
1. PRÉCÉDENTES PUBLICATIONS DE METAHODOS :
ALERTE – LA FRANCE REDEVIENT UNE DÉMOCRATIE « DÉFAILLANTE » ET SORT DU TOP 25 DES DÉMOCRATIES « COMPLÈTES »
https://metahodos.fr/2025/03/03/88062/
PALMARÈS MONDIAL DES DÉMOCRATIES : LA FRANCE DÉGRADÉE AU 26eme RANG ET DEVENUE DEMOCRATIE DÉFAILLANTE
https://metahodos.fr/2025/03/04/88066/
EFFONDREMENT DE LA FRANCE AU CLASSEMENT DES DÉMOCRATIES POUR LA DENSITÉ DE CORRUPTION
https://metahodos.fr/2025/02/11/effondrement-de-la-france-au-classement-des-democraties-du-monde/
CORRUPTION : EFFONDREMENT DE LA FRANCE DANS LE CLASSEMENT DES DÉMOCRATIES –
https://metahodos.fr/2025/02/16/87379/
2. RAPPORT – Mesurer la démocratie
Études sur la colline – Zachariah Black, Affaires internationales et services de référence intégrés – BJ Siekierski, Affaires internationales et services de référence intégrés – PARLEMENT DU CANADA
Publication n° 2024-03-F
Contenu
- Résumé exécutif
- 1 Introduction : Pourquoi mesurer la démocratie ?
- 2 Définition et mesure de la démocratie
- 3 Index de Freedom House
- 4 L’indice de l’Economist Intelligence Unit
- 5 variétés de l’indice de démocratie
- 6 Conclusion
- Remarques
Résumé exécutif
L’ouvrage Measuring Democracy examine trois indices de démocratie largement utilisés : ceux produits par Freedom House, l’Economist Intelligence Unit et Varieties of Democracy (V-Dem). Cette étude HillStudy explique le fonctionnement de ces indices, la manière dont chacun d’eux évalue l’état de la démocratie au Canada, leurs différences et certaines limites possibles de leurs approches.
L’article montre que la démocratie est un concept vaste et varié qui n’est pas facile à définir. Les efforts visant à mesurer la démocratie impliquent donc nécessairement des décisions subjectives sur la manière de définir la démocratie, de trouver des preuves de son existence sur le terrain et de compiler ces preuves sous forme d’un score numérique.
Différents choix de mesures produisent des résultats différents. Le Canada a tendance à se classer plus près du sommet dans certains indices que dans d’autres, même s’il se classe systématiquement bien par rapport à la plupart des autres pays. Les pays qui ont tendance à être les mieux classés – et, dans une moindre mesure, les plus bas – ne sont pas les mêmes pour chaque indice. Par exemple, en 2023, aucun pays ne s’est classé parmi les trois premiers de chaque indice. Toutefois, cette variation ne doit pas être surestimée : il existe un consensus vague entre les trois indices quant aux pays les plus et les moins démocratiques.
Cette étude de HillStudy montre également que les politologues et d’autres observateurs ont identifié d’éventuelles limites pour chaque indice. Il convient de noter que l’indice le plus sophistiqué sur le plan méthodologique – celui du V-Dem – est très transparent à certains égards mais opaque à d’autres.
Même s’il n’est pas possible de parvenir à une mesure parfaite de la démocratie, les indices de démocratie fournissent néanmoins des repères qui permettent des comparaisons relativement rigoureuses de l’état de la démocratie d’une année sur l’autre, tant à l’échelle mondiale qu’au niveau de chaque pays.
1 Introduction : Pourquoi mesurer la démocratie ?
Ces dernières années, un nombre croissant d’observateurs estiment que le monde devient moins démocratique. Selon le rapport Freedom in the World 2024 de Freedom House , la liberté mondiale a reculé en 2023 pour la 18e année consécutive.1 Des inquiétudes ont même été soulevées au sujet de l’état de la démocratie dans des démocraties de longue date dotées d’institutions solides, ce qui nous rappelle que les institutions démocratiques ne sont pas autonomes. Les Canadiens – comme les citoyens du monde entier – ont de bonnes raisons de vouloir savoir comment se porte la démocratie au pays et à l’étranger. Mais comment obtenir une réponse fiable à une question aussi vaste et complexe ?
Un indice de démocratie est un outil conçu pour répondre à cette question. Les indices de démocratie tentent de mesurer la démocratie de manière objective, transparente et rigoureuse. Les plus ambitieux d’entre eux aspirent à collecter des données sur chaque pays du monde et à regrouper ces données dans des scores ou des classifications individuels, ou les deux. Étant donné que la même méthode est utilisée pour évaluer l’état de la démocratie dans chaque pays, les scores peuvent être utilisés pour comparer les pays et même pour classer les pays du plus au moins démocratique. Certains indices de démocratie sont publiés chaque année, ce qui permet aux utilisateurs de suivre l’augmentation ou la diminution des niveaux de démocratie au fil du temps.
Si les indices de démocratie sont censés mesurer la démocratie, ils peuvent également l’influencer. Au sens large, on peut dire qu’un indice exerce une pression sur les gouvernements en rendant publiques leurs réussites et leurs échecs. Pour illustrer leur influence, l’Inde a annoncé en mars 2024 la publication de son propre indice de démocratie, apparemment par crainte que les évaluations négatives des trois indices évoqués dans cette étude HillStudy ne nuisent à sa notation de crédit.Les indices de démocratie peuvent également éclairer les décisions de politique étrangère : par exemple, les rapports Freedom in the World de Freedom House ont été utilisés par les organismes gouvernementaux aux États-Unis pour guider les décisions concernant l’allocation de l’aide étrangère et pour évaluer les efforts de promotion de la démocratie, comme indiqué ci-dessous.
La mesure de la démocratie est complexe et exige des analystes qu’ils prennent une série de décisions subjectives. Différentes approches peuvent produire des conclusions différentes sur les pays individuels et sur l’état de la démocratie à l’échelle mondiale. Dans ce qui suit, nous examinons trois indices de démocratie largement utilisés : ceux de Freedom House, de l’Economist Intelligence Unit (EIU) et de Varieties of Democracy (V-Dem). Cette étude HillStudy explique le fonctionnement de chacun de ces indices, la manière dont ils évaluent l’état de la démocratie au Canada, en quoi ils diffèrent les uns des autres et certaines limites possibles de leurs approches.3
2 Définition et mesure de la démocratie
Étymologiquement, la démocratie est une combinaison des mots grecs anciens « peuple » ( demos ) et « pouvoir » ( kratos ). Mais la manière dont le pouvoir du peuple peut s’exercer au mieux dans des institutions démocratiques est autant une question morale et philosophique qu’empirique. Ce qui suit est une présentation schématique de certains des choix importants auxquels sont confrontés un individu ou une organisation qui tente de mesurer la démocratie, ainsi qu’une brève réflexion sur les conséquences potentielles de ces choix.4
Les compilateurs d’indices de démocratie doivent d’abord déterminer ce qu’ils recherchent : ils doivent tirer des conclusions sur ce qu’est la démocratie et sur ce qui rend un pays plus ou moins démocratique. Certains attributs ne prêtent pas à controverse : des élections libres et équitables et la liberté de la presse sont largement considérées comme des attributs fondamentaux de la démocratie.5 D’autres attributs possibles sont plus controversés. Par exemple, un indice considère le vote obligatoire comme pro-démocratique, tandis qu’un autre le considère comme anti-démocratique.Lesdécisions initiales sur ce que sont ou ne sont pas les caractéristiques d’une démocratie guideront inévitablement le reste du processus de mesure.
Dans un deuxième temps, les compilateurs d’indices de démocratie doivent décider comment ils mesureront les attributs qu’ils ont identifiés comme fondamentaux. Ils doivent passer d’un concept comme des élections libres et équitables à une série d’« indicateurs » du monde réel – comme les lois électorales et la présence de véritables partis d’opposition – dont la présence ou l’absence « indique » l’existence d’élections libres et équitables. Il y a ici beaucoup de place pour les variations. En 2018, un groupe de politologues examinant la situation a écrit que « presque tous les chercheurs qui ont tenté de mesurer la démocratie ont utilisé des indicateurs différents. La situation est confuse. »7
Troisièmement, les compilateurs d’indices de démocratie doivent décider comment combiner chaque indicateur pour obtenir un score global. Par exemple, Freedom House attribue à chacun de ses indicateurs un poids égal et les additionne pour produire un score total sur 100. En revanche, V-Dem attribue à ses indicateurs des poids uniques et produit un score total en additionnant et en multipliant les indicateurs. Différentes décisions sur la manière d’agréger les scores des indicateurs produiront également des résultats différents.
Enfin, si un indice de démocratie souhaite évaluer l’état mondial de la démocratie, il doit faire plusieurs choix supplémentaires, notamment celui de savoir s’il doit être évalué par pays ou par population. Si l’indice utilise une évaluation basée sur la population, alors l’état de la démocratie dans un très grand pays comme l’Inde aura une influence majeure sur les conclusions auxquelles il parviendra sur l’état mondial de la démocratie.8
3 Index de Freedom House
Freedom House, une organisation à but non lucratif basée à Washington, DC, a commencé à proposer des rapports annuels sur la liberté dans le monde dans les années 1950. Ces rapports sont devenus plus complets en 1972, lorsque Freedom House a lancé une étude comparative annuelle sur la liberté. Désormais appelé rapport Freedom in the World , ce rapport annuel a une large portée et est cité dans des articles de journaux, des rapports de groupes de réflexion, des articles universitaires, des discours de politiciens, etc. Il convient de noter que l’ enquête Freedom in the World est destinée à mesurer la liberté , et non la démocratie , mais que l’indice de Freedom House est néanmoins souvent utilisé comme mesure de la démocratie. De plus, Freedom House considère qu’il existe une corrélation entre le niveau de liberté d’un pays et son niveau de démocratie.9
Le rapport Freedom in the World classe la liberté sur une échelle de -4 à 100, où -4 correspond au niveau de liberté le plus bas et 100 au niveau de liberté le plus élevé. Les pays et territoires se voient attribuer une note de zéro à quatre pour chacun des 25 indicateurs, ce qui leur donne une note globale sur 100. Les 25 indicateurs sont divisés en deux catégories principales – Droits politiques et Libertés civiles – et sept sous-catégories. Une question facultative supplémentaire portant sur les changements démographiques forcés permet de soustraire jusqu’à quatre points à la note globale d’un pays ou d’un territoire, ce qui peut donner lieu à une note inférieure à zéro.10
Chaque indicateur prend la forme d’une question : par exemple, « Le gouvernement fonctionne-t-il de manière ouverte et transparente ? » ou « Existe-t-il un système judiciaire indépendant ? » Selon Freedom House, les indicateurs utilisés pour noter chaque pays et territoire sont tirés de la Déclaration universelle des droits de l’hommede 1948 des Nations Unies .
Chaque indicateur est évalué par une équipe d’analystes qui s’appuient sur diverses sources, notamment des articles de presse, des analyses universitaires, des rapports d’organisations non gouvernementales et des recherches sur le terrain. Les analystes défendent ensuite leurs notes proposées lors d’une série de réunions d’évaluation avant qu’une note finale ne soit déterminée. Les notes sont déterminées en fonction des événements survenus dans un pays au cours d’une année donnée. Cependant, Freedom House ne modifie généralement la note d’un pays par rapport à l’année précédente qu’en réponse à des événements majeurs, favorisant ainsi la continuité des notes.11
En plus d’un score numérique, chaque pays est classé comme « libre », « partiellement libre » ou « non libre », sur la base d’une agrégation de leurs scores en matière de droits politiques et de libertés civiles lorsqu’ils sont pondérés de manière égale.
3.1 Résultats du Canada

Comme l’indique le tableau 1, le Canada a obtenu en 2023 une note de 39 sur 40 en matière de droits politiques. Le pays a obtenu une note de quatre sur quatre pour neuf des dix indicateurs de cette catégorie et une note de trois sur quatre pour un indicateur qui mesure si le gouvernement fonctionne avec ouverture et transparence. Selon l’évaluation de Freedom House, « les Canadiens qui demandent des informations aux gouvernements fédéral et provinciaux sur les politiques publiques et les décisions gouvernementales sont confrontés à de longs délais et à des frais excessifs, et reçoivent souvent des documents fortement expurgés ».Deplus, une loi de 2019 modifiant la Loi sur l’accès à l’information a été jugée « complètement inefficace », et aucune annonce n’a été faite en 2023 concernant des projets de réforme supplémentaire.Le changement de score sur cet indicateur représente une baisse par rapport à 2022, lorsque le Canada avait reçu une note de quatre sur quatre .
En 2023, le Canada a obtenu un score de 58 sur 60 en matière de libertés civiles. Cela correspond à un score de quatre sur quatre pour 13 des 15 indicateurs de cette catégorie, et à un score de trois sur quatre pour deux indicateurs. Le premier de ces deux indicateurs mesure si les individus sont libres de pratiquer et d’exprimer leur foi ou leur non-croyance religieuse en public et en privé. Pour expliquer pourquoi le Canada n’a obtenu que trois sur quatre, Freedom House a cité l’adoption par le Québec en 2019 du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État, qui interdit à certains employés du secteur public de porter certains symboles religieux au travail.
Le deuxième indicateur des libertés civiles pour lequel le Canada a reçu une note de trois sur quatre mesure si les lois, les politiques et les pratiques garantissent un traitement égal des différents segments de la population. Freedom House affirme que « les Canadiens noirs et autochtones demeurent victimes de discrimination généralisée, souffrent d’insécurité alimentaire et ont un accès inégal à l’éducation, aux soins de santé, aux services publics et à l’emploi ».Freedom House a noté que des progrès ont été réalisés sur cette question, mais qu’ils ont été lents.
Le tableau 2 montre le score global et le classement déduit de Freedom House au Canada (à égalité avec quatre autres pays) pour 2023, ainsi que les trois premiers et les trois derniers scores en 2023.Tableau 2 – Résultats globaux et classements déduits de Freedom House : pays et territoires sélectionnés, 2023Pays ou territoireNote globale (sur 100)Classement déduit (sur 210)
Finlande1001
Nouvelle-Zélande
Suède992 (à égalité)
Norvège984
Canada
Danemark
Irlande
Luxembourg
Pays-Bas
Saint-Marin975 (à égalité)
Soudan du Sud
Syrie1207 (à égalité)
Tibet (territoire)0209
Haut-Karabakh(territoire)-3210Note:Freedom House n’attribue pas de classement numérique à chaque pays et territoire. Les classements déduits ont été déterminés par les auteurs sur la base des scores de Freedom House pour chaque pays et territoire.Source:Tableau préparé par la Bibliothèque du Parlement à partir de données obtenues de Freedom House, «
Global Freedom Scores », Pays et territoires, base de données, 10 juin 2024.
Le Canada obtient un score très élevé dans le classement mondial de Freedom House. Selon l’édition 2024 du rapport (qui couvre les événements de 2023), seules la Finlande (100), la Suède (99), la Nouvelle-Zélande (99) et la Norvège (98) obtiennent des scores supérieurs au Canada (97).15
3.2 Limitations possibles de l’approche
L’une des critiques de l’approche de Freedom House est que les classements de l’organisation reflètent une « idéologie pro-américaine ».16Certains politologues ont affirmé que Freedom House tend à classer les alliés des États-Unis plus haut et les non-alliés plus bas que les autres indices de démocratie.Les observateurs ont également noté l’existence de nombreux liens informels entre Freedom House et le gouvernement américain , ainsi que l’utilisation par le gouvernement américain des classements de Freedom House pour déterminer l’allocation de certaines aides internationales et pour évaluer certains efforts de promotion de la démocratie à l’étranger.Il convient toutefois de noter à cet égard que le score de Freedom House pour les États -Unis a diminué ces dernières années, passant d’un score de 92 en 2014 à un score de 83 en 2024.19
De même, des observateurs ont suggéré que les critères de Freedom House sont étroitement alignés sur une conception américaine de la démocratie qui accorde plus de poids à certains droits libéraux (notamment ceux liés à la liberté de ne pas subir d’ingérence de l’État) qu’à d’autres caractéristiques potentiellement importantes de la démocratie, comme la justice sociale, l’égalité économique et la participation politique.20Cependant, Yana Gorokhovskaia de Freedom House affirme que « le personnel de Freedom House fait un effort concerté pour trouver des personnes qui vivent, travaillent, étudient ou sont originaires des pays et territoires qu’ils évaluent pour l’enquête. » En 2022, 72 % des analystes de Freedom House étaient basés hors des États-Unis21
Les politologues Jan Erk et Wouter Veenendaal ont fait valoir que Freedom House avait tendance à évaluer les micro-États – comme Palau et les Seychelles – de manière trop peu critique. Erk et Veenendaal soutiennent que cela est dû au fait que l’approche de Freedom House privilégie les « aspects les plus formels de la démocratie », comme une disposition constitutionnelle limitant le pouvoir exécutif, au détriment des « relations de pouvoir réelles et des voies d’influence », comme le rôle des réseaux de parenté dans la détermination des nominations politiques. Comme il y a généralement moins de données disponibles pour les micro-États que pour les États plus grands, Erk et Veenendaal soutiennent que les codeurs s’appuient encore plus sur l’existence d’institutions formelles, ce qui conduit à une évaluation incomplète et trop charitable de certains micro-États.22
Une autre ligne de critiques affirme que Freedom House n’est pas aussi scientifique ou transparent que d’autres indices de démocratie.23 Une évaluation influente des indices de démocratie publiée en 2002 par les politologues Gerardo L. Munck et Jay Verkuilen a critiqué Freedom House. Le principal problème identifié par Munck et Verkuilen était la méthode utilisée par Freedom House pour agréger les scores des indicateurs en un score total ; ils ont conclu que Freedom House n’avait pas accordé l’attention voulue aux complexités impliquées dans l’agrégation de diverses mesures de la démocratie en une évaluation globale.24
Selon Yana Gorokhovskaia, Freedom House invite régulièrement des chercheurs universitaires à revoir sa méthodologie. Elle note que l’organisation « reste ouverte à la collaboration et à la discussion avec d’autres chercheurs ».25
4 L’indice de l’Economist Intelligence Unit
L’Indice de démocratie, publié pour la première fois en 2006, est un produit de l’ EIU , la division de recherche et d’analyse basée à Londres, au Royaume-Uni, du groupe The Economist, la société sœur du magazine The Economist .
L’indice utilise 60 questions pour créer des indicateurs regroupés en cinq catégories : processus électoral et pluralisme (12 indicateurs) ; fonctionnement du gouvernement (14 indicateurs) ; participation politique (9 indicateurs) ; culture politique (8 indicateurs) ; et libertés civiles (17 indicateurs).
Les indicateurs utilisent une combinaison d’un système de notation dichotomique et à trois points ; c’est-à-dire que certains indicateurs sont limités aux réponses « oui » ou « non », avec un ou aucun point attribué, tandis que d’autres indicateurs sont notés sur une échelle à trois points composée de 0, 0,5 ou 1 point.
Vous trouverez ci-dessous des exemples de chaque système de notation :
- Le suffrage universel est-il ouvert à tous les adultes ? À l’exception des exclusions généralement acceptées (par exemple, les non-ressortissants, les criminels, les membres des forces armées dans certains pays). 1 : Oui. 0 : Non. …
- Femmes au parlement. % de députés qui sont des femmes. 1 si plus de 20 % des sièges. 0,5 si 10–20 %. 0 si moins de 10 %.26
Chaque indicateur est évalué à partir d’une combinaison d’évaluations d’experts et d’enquêtes d’opinion publique. Selon l’ EIU , le recours aux enquêtes constitue « un aspect crucial et différenciant » de son approche.L’enquête principale utilisée par l’indice est celle du World Values Survey (WVS), un « réseau mondial de chercheurs en sciences sociales basé à Stockholm qui étudie l’évolution des valeurs et leur impact sur la vie sociale et politique » .28 Toutefois, l’ EIU utilise également d’autres sondages et enquêtes.29 Ils notent que « dans le cas de pays pour lesquels les résultats d’enquête manquent, les résultats d’enquête pour des pays similaires et l’évaluation d’experts sont utilisés pour combler les lacunes. »30
En substance, chaque catégorie reçoit un score égal à la somme des indicateurs de cette catégorie convertie sur une échelle de 0 à 10. Cependant, l’ EIU note également que l’échec d’un pays à obtenir un point dans quatre « domaines critiques pour la démocratie » peut entraîner des « ajustements des scores des catégories ».Ces quatre domaines sont :
- si les élections nationales sont libres et équitables ;
- la sécurité des électeurs ;
- l’influence des puissances étrangères sur le gouvernement; et
- la capacité de la fonction publique à mettre en œuvre des politiques.32
Le score global de l’Indice de démocratie est la moyenne des scores des cinq catégories d’indicateurs.33
L’indice classe les pays, en fonction de leurs scores globaux, dans l’un des quatre types de régimes suivants : démocraties à part entière (score de 8 sur 10 et plus) ; démocraties imparfaites (scores compris entre 6 et 8) ; régimes hybrides (scores compris entre 4 et 6) ; et régimes autoritaires (scores de 4 et moins).34
4.1 Résultats du Canada
Le tableau 3 présente les résultats du Canada dans chacune des cinq catégories de l’ indice de l’ EIU , ainsi que son résultat global et son classement mondial, au cours des cinq dernières années.Tableau 3 – Indice de l’Economist Intelligence Unit : résultats et classements mondiaux du Canada, 2019-2023AnnéeProcessus électoral et pluralisme (sur 10)Fonctionnement du gouvernement (sur 10)Participation politique (sur 10)Culture politique (sur 10)Libertés civiles (sur 10)Note globale (sur 10)Classement mondial (sur 167)20199,589.647.789.389.719.22720209,588.938,899.389.419.245202110,008.218,898.139.128.8712202210,008.578,898.138.828.8812202310,008.218,897,508.828.6913Sources:





Tableau préparé par la Bibliothèque du Parlement à partir de données obtenues de l’Economist Intelligence Unit (
EIU ),
Indice de démocratie 2019 : Une année de revers démocratiques et de protestations populaires (4,4 Mo, 73 pages);
EIU ,
Indice de démocratie 2020 : En bonne santé et en mauvaise santé ? (3,6 Mo, 75 pages);
EIU ,
Indice de démocratie 2021 : Le défi de la Chine (2,2 Mo, 85 pages);
EIU ,
Indice de démocratie 2022 : La démocratie en première ligne et la bataille pour l’Ukraine (4,8 Mo, 84 pages); et
EIU ,
Indice de démocratie 2023 : L’ère des conflits (5,3 Mo, 84 pages).
Le tableau 4 compare le score global et le classement mondial du Canada dans l’indice 2023 à ceux des trois pays les plus et les moins performants.Tableau 4 – Indice de l’Economist Intelligence Unit : scores globaux et classements mondiaux de certains pays, 2023PaysNote globale (sur 10)Classement mondial (sur 167)
Norvège9.811
Nouvelle-Zélande9.612
Islande9h453
Canada8.6913
Corée du Nord1.08165
Birmanie0,85166
Afghanistan0,26167Source:

Tableau préparé par la Bibliothèque du Parlement à partir de données obtenues de l’Economist Intelligence Unit, « Tableau 2 : Indice de démocratie 2023 »,
Indice de démocratie 2023 : L’ère des conflits (5,3 Mo, 84 pages),
p. 9 à 13.
Alors que le Canada se classait au 13e rang sur 167 (165 États indépendants et deux territoires) dans l’ indice 2023 de l’ EIU , il se classait encore au cinquième rang en 2020 (comme le montre le tableau 3). Dans l’indice 2021, le Canada a perdu sept places pour se classer au 12e rang , en raison d’une baisse significative dans la catégorie Culture politique. L’indice 2021 a souligné que la performance du Canada était considérablement inférieure à celle de 2020, en grande partie à cause des résultats de l’enquête WVS 2017-2020 , publiés en juillet 2021.35 L’indice a également démontré que l’impact le plus important des données WVS s’est fait sentir dans les catégories Fonctionnement du gouvernement et Culture politique. Comme le montre le tableau 3, le Canada a reculé dans les deux catégories en 2021 – de 8,93 à 8,21 dans la catégorie Fonctionnement du gouvernement et de 9,38 à 8,13 dans la catégorie Culture politique. L’indice a noté que les données WVS
Les résultats ont mis en évidence une amertume du sentiment public face à la pandémie de coronavirus, en particulier alors que le pays était aux prises avec une deuxième vague d’infections au cours de ce mois. Les résultats reflètent également la frustration suscitée par la réimposition des mesures de confinement de la pandémie, après leur annulation pendant les mois d’été, ainsi que les difficultés signalées pour accéder aux prestations d’aide du gouvernement fédéral pour lutter contre le coronavirus.36
4.2 Limitations possibles de l’approche
Certaines critiques à l’encontre de l’ indice de l’EIU portent sur la transparence et la validité des données. L’universitaire espagnol Jordi Mas Elias, par exemple, a souligné que l’indice ne fournit pas de données au niveau des indicateurs, ce qui rend difficile la compréhension des variations des scores d’une année à l’autre, au niveau des catégories.En ce qui concerne les indicateurs eux-mêmes, d’autres ont critiqué l’indice pour ne pas inclure d’indicateurs liés à la protection sociale, au bien-être social ou à l’égalité économique fondée sur les résultats.38
L’analyste Peter Tasker a critiqué l’anonymat des experts sur lesquels s’appuie l’ EIU ,39 et d’autres ont indiqué que l’ indice EIU classe systématiquement certains pays, comme la Russie et le Kazakhstan, plus haut que Freedom House parce que ces pays « s’en sortent relativement bien en termes de participation politique ».40
De son côté, l’ EIU reconnaît elle-même qu’« il n’existe pas de consensus sur la manière de mesurer la démocratie. Les définitions de la démocratie sont contestées et le débat sur le sujet est animé ».41 Il reconnaît également que l’Indice de démocratie n’inclut pas des éléments qui, « selon certains auteurs, sont également des composantes cruciales de la démocratie, comme les niveaux de bien-être économique et social. »42Il conclut néanmoins que l’indice « respecte la tradition dominante selon laquelle une variété de résultats sociaux et économiques peuvent être compatibles avec la démocratie politique, qui est un concept distinct ».43
5 variétés de l’indice de démocratie
V-Dem (Varieties of Democracy) est un projet de recherche administré par l’ Institut V-Dem , basé au Département de science politique de l’Université de Göteborg en Suède. V-Dem publie des rapports annuels sur la démocratie depuis 2017.44
Ces rapports sont basés sur la base de données de V-Dem , qui est « le plus grand ensemble de données mondiales sur la démocratie ».La base de données contient 367 indicateurs pour 179 pays, ce qui la rend plus précise que l’indice de Freedom House ou celui de l’ EIU .En outre, pour environ 80pays, la base de données étend la mesure de certains indicateurs jusqu’en 1789.La base de données offre donc un horizon temporel de comparaison beaucoup plus long que les indices de Freedom House ou de l’EIU .
V-Dem fait appel à des experts et à des assistants de recherche pour produire un score pour chaque pays : les assistants de recherche codent des indicateurs facilement observables (ou « factuels »), comme l’existence ou la non-existence de contraintes imposées par la loi à l’exécutif. Les experts codent des indicateurs difficiles à observer (ou « subjectifs »), comme la capacité du pouvoir législatif à contraindre l’exécutif dans la pratique.Chaque indicateur subjectif est évalué par un minimum de cinq experts ,49 qui codent l’indicateur en choisissant parmi un ensemble donné de réponses, qui sont souvent présentées sur une échelle de cinq points de 0 à 4.
Une fois les indicateurs codés, ils sont agrégés à plusieurs niveaux. Dans le cadre du processus d’agrégation, des pondérations spécifiques sont attribuées aux indicateurs et les relations entre eux sont prises en compte.50 De plus, V-Dem utilise un modèle statistique avancé pour agréger les jugements d’experts de manière à modérer les biais des experts et à tenir compte de l’incertitude entourant les estimations.Cette approche fournit une gamme de scores pour chaque indicateur, ainsi qu’une meilleure estimation, basée sur les écarts entre les experts, les évaluations des experts de leur propre incertitude et d’autres facteurs .
Au niveau le plus élevé, les indicateurs sont regroupés en cinq indices différents (ou « variétés ») de démocratie : l’indice de démocratie électorale, l’indice de démocratie libérale, l’indice de démocratie participative, l’indice de démocratie égalitaire et l’indice de démocratie délibérative.52 Cela signifie que chaque pays reçoit cinq notes au lieu d’une. V-Dem mesure cinq variétés différentes de démocratie pour tenter de refléter les diverses façons dont le terme « démocratie » est utilisé – bien que l’on considère que la démocratie électorale est fondamentale pour les quatre autres catégories, et que le score de démocratie électorale d’un pays influence son score dans les quatre autres catégories.
Les scores V-Dem sont également utilisés par un indice affilié aux régimes du monde, qui classe les pays en autocratie fermée, autocratie électorale, démocratie électorale ou démocratie libérale. Ces classifications sont utilisées dans les rapports annuels de V-Dem sur la démocratie, mais ne sont pas officiellement approuvées par V-Dem . Pour être classé comme démocratie libérale, un pays doit répondre aux critères de démocratie électorale tout en dépassant un certain seuil sur l’indice de la composante libérale – un sous-indice de l’indice de démocratie libérale – et trois autres indicateurs.53
5.1 Résultats du Canada
Le tableau 5 présente le score du Canada (qui est la meilleure estimation des évaluations des experts par V-Dem ) sur l’Indice de démocratie libérale, sa classification des régimes et son classement mondial au cours des cinq dernières années. Ici, l’accent est mis sur l’Indice de démocratie libérale, car il constitue la base des rapports de V-Dem sur la démocratie.54Tableau 5 – Variétés de démocratie : résultats du Canada, classifications des régimes et classements mondiaux, 2019-2023AnnéeIndice de démocratie libérale (meilleure estimation)Classification des régimesClassement mondial20190,78
Démocratie libérale (-)2120200,74
Démocratie libérale (-)2820210,75
Démocratie libérale 2420220,74
Démocratie électorale 2420230,76
Démocratie libérale (-)25Note:Le symbole moins (-) indique que la catégorisation du régime est statistiquement ambiguë et qu’il serait préférable de le classer comme le régime ci-dessous, à savoir la démocratie électorale. Il convient de noter que la typologie des régimes du monde n’est pas officiellement approuvée par le comité directeur
du V-Dem (variétés de démocratie).Sources:





Tableau préparé par la Bibliothèque du Parlement à partir de données obtenues de : Institut
V-Dem ,
Rapport sur la démocratie 2020 : L’autocratisation monte en puissance – la résistance s’accroît (17,0 Mo, 40 pages), mars 2020, p. 26 et 30; Institut
V-Dem ,
Rapport sur la démocratie 2021 : L’autocratisation devient virale (4,3 Mo, 52 pages), mars 2021, p. 31 et 34; Institut
V-Dem ,
Rapport sur la démocratie 2022 : L’autocratisation change-t-elle la nature? (4,5 Mo, 60 pages), mars 2022, p. 45–46; Institut
V-Dem ,
Rapport sur la démocratie 2023 : La défiance face à l’autocratisation (4,8 Mo, 56 pages), mars 2023, pp. 39 et 44 ; et Institut
V-Dem ,
Rapport sur la démocratie 2024 : La démocratie gagne et perd aux urnes (6,8 Mo, 64 pages), mars 2024, pp. 17 et 62.
Le tableau 6 situe le Canada par rapport aux pays les plus et les moins performants de l’indice de démocratie libérale.Tableau 6 – Variétés de scores démocratiques et classements mondiaux : pays sélectionnés, 2023PaysScore de l’indice de démocratie libéraleClassement mondial
Danemark0,881
Suède0,852
Estonie0,843
Canada0,7625
Birmanie0,02177
Corée du Nord0,01178
Érythrée0,01179Sources:

Tableau préparé par la Bibliothèque du Parlement à partir de données obtenues de l’Institut V-Dem (Variétés de démocratie),
Rapport sur la démocratie 2024 : La démocratie gagne et perd aux urnes (6,8 Mo, 64 pages), mars 2024, p. 17 et 62.
Comme l’indiquent les tableaux 5 et 6, le Canada se classe au 25e rang mondial selon l’indice de démocratie libérale du parti V-Dem pour 2023. Il s’agit d’un classement inférieur à celui produit par l’indice de Freedom House (cinquième ex-aequo en 2023) ou par l’ indice de démocratie de l’EIU ( 13e en 2023). Cela dit, il convient de noter que le Canada obtient de meilleurs résultats (14e ) selon l’indice de démocratie électorale du parti V-Demque selon son indice de démocratie libérale.55
Étant donné que V‑Dem ne propose que des évaluations quantitatives de chaque pays, il peut être difficile de comprendre pourquoi un pays a été noté de telle ou telle manière. Il est nécessaire de consulter la base de données Variable Graph de V‑Dem en conjonction avec le Codebook de V‑Dem pour discerner quels indicateurs sont en jeu et les suivre.56 Même dans ce cas, il n’est pas possible de dire pourquoi le Canada a été codé de cette façon pour un indicateur donné, car les codeurs experts de V-Dem ne fournissent pas leur raisonnement.
Comme l’indique le tableau 5, la classification du Canada en matière de régimes – telle que déterminée par la typologie non officielle des régimes du monde – a fluctué entre démocratie libérale et démocratie électorale. Comme nous l’avons mentionné ci-dessus, les pays doivent atteindre un certain seuil pour plusieurs indices et indicateurs pour être classés comme démocraties libérales. Le Canada atteint ou dépasse régulièrement la plupart de ces seuils, mais a obtenu un score proche du seuil pour l’indicateur mesurant l’accès à la justice pour les femmes. Les variations de ce score ont fait fluctuer la classification du Canada en matière de régimes. V-Dem n’offre aucune explication pour le score du Canada pour cet indicateur ou pour tout autre indicateur.57
5.2 Limitations possibles de l’approche
Bien que le parti V-Dem soit souvent salué pour sa sophistication méthodologique, les observateurs ont identifié certaines lacunes potentielles.
L’un des défauts possibles des rapports du V-Demsur la démocratie est la difficulté d’interpréter les conclusions du V-Dem .58 Il s’agit peut-être là d’un corollaire nécessaire de la volonté du V-Dem d’atteindre un niveau élevé de rigueur en sciences sociales. Il convient de noter que le V-Dem est probablement l’indice de démocratie le plus largement approuvé par les politologues. L’une des conséquences de cette rigueur est toutefois que de nombreuses ressources et publications du V-Dem s’adressent à un public doté d’un niveau élevé de connaissances statistiques.59
Plusieurs autres critiques du V -Dem portent sur son recours à des experts en codage. Certains politologues notent que le recours à des experts pourrait l’amener à passer à côté de tendances – comme l’érosion du soutien à la démocratie – qui pourraient être détectées par les sondages d’opinion.60 D’autres ont suggéré que le recours aux évaluations d’experts pourrait conduire à la reproduction et à la confirmation des préjugés des experts.61 Cependant, V-Dem a fait valoir qu’il n’existe aucune preuve de préjugés particuliers largement répandus parmi ses codeurs experts.62
Selon les politologues Steven Levitsky et Lucan Way, un autre inconvénient du codage expert tel que celui entrepris par V-Dem est que « seuls les codeurs experts savent quels événements et facteurs spécifiques ont motivé leurs décisions de codage », ce qui rend les scores « impossibles à reproduire ou à falsifier ». Cette difficulté est particulièrement apparente lorsque les experts de V-Dem prennent des « décisions de notation douteuses », comme l’enregistrement d’un déclin de la démocratie ukrainienne après le renversement du régime autocratique de Victor Ianoukovitch en 2014.63
En outre, Levitsky et Way notent que le recours à l’évaluation par des experts de mesures subjectives peut conduire à des « critères de référence divergents en matière de démocratie » parmi les experts nationaux couvrant différentes parties du monde. Ils citent comme exemple le fait que le V-Dem a placé la Malaisie et la Russie dans la même catégorie – Autocratie électorale – alors que la Malaisie a connu trois revirements démocratiques depuis 2018, tandis que des figures de l’opposition en Russie étaient régulièrement tuées, emprisonnées ou empêchées de se présenter aux élections.64
Pour défendre leur recours à des experts pour coder des indicateurs subjectifs, les membres de l’ équipe V-Dem ont fait valoir qu’il est « difficile d’éviter le jugement d’expert tout en mesurant de manière approfondie les aspects conceptuellement pertinents de la démocratie », et ils ont observé que même les indicateurs « objectifs » de la démocratie nécessitent un certain degré de jugement humain subjectif pour être codés.65
6 Conclusion
Cet aperçu de trois indices de démocratie influents – ceux produits par Freedom House, l’ EIU et V-Dem – montre que la démocratie est un concept vaste et controversé qui échappe à toute mesure directe. Les efforts pour mesurer la démocratie impliquent inévitablement des décisions subjectives sur la manière de définir la démocratie, de trouver des preuves de son existence sur le terrain et de compiler ces preuves dans un score qui permet de suivre les changements au sein d’un pays et à travers le monde.
Différents choix de mesures produisent des résultats différents. Le Canada obtient de meilleurs résultats dans certains indices que dans d’autres, même s’il obtient systématiquement de bons résultats par rapport à la plupart des autres pays. Les pays qui se trouvent tout en haut – et, dans une moindre mesure, tout en bas – du classement sont différents pour chaque indice. Pour 2023, aucun pays ne s’est classé parmi les trois premiers pour tous les indices. Il est intéressant de noter que le Danemark, qui n’était pas classé parmi les trois premiers par Freedom House ou l’ EIU , s’est classé premier dans trois des cinq indices utilisés par V-Dem .66
Si ces indices ne sont pas des outils parfaits, ils fournissent néanmoins des repères qui permettent de comparer de manière rigoureuse et quantifiable l’état de la démocratie – à l’échelle mondiale et nationale – et d’une année sur l’autre. Les indices de démocratie peuvent également servir à identifier des tendances et à diagnostiquer des problèmes avant qu’ils ne deviennent irréversibles. En bref, mesurer la démocratie est une tâche complexe mais cruciale.
Remarques





















- Freedom House, Freedom in the World 2024: The Mounting Damage of Flawed Elections and Armed Conflict (5,1 Mo, 39 pages), février 2024. Pour un aperçu plus large, voir Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe Assemblée parlementaire, Représentante spéciale pour les questions de genre, Rapport 2024 sur les questions de genre – Favoriser des sociétés libres et inclusives : le rôle des organisations de la société civile en période de déclin démocratique (808 Ko, 51 pages), pp. 4–6. [ Retour au texte ]
- Anisha Dutta, « L’Inde de Modi prévoit de créer son propre indice de démocratie, après la dégradation des classements mondiaux », Al Jazeera , 21 mars 2024. [ Retour au texte ]
- Nous analysons l’évaluation du Canada par chaque indice afin d’illustrer le fonctionnement de chaque indice et leurs différences. Ces évaluations ont été réalisées par l’indice concerné et ne doivent pas être considérées comme reflétant les opinions des auteurs. [ Retour au texte ]
- Les trois étapes décrites dans cette section de l’étude HillStudy s’appuient sur les « trois défis » de la mesure de la démocratie identifiés par les universitaires Gerardo L. Munck et Jay Verkuilen. Voir Gerardo L. Munck et Jay Verkuilen, « Conceptualizing and Measuring Democracy: Evaluating Alternative Indices», Comparative Political Studies , vol. 35, n° 1, février 2002, p. 7 [ abonnement requis ]. Pour un schéma similaire, voir Vanessa A. Boese, « How (not) to measure democracy », International Area Studies Review , vol. 22, n° 2, 29 mai 2019, p. 96 [ abonnement requis ]. [ Retour au texte ]
- Pour montrer à quel point il est difficile de parvenir à un accord sur la démocratie, nous notons que même l’idée qu’une élection soit une méthode démocratique de choix des fonctionnaires publics est sujette à débat : les anciens Athéniens considéraient la « loterie », ou la sélection aléatoire des fonctionnaires, comme la méthode démocratique – une idée qui a de nouveau des partisans. Voir Arash Abizadeh, « Opinion: Let’s replace Canada’s Senate with a randomly selected citizen assembly », The Gazette , 7 décembre 2016 ; et Daniel Hutton Ferris, « Lottocracy or psephocracy? Democracy, elections, and random selection », European Journal of Political Theory , 17 décembre 2023. [ Retour au texte ]
- Seva Gunitsky, « Comment mesurer la « démocratie » ? », The Washington Post , Blog, 23 juin 2015 [ abonnement requis ]. [ Retour au texte ]
- Heiko Giebler, Saskia P. Ruth et Dag Tanneberg, « Pourquoi le choix est important : revisiter et comparer les mesures de la démocratie », Politics and Governance , vol. 16, n° 1, 19 mars 2018, p. 2. [ Retour au texte ]
- Selon le politologue Daniel Treisman, pondérer les pays de manière égale est particulièrement utile pour analyser les tendances entre les pays, tandis que pondérer en fonction de la population est utile pour analyser « le sort moyen des habitants de la planète ». Daniel Treisman, « Psychological Biases and Democratic Anxiety: A Comment on Little and Meng (2023) », PS : Political Science & Politics , vol. 57, n° 2, 11 janvier 2024. [ Retour au texte ]
- Voir Freedom House, Freedom in the World Research Methodology ; et John Högström, « Does the Choice of Democracy Measure Matter? Comparisons between the Two Leading Democracy Indices, Freedom House and Polity IV », Government and Opposition , vol. 48, n° 2, 2 janvier 2013, p. 205 [ abonnement requis ]. [ Retour au texte ]
- Par exemple, pour 2023, le territoire du Haut-Karabakh n’a reçu aucun point sur aucun des 25 indicateurs (soit 0 sur 100) et a perdu trois points supplémentaires sur la question facultative supplémentaire (la plupart de la population ethnique arménienne du Haut-Karabakh a fui le territoire cette année-là après une offensive militaire azerbaïdjanaise et un blocus étendu), pour un score global de -3 sur 100. Freedom House, « Nagorno-Karabakh », Freedom in the World 2024 . [ Retour au texte ]
- Freedom House, Freedom in the World Research Methodology . Voir également Yana Gorokhovskaia, « Difficult to Count, Important to Measure: Assessing Democratic Backsliding », PS : Political Science & Politics , vol. 57, n° 2, 11 janvier 2024. [ Retour au texte ]
- Freedom House, « Canada », La liberté dans le monde 2024. [ Retour au texte ]
- Ibid. [ Retour au texte ]
- Ibid. [ Retour au texte ]
- Freedom House, « Global Freedom Scores», Countries and Territories, Base de données, consultée le 4 mars 2024. Cinq autres pays ont obtenu le même score que le Canada. [ Retour au texte ]
- Voir Seva Gunitsky, « Lost in the Gray Zone: Competing Measures of Democracy in the Former Soviet Republics », dans Alexander Cooley et Jack Snyder (dir.), Ranking the World: Grading States as a Tool of Global Governance , 17 juin 2015, p. 115 ; et Emily Zerndt, « Historicizing the comparative survey of freedom: tracing the social trajectory of an innovative indicator », Science in Context , vol. 33, n° 2, 15 mars 2021, p. 121–144 [ abonnement requis ]. [ Retour au texte ]
- Sarah Sunn Bush, « The Politics of Rating Freedom: Ideological Affinity, Private Authority, and the Freedom in the World Ratings », Perspectives on Politics , vol. 15, n° 3, 18 août 2017, p. 722 [ abonnement requis] ; et Seva Gunitsky, « Lost in the Gray Zone: Competing Measures of Democracy in the Former Soviet Republics », dans Alexander Cooley et Jack Snyder (dir.), Ranking the World: Grading States as a Tool of Global Governance , 17 juin 2015, p. 112. [ Retour au texte ]
- Sarah Sunn Bush, « La politique de la liberté de notation : affinité idéologique, autorité privée et liberté dans les notations mondiales », Perspectives on Politics , vol. 15, n° 3, 18 août 2017, p. 711 [ abonnement requis ]. [ Retour au texte ]
- Freedom House, « États-Unis », Freedom in the World 2024 ; et Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, « Freedom in the World 2014 : États-Unis », Refworld, base de données consultée le 26 juin 2024. [ Retour au texte ]
- Sarah Sunn Bush, « La politique de la liberté de notation : affinité idéologique, autorité privée et liberté dans les notations mondiales », Perspectives on Politics , vol. 15, n° 3, 18 août 2017, p. 721 [ abonnement requis ]. [ Retour au texte ]
- Yana Gorokhovskaia, « Difficile à compter, important à mesurer : évaluer le recul démocratique », PS : Political Science & Politics , vol. 57, n° 2, 11 janvier 2024. [ Retour au texte ]
- Jan Erk et Wouter Veenendaal, « Is Small Really Beautiful? The Microstate Mistake », Journal of Democracy , vol. 25, n° 3, juillet 2014, pp. 135–137. [ Retour au texte ]
- Sarah Sunn Bush, « The Politics of Rating Freedom: Ideological Affinity, Private Authority, and the Freedom in the World Ratings », Perspectives on Politics , vol. 15, n° 3, 18 août 2017, p. 717 [ abonnement requis] ; Emily Zerndt, « Historicizing the comparative survey of freedom: tracing the social trajectory of an influencer indicator», Science in Context , vol. 33, n° 2, 15 mars 2021, pp. 126-129 [ abonnement requis ] ; et Heiko Giebler, Saskia P. Ruth et Dag Tanneberg, « Why Choice Matters: Revisiting and Comparing Measures of Democracy », Politics and Governance , vol. 16, n° 1, 19 mars 2018, p. 3. [ Retour au texte ]
- Gerardo L. Munck et Jay Verkuilen, « Conceptualizing and Measuring Democracy: Evaluating Alternative Indices», Comparative Political Studies , vol. 35, n° 1, février 2002, p. 25 [ abonnement requis ]. [ Retour au texte ]
- Yana Gorokhovskaia, « Difficile à compter, important à mesurer : évaluer le recul démocratique », PS : Political Science & Politics , vol. 57, n° 2, 11 janvier 2024. [ Retour au texte ]
- Economist Intelligence Unit (EIU), Democracy Index 2023: Age of conflict (5,3 Mo, 84 pages), 2024, pp. 68 et 71. [ Retour au texte ]
- Ibid., p. 67. [ Retour au texte ]
- Enquête sur les valeurs mondiales, Ce que nous faisons . [ Retour au texte ]
- EIU , Democracy Index 2023: Age of conflict (5,3 Mo, 84 pages), 2024, p. 67. L’ EIU mentionne spécifiquement les enquêtes Eurobaromètre, les sondages Gallup et les enquêtes réalisées par Asian Barometer, Latinobarómetro et Afrobarometer, entre autres. Pour plus de détails, voir Union européenne, Eurobaromètre : Opinion publique dans l’Union européenne ; Gallup, À propos de nous ; Centre Hu Fu pour les études démocratiques en Asie de l’Est, Baromètre asiatique ; Latinobaromètre, Latinobaromètre Corporation ; et Afrobaromètre, À propos de . [ Retour au texte ]
- EIU , Democracy Index 2023: Age of conflict (5,3 Mo, 84 pages), 2024, p. 67. [ Retour au texte ]
- Ibid., p. 65. [ Retour au texte ]
- Ibid. [ Retour au texte ]
- Ibid. [ Retour au texte ]
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- EIU , Democracy Index 2021: The China challenge (2,2 Mo, 85 pages), 2022, p. 56. [ Retour au texte ]
- Ibid. [ Retour au texte ]
- Jordi Mas Elias, « Le classement démocratique de The Economist est-il un bon indice ? », Politics & Data , 6 juin 2022. [ Retour au texte ]
- Nicolás Palomo Hernández, « L’indice de démocratie de l’Economist Intelligence Unit n’est-il rien d’autre qu’un indicateur de plaisanterie ? », The Loop , blog de l’ECPR [European Consortium for Political Research]. [ Retour au texte ]
- Peter Tasker, « Peter Tasker : la « science » erronée derrière les classements démocratiques », Nikkei Asia , 25 février 2016 [ abonnement requis ]. [ Retour au texte ]
- Sarah Sunn Bush, « La politique de la liberté de notation : affinité idéologique, autorité privée et liberté dans les notations mondiales », Perspectives on Politics , vol. 15, n° 3, 18 août 2017, p. 721 [ abonnement requis ]. [ Retour au texte ]
- EIU , Democracy Index 2021: The China challenge (2,2 Mo, 85 pages), 2022, p. 65. [ Retour au texte ]
- Ibid, p. 67. [ Retour au texte ]
- Ibid. [ Retour au texte ]
- Voir Institut V-Dem [Variétés de démocratie], La démocratie au crépuscule ? Rapport annuel V-Dem 2017 (5,4 Mo, 60 pages), juin 2017, p. 5. [ Retour au texte ]
- Institut V-Dem , Rapport sur la démocratie 2024 : La démocratie gagne et perd aux urnes (6,8 Mo, 64 pages), mars 2024, p. 2. [ Retour au texte ]
- V-Dem , Le projet V-Dem . [ Retour au texte ]
- V‑Dem , V‑Dem historique . [ Retour au texte ]
- Kyle Marquardt, « V-Dem Methodology », V-Dem Project . Il convient de noter que la plupart des experts sont originaires du pays qu’ils évaluent ou résident dans ce pays. Environ les trois quarts des experts sont des universitaires. [ Retour au texte ]
- Michael Coppedge et al., Methodology v14 (1,4 Mo, 31 pages), Institut V-Dem , mars 2024, p. 13. [ Retour au texte ]
- Il est par exemple possible que des indicateurs soient « complémentaires » – le droit de vote pourrait être considéré comme dénué de sens dans un État à parti unique – auquel cas il serait approprié de multiplier les indicateurs. À l’inverse, il est possible que des indicateurs soient « substituables » les uns aux autres – le droit de manifester pourrait être considéré comme contribuant à la démocratie même en l’absence du droit de vote – auquel cas il serait approprié d’ajouter des indicateurs. V-Dem tente d’intégrer les deux possibilités lorsqu’il combine des indicateurs : il additionne les indicateurs et les multiplie, puis prend la moyenne des deux mesures. [ Retour au texte ]
- Kyle Marquardt, « V‑Dem Methodology », V‑Dem Project . Pour une discussion plus détaillée, voir Michael Coppedge et al., Methodology v14 (1,4 Mo, 31 pages), V‑Dem Institute, mars 2024, pp. 21–23. [ Retour au texte ]
- Michael Coppedge et al., « 2.1 Indices de démocratie de haut niveau V-Dem », V-Dem Codebook v14 (3,0 Mo, 467 pages), V-Dem Institute, mars 2024, pp. 47-49. [ Retour au texte ]
- Bien que les données du V-Dem soient utilisées pour créer de nombreux autres indices – y compris la typologie des régimes mondiaux –, seuls les cinq principaux indices sont approuvés par le comité directeur du V-Dem . Voir Michael Coppedge et al., « 5. Other Indices Created Using V-Dem Data », V-Dem Codebook v14 (3,0 Mo, 467 pages), Institut V-Dem , mars 2024, pp. 292–322. Certains des principaux chercheurs du V-Demont critiqué la typologie des régimes mondiaux pour avoir « des critères de seuil arbitraires mais très exigeants » : voir Institut V-Dem , Democracy Report 2024: Democracy Winning and Losing at the Ballot (6,8 Mo, 64 pages), mars 2024, p. 46. [ Retour au texte ]
- Institut V-Dem , « Encadré 1. Démocratie », Rapport sur la démocratie 2024 : La démocratie gagne et perd aux urnes (6,8 Mo, 64 pages), mars 2024, p. 9. [ Retour au texte ]
- Institut V-Dem , « Tableau A2. Résultats des pays pour l’indice de démocratie libérale (IDL) et tous les indices des composantes, 2023 », Democracy Report 2024: Democracy Winning and Losing at the Ballot (6,8 Mo, 64 pages), mars 2024, p. 62. [ Retour au texte ]
- Par exemple, si l’on voulait comprendre pourquoi l’indice de démocratie libérale du Canada a augmenté de 2022 à 2023, il faudrait suivre les indices qui composent l’indice de démocratie libérale – à savoir l’indice de la composante libérale et l’indice de démocratie électorale – ainsi que les indicateurs qui composent chacun de ces indices, en utilisant la base de données Variable Graph. Voir V‑Dem , « Variable Graph , » Database, consulté le 4 juillet 2024. Pour la composition des indices pertinents, voir Michael Coppedge et al., « 2. V‑Dem Democracy Indices, » V‑Dem Codebook v14 (3,0 Mo, 467 pages), V‑Dem Institute, mars 2024, p. 47–48 et 53. [ Retour au texte ]
- Voir V‑Dem , « Accès à la justice pour les femmes, Canada », « Variable Graph », base de données, consulté le 4 juillet 2024 ; et Institut V‑Dem , Democracy Report 2023: Defiance in the Face of Autocratization (4,8 Mo, 56 pages), mars 2023, p. 14, note de bas de page 9. [ Retour au texte ]
- Bastian Herre, « Les données sur les « variétés de démocratie » : comment les chercheurs mesurent-ils la démocratie ? », Our World in Data , avril 2024. [ Retour au texte ]
- Voir Philip Onguny, « Review of Varieties of Democracy: Measuring Two Centuries of Political Change », par Michael Coppedge et al., Revue canadienne de science politique , vol. 53, no 3, 11 août 2020, p. 723 [ abonnement requis ]. [ Retour au texte ]
- Yun-han Chu et al., « Une décennie perdue pour les démocraties de la troisième vague ? », Journal of Democracy , vol. 31, n° 2, avril 2020 [ abonnement requis ]. [ Retour au texte ]
- Andrew T. Little et Anne Meng, « Measuring Democratic Backsliding », PS : Political Science & Politics , vol. 57, n° 2, 11 janvier 2024. [ Retour au texte ]
- Carl Henrik Knutsen et al. « Conceptual and Measurement Issues in Assessing Democratic Backsliding (6,0 Mo, 56 pages) », document de travail V-Dem n° 140, Institut V-Dem , mai 2023, pp. 13–21. [ Retour au texte ]
- Steven Levitsky et Lucan Way, « La résilience de la troisième vague de démocratie », PS : Political Science & Politics , vol. 57, n° 2, 11 janvier 2024. [ Retour au texte ]
- Ibid. [ Retour au texte ]
- Carl Henrik Knutsen et al. « Conceptual and Measurement Issues in Assessing Democratic Backsliding (6,0 Mo, 56 pages) », document de travail V-Dem n° 140, Institut V-Dem , mai 2023, pp. 1 et 35. [ Retour au texte ]
- Institut V-Dem , Democracy Report 2024: Democracy Winning and Losing at the Ballot (6,8 Mo, 64 pages), mars 2024, p. 62. Le Danemark se classe au premier rang de l’indice de démocratie libérale, de l’indice de démocratie électorale et de l’indice de démocratie égalitaire. [ Retour au texte ]