
ARTICLE – Pharmacies : pourquoi 52% des officines pourraient disparaître dans quelques années ?
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Les pharmaciens protestent contre la réduction de leurs remises sur les médicaments génériques, voulue par le gouvernement afin de générer des économies. Comme certains l’ont rappelé à France 3, la suppression de cette marge entraînerait de lourdes conséquences pour le secteur.
publié le 30 juillet Joanna Wadel, 6Medias
Les pharmacies sont-elles menacées en France ? Les pharmaciens tirent la sonnette d’alarme, après l’annonce de la réduction des remises commerciales sur les médicaments génériques, dont les officines bénéficient de la part des grossistes. De 40 % aujourd’hui, elles devraient être réduites à 30% dès le 1er août 2025, et baisser encore à 20% en 2027, rappelle France 3.
Une marge essentielle pour les pharmaciens
Avec cette mesure souhaitée par l’exécutif pour réaliser, à terme, une économie de 500 millions, les pharmacies paieront les médicaments plus cher aux grossistes, près de deux euros par boîte de médicaments, résume notamment France 3. Une marge essentielle que les pharmaciens utilisent pour faire fonctionner leur commerce : « Cette marge nous permet d’accomplir des missions gratuites que l’on fait tous les jours comme la préparation des piluliers pour les Ehpad ou faire les vaccins », a souligné une pharmacienne girondine à France 3. D’autres redoutent de perdre des dizaines de milliers d’euros pour leurs officines et de se voir contraints de licencier du personnel. À tel point que 52% des pharmacies seraient menacées, comme l’indique un sondage UPSO réalisé en juin.
Par conséquent, la mobilisation s’organise : certains protestent déjà par une « grève de la garde », en refusant d’assurer un service durant les jours de garde. Plusieurs actions sont également prévues par les principaux syndicats de pharmaciens, comme une grève du tiers payant, et une fermeture des pharmacies le 18 septembre et tous les samedis à compter du 27 septembre 2025. Les pharmaciens demandent le retrait total de la mesure.
Un mécontentement qui s’ajoute à la mesure évoquée par la ministre de la Santé Catherine Vautrin auprès du Parisien, qui souhaite, pour freiner les dépenses de santé, que les patients payent leur contribution à l’achat de médicaments directement au comptoir des pharmacies. Projet contre lequel avertissent les pharmaciens, et qui pénaliserait notamment les malades chroniques et les personnes âgées.
publié le 30 juillet à 07h39, Joanna Wadel, 6Medias