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OQTF ET FRAUDE À L’AME : UN DÉTOURNEMENT DE 28 MILLIONS D’EUROS

ARTICLE – Égyptiens sous OQTF et fausses attestations AME : Île-de-France Mobilités victime d’une fraude à 28 millions d’euros

Un groupe d’escrocs égyptiens a réussi à vendre plusieurs dizaines de milliers de faux justificatifs de réduction pour le pass Navigo. Une fraude massive, qui représente un manque à gagner de 28 millions d’euros pour le réseau de transports francilien, a annoncé Valérie Pécresse.

Baudoin Moucadel14/02/2025 JDD

28 millions d’euros : c’est la somme astronomique qu’un groupe d’escrocs égyptiens a réussi à arnaquer à Île-de-France Mobilités (IDFM), société gérante des transports en commun parisiens. Valérie Pécresse, présidente de la région, a dévoilé le pot aux roses ce jeudi 13 février.

Comme le rapporte Le Figaro, c’est en 2022 qu’est détectée pour la première fois la trace de cette fraude massive. Sur le dark web, des individus proposaient des justificatifs permettant d’obtenir 75 % de réduction sur le pass Navigo. « Une opération d’une telle ampleur, c’est du jamais vu », lâche le directeur des affaires juridiques d’IDFM, Emmanuel Grandjean auprès du quotidien.

OQTF et mandats de dépôt

Cinq hommes sont alors identifiés par la police française. Tous sont d’origines égyptiennes. Début 2023, à la suite d’une plainte d’IDFM, quatre hommes d’entre eux sont interpellés. Un cinquième, le chef de la bande, parvient à prendre la fuite en Égypte. Les preuves, récupérées par les enquêteurs dans les ordinateurs du groupe, sont accablantes : 85 000 contrevenants ont pu profiter du justificatif frauduleux, et économiser ainsi 75 % sur leur abonnement Navigo.

Visés par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), deux d’entre eux sont rentrés dans leur pays d’origine. Le troisième est resté en France, tandis qu’un autre dort toujours derrière les barreaux. Le cinquième, cerveau de la bande toujours en fuite, fera pour sa part bientôt l’objet d’un mandat d’arrêt international – en cours d’émission par la justice.Ces derniers parvenaient à « réaliser des fausses attestations AME [Aide médicale d’État, NDLR] extrêmement fidèles » aux vraies « avant de les revendre » ensuite sur le réseau social Telegram, explique le directeur général d’IDFM, Laurent Probst, au Figaro.

Les quatre prévenus sont alors condamnés en 2023 par le tribunal correctionnel de Paris à des peines allant de 24 mois de prison avec sursis (assortie d’une interdiction du territoire français), à 30 mois de prison avec mandat de dépôt immédiat. L’ensemble du groupe a également été condamné à verser 184 851 euros à IDFM, en réparation du préjudice matériel.

IDFM amorçe désormais un grand travail d’analyse, afin de vérifier l’identité des personnes ayant pu profiter de la supercherie. L’objectif final étant de mettre fin à leur abonnement. « Lancer 85 000 actions en justice contre 85 000 personnes sera tout bonnement impossible », reconnaît le directeur des affaires juridiques d’IDFM. Valérie Pécresse a annoncé ce jeudi le lancement de nouvelles mesures afin de lutter de manière plus efficace contre la fraude dans les transports en commun parisiens.

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