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MÀJ / LES RETRAITÉS SAUVERONT LES RETRAITES ? FIN DE L’INDEXATION ET HAUSSE DE LA CSG ? – L’EXÉCUTIF DÉMASQUÉ

MISE À JOUR 27 06 25 :

Désindexer retraites et allocations sociales… la piste explosive de la majorité pour faire des économies 

«Nous le savons avec certitude, (…) un alourdissement du coût du travail est une menace sur nos entreprises et leur compétitivité au niveau mondiale», a avancé ce jeudi François Bayrou, reprenant un argumentaire cher à la partie patronale. Une fois cette piste écartée, celle de la désindexation des retraites semble se dessiner de plus en plus nettement.

Les partenaires sociaux, et plus particulièrement les organisations patronales (Medef et CPME), ont de leur côté clairement visé cette catégorie pour stabiliser le système de retraite, pendant ces quatre mois de discussions.

Une autre piste, évoquée lors du conclave, serait une augmentation de la CSG pour les retraités aux revenus moyens ou supérieurs. Les syndicats sont d’accord pour faire peser une partie du rééquilibrage sur les retraités.

« Retraites : François Bayrou ne rejette pas la piste d’une désindexation des pensions pour financer le système »

TITRE LE FIGARO Par  Pierre-Loeiz Thomas

La question d’une revalorisation des pensions de retraités inférieure à l’inflation avait déjà été évoquée lors des discussions entre les partenaires sociaux.

François Bayrou continue son opération de sauvetage du conclave des retraites. Pour arriver à un accord, le premier ministre serait-il prêt à mettre les retraités à contribution ? Comme l’a rappelé ce jeudi 26 juin le chef du gouvernement, le principal objectif de ces discussions était de «garantir l’avenir de notre système de retraite par répartition en rétablissement son équilibre financier d’ici 2030». Selon le rapport de la Cour des comptes publié en début d’année, le déficit (tous régimes) du système des retraites devrait atteindre 6,6 milliards d’euros dès 2025. Après une période de stabilité jusqu’en 2030, il devrait plonger pour atteindre 15 milliards d’euros (hors inflation) en 2035 puis «autour de 30 milliards» d’euros en 2045.

Pour rétablir cet équilibre, le premier ministre a balayé une hausse des cotisations salariales et patronales. «Nous le savons avec certitude, (…) un alourdissement du coût du travail est une menace sur nos entreprises et leur compétitivité au niveau mondiale», a avancé ce jeudi François Bayrou, reprenant un argumentaire cher à la partie patronale. Une fois cette piste écartée, celle de la désindexation des retraites semble se dessiner de plus en plus nettement.

Interrogé sur l’idée d’intégrer cette mesure dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, le premier ministre a reconnu que le sujet «va faire l’objet de débats dans le cadre plus large des questions qui vont être posées autour du 14 juillet», moment auquel François Bayrou doit présenter les budgets nationaux pour l’année prochaine. «J’ai indiqué que je ne voulais pas cibler telle ou telle catégorie de la population, a-t-il insisté. Je ne veux pas cibler les retraités.»

Plusieurs milliards d’euros économisés

Les partenaires sociaux, et plus particulièrement les organisations patronales (Medef et CPME), ont de leur côté clairement visé cette catégorie pour stabiliser le système de retraite, pendant ces quatre mois de discussions. Selon les chiffrages effectués par les équipes de Jean-Jacques Marette, animateur du conclave, la sous-indexation des pensions des retraités sur cinq ans (une revalorisation inférieure de 0,8 point par rapport à l’inflation en 2026 puis de 0,4 point sur les quatre années suivantes) pourrait rapporter 6,1 milliards d’euros en 2030 et 5,4 milliards d’euros en 2035.

Une autre piste, évoquée lors du conclave, serait une augmentation de la CSG pour les retraités aux revenus moyens ou supérieurs. Si les syndicats sont d’accord pour faire peser une partie du rééquilibrage sur les retraités, ils refusent que l’effort repose seulement sur cette catégorie de population. «Pour moi, ce qui est difficile, c’est de faire payer tout l’équilibre des retraites sur les retraités», avait notamment avancé Christelle Thieffinne de la CFE-CGC lors des négociations.

UN CONCLAVE QUI FINIT DANS LA CONFUSION ET LA FARCE

Après une dernière journée en forme d’ultimatum où syndicats et patronat n’ont toujours pas réussi à s’entendre, la CFDT a annoncé ce lundi soir l’échec du conclave des retraites ( VOIR ARTICLE 2)

UNE ENTENTE SECRÈTE ENTRE LES SYNDICATS ET LE PATRONAT SUR LE DOS DES RETRAITÉS

Sur les 6,5 milliards d’euros à trouver d’ici 2030, près de six milliards pourraient provenir d’une désindexation partielle des pensions et d’une hausse de la CSG des pensionnés

Les syndicales (CFDT, CFE-CGC et CFTC) et le patronat(Medef et CPME) se sont en effet entendues, plutôt discrètement et malgré de fortes réticences … ( VOIR ARTICLE 1)

1. ARTICLE – Equilibre financier des retraites : les retraités dans le viseur du «conclave»

Sur les 6,5 milliards d’euros à trouver d’ici 2030, près de six milliards pourraient provenir d’une désindexation partielle des pensions et d’une hausse de la CSG des pensionnés, si les conclusions de la concertation sur les retraites sont reprises par le gouvernement. Avec un fort risque politique pour ce dernier.

par Frantz Durupt LIBÉRATION 23 06 25

Epargnés par le budget 2025 grâce à la chute du gouvernement Barnier, les quinze millions de retraités peuvent-ils espérer ne pas être mis à contribution en 2026, année où François Bayrou et ses ministres comptent réduire le déficit de 40 milliards d’euros ?

La réponse à cette question n’est pas encore connue mais elle s’est sans doute jouée, en partie, au sein du «conclave» sur les retraites qui devait s’achever lundi 23 juin, sans qu’on en connaisse l’issue à l’heure où l’on écrivait ces lignes.

Au milieu de nombreux désaccords sur l’âge de départ ou la prise en compte de la pénibilité, les organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC et CFTC) et patronales (Medef et CPME) qui ont siégé tout au long des quatre derniers mois se sont en effet entendues, plutôt discrètement et malgré de fortes réticences …

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2. ARTICLE / Conclave des retraites : la CFDT annonce l’échec de la concertation

Par Sudouest.fr avec AFP 23/06/2025

Après une dernière journée en forme d’ultimatum où syndicats et patronat n’ont toujours pas réussi à s’entendre, la CFDT a annoncé ce lundi soir l’échec du conclave des retraites

Le conclave sur les retraites s’est soldé par un « échec », a annoncé Yvan Ricordeau, négociateur de la CDFT, lundi soir à l’issue de la dernière réunion après quatre mois de concertation entre partenaires sociaux. 

« Le patronat a fermé la porte aux syndicats, notamment sur la proposition que les salariés les plus exposés à la pénibilité n’aient pas le même effort à faire que les autres », a déclaré le négociateur de la CFDT. « La discussion s’arrête », a-t-il conclu.

Après un coup de com’ du patronat devant les caméras à l’extérieur, les négociations avaient repris dans l’après-midi entre les murs du conclave des retraites, alors que les partenaires sociaux devaient boucler ce lundi, avec ou sans accord.

Conclave des retraites : « la balle est totalement dans le camp du patronat », estime Marylise Léon (CFDT)

Preuve de discussions dans le dur, une suspension de séance a même été décrétée en fin d’après-midi. « On est assez loin de la fumée blanche, s’il devait en avoir une. Chacun est dans son coin pour essayer de trouver des solutions », a résumé Pascale Coton, négociatrice de la CFTC. Syndicat qui pointe le patronat, qui aura « une très grande responsabilité ou toute la responsabilité si, aujourd’hui, on n’arrivait pas à un accord ».

L’après-midi avait commencé par un coup médiatique. Patrick Martin, président du Medef, et Amir Reza-Tofighi, président de la CPME (patronat des petites et moyennes entreprises), ont convoqué la presse une demi-heure avant la reprise du conclave à 15 h 00.

Sur le trottoir, devant le bâtiment abritant ces discussions, ils se sont dits confiants dans un accord possible grâce à une « proposition commune » sur « les différents éléments qui sont attendus par les syndicats de salariés », notamment l’âge de la décote, les carrières des femmes, la pénibilité.

Dans ses nouvelles propositions, le patronat a notamment semblé ouvrir une petite porte vers un départ anticipé à la retraite en cas d’usure mais seulement sur avis médical. Insuffisant pour les syndicats, qui veulent une automaticité sur la question et fustigent autant le fond que la forme.

« C’est la der des der », « on demande que la négociation se fasse sur le texte paritaire », déjà sur la table et non sur les nouvelles propositions du Medef, a insisté Yvan Ricordeau, négociateur pour la CFDT.

« Guet-apens ? »

Ce dernier a d’ailleurs interpellé, sur le pavé, le dirigeant du Medef, devant les caméras, après le mini point-presse patronal :

– « Monsieur Martin ? Est-ce que la négociation s’opère sur le texte qu’on a discuté depuis quatre mois ? »

– « On ne va pas tenir la négociation ici », répond le patron du Medef

– « Pourquoi la partie patronale l’a tentée sur le trottoir, alors ? » relance le syndicaliste

– « C’est quoi ce guet-apens qu’on essaie de me tendre là ? », sourit pour couper court le dirigeant du Medef, tandis que le représentant de la CFDT conclut : « Ça commence bien, ça commence dans la rue ».

Comme Yvan Ricordeau, Christelle Thieffinne, négociatrice de la CFE-CGC, juge que « la partie patronale n’a pas joué le jeu », et elle mesure désormais les chances de réussite de la négociation proches de « zéro ». « Ils torpillent cette négociation », a jaugé la syndicaliste.

Ce processus a déjà laissé des partenaires sociaux sur le bord de la route : FO a tourné les talons dès la première séance et la CGT et l’U2P (patronat pour les artisans) ont jeté l’éponge mi-mars.

La dernière réunion, le 17 juin, s’est achevée sur une prolongation arrachée sur le fil pour éviter l’échec. Une de plus dans une discussion entamée le 27 février et qui devait s’arrêter à l’origine le 28 mai.

Départs anticipés ou non

Le principal point d’achoppement tourne autour de la finalité d’une reconnaissance de l’usure professionnelle : les syndicats y voient une ouverture aux départs anticipés à la retraite, le patronat privilégie d’autres pistes, telle la reconversion.

Pour le reste, il était acquis que l’âge du départ à la retraite ne bougera pas : sans surprise le Medef s’est montré inflexible sur son maintien à 64 ans, mesure phare, et impopulaire, de la réforme Borne de 2023. Un compromis, plus consensuel, aurait pu en revanche se dessiner autour de la carrière des femmes et de la revalorisation des pensions en fonction du nombre d’enfants qu’elles ont eus.

La fin du conclave était aussi un moment de vérité pour François Bayrou, qui a lancé ce nouveau format de discussions après un compromis noué avec les socialistes pour éviter une censure du gouvernement. Et le Premier ministre s’était engagé à en présenter les conclusions devant le Parlement.

« À partir du moment où ce conclave n’aboutit pas sur l’abrogation de la réforme des retraites, nous déposerons une motion de censure », a promis Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise. Mais LFI aurait besoin du soutien d’autres groupes à gauche. Et le Parti socialiste est divisé sur la question.

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