
1. ARTICLE – L’Algérie expulse douze agents de l’ambassade de France, Paris se dit prêt à des représailles « immédiates »
20 Minutes avec AFP 14 05 24
Cette décision fait suite, selon le Quai d’Orsay, à l’arrestation de trois ressortissants algériens en France
L’Algérie expulse douze agents de l’ambassade de France, Paris se dit prêt à des représailles « immédiates »
L’espoir d’une amélioration des relations entre la France et l’Algérie attendra. Les autorités algériennes ont demandé à douze agents de l’ambassade de France de quitter le territoire, a annoncé ce lundi le chef de la diplomatie française. « Je demande aux autorités algériennes de renoncer à ces mesures d’expulsion sans lien avec la procédure judiciaire en cours », a dit Jean-Noël Barrot dans une déclaration écrite transmise à des journalistes.
Cette décision est, selon le Quai d’Orsay, une réponse à l’arrestation de trois ressortissants algériens en France. « Si la décision de renvoyer nos agents était maintenue, nous n’aurons d’autre choix que d’y répondre immédiatement », a insisté le ministre. Parmi les onze agents qu’Alger souhaite expulser, certains sont fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, a indiqué une source diplomatique.
Trois mis en examen dans une affaire terroriste
Vendredi, trois hommes, dont l’un employé dans l’un des consulats d’Algérie en France, ont été mis en examen à Paris pour arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivie de libération avant le 7e jour, en relation avec une entreprise terroriste, selon le parquet national antiterroriste (Pnat) français. Dans cette affaire qui concerne l’opposant au régime algérien Amir Boukhors, influenceur surnommé Amir DZ, ces hommes sont aussi poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Ils ont été placés en détention provisoire.
Le ministère algérien des Affaires étrangères avait tonné samedi soir contre « ce nouveau développement inadmissible et inqualifiable (qui) causera un grand dommage aux relations algéro-françaises ». Ces propos contrastaient avec l’annonce, la semaine dernière par le ministre français des Affaires étrangères, d’ « une nouvelle phase » pour les relations entre Paris et Alger, à l’issue d’un entretien avec son homologue Ahmed Attaf et surtout avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune.
2. ARTICLE – L’Algérie demande à douze agents de l’ambassade de France de quitter son territoire sous quarante-huit heures, Paris se dit prêt à riposter
Cette injonction survient après qu’un agent consulaire algérien a été placé en détention en France, samedi. Il est soupçonné d’être impliqué dans l’enlèvement, à la fin d’avril 2024, sur le sol français, de l’influenceur algérien Amir Boukhors.
La désescalade entre Paris et Alger n’aura duré qu’un temps. Une semaine après la visite en Algérie du ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, ce dernier a fait savoir lundi 14 avril qu’Alger a demandé à douze agents de l’ambassade de France de quitter le territoire algérien sous quarante-huit heures. Jean-Noël Barrot a prévenu en retour que Paris est prêt à des représailles immédiates si Alger expulse ses agents.
« Je demande aux autorités algériennes de renoncer à ces mesures d’expulsion sans lien avec la procédure judiciaire en cours », a dit Jean-Noël Barrot dans une déclaration écrite transmise à des journalistes. « Si la décision de renvoyer nos agents était maintenue, nous n’aurions d’autre choix que d’y répondre immédiatement », a-t-il ajouté.
Parmi les agents qu’Alger souhaite expulser, certains sont fonctionnaires du ministère de l’intérieur, a précisé une source diplomatique à l’Agence France-Presse. Et ce alors que le ministre de l’intérieur français, Bruno Retailleau – partisan d’une ligne dure vis-à-vis d’Alger –, est en visite au Maroc lundi.
Arrestation d’un agent consulaire algérien
Cette injonction du régime algérien intervient après le placement en détention en France, samedi, d’un de ses agents consulaires, soupçonné d’implication dans l’enlèvement, à la fin d’avril 2024, sur le sol français, de l’influenceur algérien Amir Boukhors. « Ce nouveau développement inadmissible et inqualifiable causera un grand dommage aux relations algéro-françaises », avait prévenu le ministère des affaires étrangères algérien dans un communiqué, promettant de ne pas « laisser cette situation sans conséquences ».
Trois hommes, dont cet agent consulaire, ont été mis en examen vendredi à Paris pour arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivie de libération avant le septième jour, en relation avec une entreprise terroriste, selon le Parquet national antiterroriste français.
Dès samedi, le ministère des affaires étrangères algérien avait dénoncé « l’argumentaire vermoulu et farfelu » du ministère de l’intérieur français, fustigeant une « cabale judiciaire inadmissible » reposant « sur le seul fait que le téléphone mobile de l’agent consulaire inculpé aurait borné autour de l’adresse du domicile de l’énergumène » Amir Boukhors.
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Cet influenceur algérien, qui vit depuis 2016 en France, y a obtenu l’asile politique en 2023. Son pays le réclame pour le juger. Alger a émis neuf mandats d’arrêt internationaux à son encontre, l’accusant d’escroquerie et d’infractions terroristes. En 2022, la justice française a refusé de procéder à son extradition.
Agé de 41 ans et suivi par plus d’un million d’abonnés sur TikTok, Amir DZ a été la cible « de deux agressions graves, une en 2022 et une autre dans la soirée du 29 avril 2024 », le jour de son enlèvement en banlieue sud de Paris, avant d’être relâché le lendemain, selon son avocat Eric Plouvier.
Ce nouvel épisode de tension contraste avec l’annonce, la semaine dernière par le ministre des affaires étrangères français, d’« une nouvelle phase » des relations entre Paris et Alger, à l’issue d’un entretien avec son homologue, Ahmed Attaf, et surtout avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune. Le président français, Emmanuel Macron, et Abdelmadjid Tebboune avaient acté quelques jours auparavant la fin d’une crise d’une intensité rare, qui avait conduit les deux pays au bord de la rupture diplomatique.