Aller au contenu principal

VIVRE EN POÉSIE AVEC METAHODOS : MUSIQUE ET PROSODIE

ÉMISSION – La prosodie généralisée

Mercredi 7 septembre 2005 FRANCE CULTURE

Comment analyser le texte poétique par le biais de la musique ? Qu’est-ce que la prosodie ? Dans le huitième épisode de son « Histoire de la poésie », Michel Butor étudie le rôle fondamental de la musique dans le langage poétique et les particularités de la prosodie dans notre littérature classique.

Au cours des siècles, la poésie se promène entre langues sacrées, langues anciennes et langues actuelles. Le poète, lui, nous dit qu’il chante même sans être accompagné d’instruments de musique car la poésie a toujours regorgé de nombreux phénomènes musicaux.

Dès l’Antiquité, on représentait les Neuf Muses, chacune liée à une cérémonie particulière de la vie grecque, à une façon particulière de chanter ou de s’accompagner d’un instrument. Un instrument qui va rentrer dans le champ poétique et une musique incorporée par un langage contrôlé : celui de la prosodie, comme nous l’explique Michel Butor dans le huitième numéro de son « Histoire de la poésie ».

La musique : un moyen d’analyser le texte

Le musicien utilise les mots, les organise dans le temps musical et dans l’espace des hauteurs, transforme le texte, le répète. Au Moyen Âge, les grands polyphonistes, avec la superposition des mots, nous aident à comprendre ce qu’est un texte. Dans la chanson populaire, la forme fixe du refrain se retrouve à l’intérieur de la poésie. Dans l’opéra, le livret est un élément essentiel de l’œuvre, et il est très fréquent que le musicien répète certains passages du texte.

La prose : ses origines et ses rimes

Dans la conception classique de la littérature, les textes sont divisés en vers et en prose. Le mot prose provient d’une forme poétique médiévale de la liturgie. Au 17e siècle, la prose est pour Horace un sermon sans contrôle rythmique.

Il subsiste ainsi, dans la poésie, un contrôle de la ligne : le texte est divisé en unités séparées par des silences. Les romantiques commenceront à bousculer ce principe pour arriver à la fin du 19e siècle au vers libre.

Chez nos auteurs classiques, les syllabes sont considérées comme de longueur équivalente. Les alexandrins doivent rimer et les rimes varier systématiquement les unes par rapport aux autres, avec l’alternance de rimes masculines et féminines.

Le module de la tragédie classique, celle de Corneille et Racine, repose sur deux alexandrins à rimes masculines puis deux autres à rimes féminines. Le même son revient au bout de douze syllabes. Cette série de douze sons est également utilisée au début du 20e siècle, dans la musique d’Arnold Schönberg avec son système dodécaphonique.

Une généralisation de la prosodie

Dans la fable Les Deux Pigeons de Jean de La Fontaine, les mots jouent les uns avec les autres, les alexandrins et les octosyllabes se confrontent. Ce poème est ici analysé par Michel Butor : « Cela réforme la société, on s’adresse à la fois aux nobles et aux paysans. La Fontaine est l’écrivain le plus audacieux de son temps. Dans cette fable nous assistons à toutes sortes de phénomènes musicaux polyvalents, les structures bougent les unes par rapport aux autres : nous avons une généralisation de la prosodie. »

LIEN VERS L’ÉMISSION

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.