
Prises de position politiques : la nouvelle « doctrine » de SciencesPo
Le nouveau directeur de Sciences Po, Luis Vassy, peinant à positionner l’institution avait déclaré que ScPo n’est ni une ONG ni une AMBASSADE …
« Nous ne sommes ni une ONG, ni une ambassade mais une université »
À présent, il propose d’appliquer « un principe général de réserve institutionnelle » et de ne prendre position dans le débat public que sur « les sujets qui concernent sa mission ».
On comprend mal l’aspect opérationnel de cette posture.
L’objectif était de clarifier, et de sortir de la confusion. Est ce réussi ?
L’an dernier, l’établissement a été au cœur de la mobilisation pro-palestinienne dans les universités, jusqu’à faire intervenir les forces de l’ordre dans son enceinte et à devoir saisir le Conseil d’État pour faire annuler une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan.
« L’année 2024 a été une année difficile mais face à cela, il ne faut être ni dans le déni, ni dans l’alarmisme », indique Luis Vassy, nommé le 28 septembre dernier. « Il faut repartir de l’avant, apaiser les choses et elles le sont très largement. »Par ailleurs, « les fondations de Sciences-Po sont extrêmement solides ».
ARTICLE – Prises de position politiques : la nouvelle « doctrine » de Sciences Po
Le nouveau directeur de Sciences Po, Luis Vassy, propose d’appliquer « un principe général de réserve institutionnelle » et de ne prendre position dans le débat public que sur « les sujets qui concernent sa mission ».
16 FÉVRIER 2025 CHALLENGES
Ils planchaient dessus depuis le printemps 2024 et viennent de publier leurs conclusions. Florence Haegel, professeure en science politique, Marie Mawad, journaliste et doyenne de l’École de journalisme de Sciences Po, et Jeremy Perelman, professeur associé en droit à Sciences Po et directeur des affaires internationales, ont présenté à la presse, le 12 février dernier, le rapport remis en décembre au directeur de Sciences Po, Luis Vassy, intitulé Mission sur la prise de position institutionnelle : la doctrine de Sciences Po.
Ils avaient été missionnés en juin dernier par Jean Bassères, alors administrateur provisoire de Sciences Po, qui avait pointé « la nécessité d’engager une réflexion approfondie sur la question du positionnement institutionnel de Sciences Po s’agissant des conflits, ou plus largement des enjeux politiques et géopolitiques contemporains ». Le contexte était alors celui des manifestations et occupations de campus par des groupes d’étudiants pro-palestiniens, réclamant une prise de position de l’IEP de Paris sur la guerre dans la bande de Gaza.