Aller au contenu principal

QUE DEVRA CONCÉDER E.MACRON À L’ALGÉRIE, EN ÉCHANGE DE BOUALEM SANSAL ?

PRÉCÉDEMMENT SUR METAHODOS :

« INFAMIE » : BOUALEM SANSAL OTAGE ? UN DEAL E.MACRON / A.TEBBOUNE ?

https://metahodos.fr/2025/03/30/infamie-boualem-sansal-otage-un-deal-e-macron-a-tebboune/

1. ARTICLE – Tensions France-Algérie : OQTF, migrants, Sahara occidental…  » Les deux pays sont condamnés à s’entendre « 

le 05/04/2025 Pierre Challier LA DÉPÊCHE

Question migratoire, Sahara occidental, OQTF, arrestation de l’écrivain Boualem Sansal… Après huit mois de tension, Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune veulent relancer « la relation bilatérale dans un souci d’efficacité et de résultats ».

L’interview de Brahim Oumansour directeur de l’Observatoire du Maghreb, chercheur associé à l’Iris.

La Dépêche du Midi : Ce dimanche, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot est à Alger. Qu’est ce qui a permis la reprise du dialogue ?

Brahim Oumansour : Le président français a téléphoné au président algérien suite à une interview donnée par ce dernier. Abdelmadjid Tebboune y appelait Emmanuel Macron à régler directement cette crise entre chefs d’État, dans un cadre purement diplomatique, en sortant du rapport de force et de la surenchère médiatique privilégiée par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Les deux hommes ont en effet une relation forte et jusqu’à cette crise, leur politique de rapprochement était d’ailleurs le fruit d’un engagement personnel de leur part, l’un envers l’autre.

Ce dégel est-il donc aussi l’occasion pour Emmanuel Macron de rappeler au candidat Retailleau qui est le président ?

Oui, indispensable pour la désescalade. Mais l’urgence pour les deux pays reste de régler les anciennes et nouvelles frictions…

La question mémorielle, régulièrement instrumentalisée des deux côtés ?

Elle reste en effet centrale. Certes, Emmanuel Macron a été le premier président français à entamer un travail de mémoire avec l’Algérie, notamment avec la commission mixte franco-algérienne d’historiens… Mais sa déclaration de 2022sur la « rente mémorielle » du pouvoir algérien n’est toujours pas passée, en Algérie, et la non-restitution par la France des archives algériennes, des sabres de l’émir Abd-el-Kader minent toujours le dossier, aussi, sans oublier les conséquences des essais nucléaires français au Sahara. Le revirement de la position française décidé par Emmanuel Macron en faveur du Maroc sur le dossier du Sahara occidental, en juillet dernier, a alors fini de mettre le feu aux poudres.

Questions migratoires, coopération antiterroriste, échanges économiques… Aujourd’hui, quelles seront les priorités des diplomates, à Alger ?

Ils vont d’abord avancer sur ce qui peut se faire le plus rapidement possible pour des gestes réciproques d’apaisement : Boualem Sansal, les laissez-passer consulaires et les personnes sous OQTF, a fortiori les radicalisés, par exemple. Mais il y a aussi tous les enjeux sécuritaires, économiques et géostratégiques que les deux pays partagent, même s’ils ne se traiteront pas entre deux portes.

Russie, Turquie et Chine sont désormais les partenaires majeurs de l’Algérie, deuxième puissance militaire du continent africain…

L’Italie et l’Allemagne, aussi, car depuis 2013, les échanges avec la France ont beaucoup reculé. Mais l’Algérie et la France savent qu’elles sont condamnées à s’entendre. Avec plus de deux millions de binationaux, elles ont une relation intime qui exclut toute rupture.Mais également parce qu’elles perçoivent chacune une menace aux frontières.

La Russie, la Turquie et les Etats-Unis, d’un côté, le Maroc, l’instabilité au Sahel et la Libye, de l’autre, créent un sentiment d’encerclement dans les deux pays. Et Paris sait que la crise actuelle avec Alger sert les intérêts de ses adversaires. Après avoir perdu son « pré carré » au Sahel, elle doit donc redynamiser son influence et retrouver un équilibre entre le Maroc et l’Algérie.Et l’Algérie, quant à elle, veut construire des relations d’égal à égal, fondées sur le respect mutuel..Trouver une voie commune n’en restera pas moins semé d’embûches…

2. ARTICLE – Crise entre Alger et Paris : le ministre français des Affaires étrangères en Algérie pour acter la reprise d’une relation bilatérale

franceinfo. 06/04/2025

Jean-Noël Barrot est en visite officielle à Alger, dimanche 6 avril. Le ministre français des Affaires étrangères doit concrétiser auprès de son homologue « l’élan » donné en début de semaine dernière par les présidents français et algérien dans un communiqué, après un long échange téléphonique. Après huit mois de crise, les deux hommes ont affirmé vouloir renouer un dialogue fructueux et acter une relance de la relation bilatérale. Reste désormais à concrétiser cette relance.

L’objectif de cette visite de Jean-Noël Barrot à Alger est de profiter de cette « réouverture de l’espace diplomatique » par les deux présidents, en vue d’une résolution de la crise. La relation entre Paris et Alger s’est considérablement dégradée depuis l’année dernière, au mois de juillet, quand Emmanuel Macron a donné son soutien à un plan d’autonomie pour le Sahara occidental sous souveraineté marocaine. Colère de l’Algérie, qui a alors rappelé son ambassadeur.

Une feuille de route de sortie de crise

Depuis, les « irritants » se sont accumulés, notamment sur la question migratoire : refoulement par l’Algérie d’un influenceur algérien expulsé par la France, refus également d’Alger d’accueillir ses ressortissants sous obligation de quitter le territoire français. Une crise qui a atteint son paroxysme après l’attentat de Mulhouse qui a fait un mort en février dernier. Un attentat commis par un Algérien qui avait fait l’objet de plusieurs demandes de réadmission.

Lors de sa visite auprès des autorités algériennes, Jean-Noël Barrot doit donc tenter d’établir une feuille de route de sortie de crise. Il s’agit de relancer la coopération dans tous les domaines : judiciaire, sécuritaire, économique, mémoriel… Pas facile, tant les cassures sont fortes. Dernière en date : la condamnation à cinq ans de prison, le 27 mars dernier, de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal.

Réenclencher le dialogue entre les administrations

Emmanuel Macron appelle son homologue Abdelmadjid Tebbboune à un geste de clémence et d’humanité. Une grâce présidentielle a été évoquée. Dimanche, le ministre des Affaires étrangères a pour mission de réenclencher le dialogue entre les administrations, de se mettre d’accord sur un processus, des échéances.

D’autres visites ministérielles doivent d’ailleurs suivre, notamment celle du ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Évidemment, il faudra du temps pour résoudre tous les problèmes. Mais une crise qui s’enliserait entre Paris et Alger ne serait dans l’intérêt de personne, confie un diplomate. En France, un habitant sur dix est lié, d’une façon ou d’une autre, à l’Algérie.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.