseil stratégique de LR, qui s’est tenu au petit matin au siège du parti jeudi, Bruno Retailleau a rejeté les accusations de l’entourage du député de Haute-Loire, qui lui reproche de ne pas avoir respecté un accord sur la distribution des rôles passé entre les deux hommes, l’un prenant le parti et l’autre entrant au gouvernement. « Voter, ce n’est pas diviser. La démocratie a été inventée pour éviter la guerre, avec des règles », s’est défendu Bruno Retailleau à l’issue de la réunion, rappelant que Laurent Wauquiez avait lui aussi essayé d’entrer au sein des exécutifs successifs de Michel Barnier et de François Bayrou.
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Promettant de « faire tout pour aider Bruno Retailleau à obtenir des résultats » Place Beauvau s’il prend la tête des Républicains, tout en se disant convaincu que « chacun est utile dans son rôle », Laurent Wauquiez assure que sa « première responsabilité comme président » de LR « sera de rassembler ». Le patron des députés entend également se rendre dans « chacune des fédérations LR » pour aller à la rencontre des adhérents, qui devront désigner au printemps le nouveau patron de la droite, la date devant être fixée lundi lors d’un bureau politique.
Il affirme croire en « une coalition de la droite large, capable de parler aussi bien des gens qu’on a perdus en direction d’Eric Zemmour ou du Rassemblement national, que des électeurs qui sont allés vers Emmanuel Macron ».