
DES BANCS DÉSESPÉRÉMENT VIDES
Fin avril, le Premier ministre s’est vivement agacé des bancs vides de l’hémicycle à l’occasion du débat sur l’énergie. Couac ou réalité ? Beaucoup de députés assument, et déplorent des conditions de travail de plus en plus difficiles. ( VOIR ARTICLE 2 )
L’Assemblée nationale au bord de la rupture
Perçue comme une manière de contourner le Parlement, la proposition du premier ministre de soumettre aux Français un référendum sur le budget attise des relations déjà tendues avec les parlementaires. Chacun reprochant à l’autre de participer à l’embouteillage législatif et à l’immobilisme. ( VOIR ARTICLE 3 )
1. ARTICLE – « L’ASSEMBLÉE EST EN ÉTAT DE MARCHE »: YAËL BRAUN-PIVET « N’ANTICIPE PAS » DE NOUVELLE DISSOLUTION
La présidente de l’Assemblée nationale défend l’efficacité de la législature actuelle, caractérisée par une division entre trois blocs qui prive le gouvernement d’une majorité absolue. Emmanuel Macron a affirmé récemment n’avoir « jamais envisagé » une nouvelle dissolution.
Une fois, mais pas deux. La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet « n’anticipe pas » une nouvelle dissolution après celle prononcée par Emmanuel Macron au soir des élections européennes le 9 juin 2024, une décision à laquelle elle s’était opposée tentant de faire changer d’avis le chef de l’État.
« L’Assemblée est en état de marche, même si parfois c’est difficile, houleux ou perturbé par des invectives », se justifie la patronne du Palais Bourbon dans un entretien au Figaromis en ligne ce mercredi 8 mai.
Avant d’énumérer des textes adoptés depuis les élections législatives anticipées de juin et juillet 2024: « Nous avons doté le pays d’un budget, de lois contre le narcotrafic, sur l’introduction de la notion de consentement dans la définition pénale du viol, sur la reconstruction de Mayotte, etc. »
Une manière de s’opposer à l’idée selon laquelle l’Assemblée nationale ne pourrait fonctionner en raison de sa tripartition – entre le bloc de gauche, celui de la coalition gouvernementale et celui de l’extrême droite – qui prive le gouvernement d’une majorité absolue et l’oblige à des alliances.
« Il existe des voies de passage »
« Je ne pourrai pas imaginer que l’on perde à nouveau autant de temps, car nous avons beaucoup de choses à faire. L’objectif est que nous puissions faire des réformes et je ne suis pas de ceux qui pensent que nous ne pouvons rien faire », insiste Yaël Braun-Pivet.
« Il existe des voies de passage, et, même si tout prend plus de temps, ça vaut le coup », ajoute-t-elle.
Même s’il le souhaitait, Emmanuel Macron ne pourrait agir avant cet été, la Constitution précisant que le président doit attendre un an après la tenue d’élections législatives anticipées, pour pouvoir à nouveau dissoudre.
Le 24 avril dernier, ce dernier a affirmé lors d’une visite à Madagascar n’avoir « jamais envisagé » de dissoudre une nouvelle fois, récusant des informations de l’agence de presse américaine Bloomberg. Celle-ci affirmait qu’il avait « consulté ces dernières semaines des personnes de son premier cercle à propos d’un tel scénario ».
Avant qu’Emmanuel Macron ne choisisse de dissoudre l’Assemblée nationale en juin 2024, Yaël Braun-Pivet a cherché à le convaincrede renoncer, avant d’afficher publiquement ce désaccord par la suite.
Ce qui n’est pas inédit. En effet, la députée des Yvelines sait faire entendre sa voix, elle qui s’était imposée au perchoir en 2022 contre l’avis d’un certain Emmanuel Macron lui préférant à l’époque le député des Français de l’étranger Roland Lescure.
Celle qui revendiquait une parole « libre » auprès du Monde en février dernier, n’a pas hésité à critiquer une pratique du pouvoir « beaucoup plus verticale » qu’espéré, à l’occasion de la sortie en avril de son livre « À ma place » (Buchet-Chastel).
2. ARTICLE – Les députés désertent-ils vraiment l’Assemblée nationale ?
Fin avril, le Premier ministre s’est vivement agacé des bancs vides de l’hémicycle à l’occasion du débat sur l’énergie. Couac ou réalité ? Beaucoup de députés assument, et déplorent des conditions de travail de plus en plus difficiles.
Par Ludwig Gallet. Le 7 mai 2025 LE PARISIEN
Entre les ponts du mois de mai et un agenda parlementaire bousculé, les députés en viennent à bouder l’Assemblée. François Bayrou n’a d’ailleurs pas caché sa surprise en découvrant un hémicycle quasi vide, ce lundi 28 avril, en ouvrant le débat sur la souveraineté énergétique de la France. Sujet ô combien majeur, et même stratégique pour l’avenir du pays, qui n’a pourtant fait déplacer qu’une poignée d’élus de chaque groupe.
Sur le moment, le Premier ministre a fait mine d’ironiser : « L’importance de ce débat n’échappe à personne. Il nous suffit de jeter un coup d’œil périphérique pour comprendre à quel point nous sommes, les uns et les autres, préoccupés par la question centrale de notre souveraineté énergétique.
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3. ARTICLE – François Bayrou et l’Assemblée nationale au bord de la rupture
Perçue comme une manière de contourner le Parlement, la proposition du premier ministre de soumettre aux Français un référendum sur le budget attise des relations déjà tendues avec les parlementaires. Chacun reprochant à l’autre de participer à l’embouteillage législatif et à l’immobilisme.
Comme un symbole, François Bayrou n’était pas présent à l’Assemblée nationale mardi 6 mai après-midi pour la séance de questions au gouvernement. Retenu au Sénat pour discuter de la souveraineté énergétique, le premier ministre n’a pas pu défendre face aux députés sa proposition de soumettre aux Français un référendum sur le budget.
Mais depuis le Palais du Luxembourg, le chef du gouvernement a dû avoir les oreilles qui sifflaient tant la majorité des députés ne se sont pas gênés pour dire tout le mal qu’ils pensaient d’une initiative vue comme un moyen de contourner l’Assemblée. « Le vrai danger, c’est que le gouvernement Bayrou est en train de discréditer l’idée même qu’il pourrait y avoir une issue parlementaire à la crise politique dans laquelle nous nous trouvons », regrette le député (centriste, membre du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) d’Eure-et-Loir Harold Huwart.
Au cœur des tensions entre l’Assemblée et le gouvernement, le calendrier parlementaire cristallise les mécontentements depuis plusieurs semaines. A l’Assemblée, l’examen des textes a pris un retard considérable. Les parlementaires militent pour une session extraordinaire durant l’été, tandis que Matignon tempère : seulement pour discuter de nouveaux sujets comme la proportionnelle …
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