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Des centaines de sans-abri (enfants, parents), réveillés et déplacés par la force

DÉJÀ PUBLIÉ PAR METAHODOS :

350 SANS ABRIS ( DONT 100 ENFANTS ) CHASSÉS DE L’HÔTEL DE VILLE DE PARIS ET DÉPLACÉS EN PROVINCE – PROMESSE (228) DU ZÉRO SDF

https://metahodos.fr/2025/08/13/93900/

ARTICLE – « Laisser tout pour aller en province » : des dizaines d’étrangers sans-abri évacués de Paris et emmenés en régions

Thomas Hermans et AFP FRANCE 3

350 personnes migrantes sans logement, qui campaient dans des conditions précaires devant l’Hôtel de ville de Paris depuis une semaine, ont été évacuées par les forces de l’ordre ce mardi 12 août. Certaines ont choisi de prendre des car vers des « sas d’accueil temporaire » en régions, notamment Bourges, Marseille ou encore Rennes.

Le sas de Bourges reprend du service. Une trentaine de migrants, évacués ce mardi 12 août au matin par les forces de l’ordre à Paris, doivent être accueilli par le « sas d’accueil temporaire » du Cher. En tout, quelque 200 personnes migrantes dormaient depuis une semaine sur le parvis de l’Hôtel de ville de la capitale, faute de place dans des hébergement d’urgence.

Les sans-abri, principalement des femmes avec de jeunes enfants, mais aussi quelques pères de famille, ont été réveillés à l’aube et priés de quitter les lieux avec leurs maigres effets personnels.

Une trentaine de personnes accueillies à Bourges

Là, leur a été proposé un choix : rester à Paris, toujours sans solution d’hébergement. Ou monter dans un des cars affretés par les services de l’État, pour les emmener vers des « sas » en régions. Notamment à Bourges, mais aussi Marseille, Rennes, Toulouse, Besançon et Strasbourg. Selon l’AFP, 70 personnes sont montées dans ces cars. D’après la préfecture du Centre-Val de Loire, contactée par France 3, une trentaine doit être accueillie à Bourges.

Leur évacuation s’est déroulée dans le calme en présence d’un important dispositif policier tandis qu’une trentaine de personnes du service assistance des sans-abri de la mairie de Paris et des membres de l’association France terre d’asile s’activaient aux côtés des familles, également épaulées par l’association Utopia 56.

Les personnes qui dormaient devant l’Hôtel de ville réclamaient, depuis une semaine, une solution d’hébergement en région parisienne. Depuis le début du rassemblement, « 150 personnes » ont été « prises en charge et orientées vers une solution d’hébergement, dont la moitié vers des structures d’accueil hors Île-de-France« , a précisé la préfecture d’Île-de-France dans un communiqué. Avant l’intervention, 323 personnes, dont 127 enfants, ont été recensés par les autorités, selon une source proche du dossier.

Tout recommencer, loin de Paris

De nombreuses familles, vivant à Paris depuis plusieurs mois, étaient néanmoins déjà parties ce mardi 12 août au matin avant d’être relogées, refusant d’être éloignées de la capitale. À l’instar de Nico, 33 ans, père de quatre enfants qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. Ce Congolais et sa femme, en situation régulière mais sans logement, ont refusé de monter dans un car : « Bientôt c’est l’école, nous on travaille, là, et on va laisser tout, pour aller dans la province pour recommencer dans un endroit qu’on ne maîtrise pas ?« , s’est-il indigné. Il fait des démarches pour obtenir un logement depuis un an et demi, sans succès. « Ma priorité, c’est de protéger mon travail« , dit-il.

« Je comprends que des familles qui ont déjà des implantations de vie à Paris et en Île-de-France ne veuillent pas partir« , réagit Gwenaëlle Austin, élue du 19e arrondissement, regrettant des orientations vers des sas d’accueil faites « en dépit du bon sens« . La préfecture a jugé de son côté « regrettable de constater qu’une partie des ménages a refusé cette solution de mise à l’abri, alors même que de fortes chaleurs s’installent sur Paris« .

Quel avenir pour les « sas » ?

« Une soixantaine » de ces personnes qui étaient toujours sur place, sans solution d’hébergement, ont été déplacées vers 11h par les forces policières pour prendre le métro, témoigne Utopia 56. 34 personnes identifiées comme vulnérables par la ville de Paris, tenue de trouver une solution d’hébergement pour les femmes enceintes et les familles monoparentales avec enfant de moins de trois ans, ont, elles, été orientées en fin de matinée vers des gymnases mis à disposition par la mairie.

L’ouverture d’un « sas » à Orléans avait, en 2023, mis en colère le maire d’Orléans, Serge Grouard (divers droite). Selon les services de l’État, le but était alors « d’apporter une réponse immédiate à ces besoins de mise à l’abri, tout en proposant un examen systématique des situations sociales et administratives« .

Entre mai 2023 et mars 2024, 519 personnes ont été prises en charge par des « sas d’accueil temporaire » en Centre-Val de Loire. Depuis, le « sas » d’Orléans a fermé, et seul subsiste dans la région celui de Bourges, dans le Cher.

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