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LA FOUCADE DE BAYEUX : L’ÉTAT DE DROIT CONTRE LE CAPRICE AUTOCRATIQUE ?

CENSURE, DISSIMULATION, DÉCISION NON FONDÉE EN DROIT : DES DOCUMENTS PUBLICS COMMUNICABLES SOUSTRAITS

Des documents publics institutionnels relatifs au déplacement de l’œuvre millénaire ont été rendus inaccessibles : deux rapports, une vidéo, d’autres documents dont une note de la Drac …

1. ARTICLE – Tapisserie de Bayeux : la préfecture du Calvados supprime de son compte une vidéo qui déconseillait le transport de l’œuvre

Plusieurs contenus institutionnels relatifs au déplacement de l’œuvre millénaire ont été rendus inaccessibles, alors que son prêt au British Museum, voulu par l’Elysée, suscite la polémique.

par Jacques Pezet. 29 août 2025 LE MONDE

Des arguments compromettants mis sous le tapis. Alors qu’Emmanuel Macron fait fi des recommandations de deux rapports de 2021 et 2022 révélés par le Monde, déconseillant le transport de la tapisserie de Bayeux, et qu’une pétition signée par plus de 62 000 personnes s’oppose à son exposition au British Museum de Londres de septembre 2026 à juin 2027, la préfecture du Calvados a fait disparaître de sa chaîne YouTube une vidéo mise en ligne le 5 février 2025, qui portait sur le dépoussiérage de la tapisserie de Bayeux.

«Trop fragile pour être déplacée sur une grande distance»

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2. ARTICLE – En prêtant la tapisserie de Bayeux à Londres, Macron “défie les experts”

En juillet 2025, Emmanuel Macron a confirmé une annonce faite sept ans plus tôt : le prêt de la tapisserie de Bayeux, réalisée au XIe siècle, pour un an au British Museum de Londres à partir de septembre 2026. Une décision qui fait fi des avertissements des experts sur la fragilité d’une œuvre millénaire, observe la presse britannique.

2 septembre 2025 COURRIER INTERNATIONAL

“Ces dernières semaines, le musée de Bayeux a vu une nette augmentation du nombre de ses visiteurs”, écrit la BBC.Nombreux sont ceux qui se sont rendus dans le musée du Calvados qui accueille la célèbre tapisserie du XIe siècle illustrant l’invasion de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, jusqu’à sa victoire à la bataille d’Hastings en 1066. Sur plus de 70 mètres de broderie en toile de lin, “58 scènes, 626 personnages et 202 chevaux rendent compte de façon unique de la période médiévale en Normandie et en Angleterre, dévoilant non seulement des informations sur les traditions militaires mais aussi de précieux détails du quotidien”, explique le diffuseur public britannique.

Depuis 1983, précise le média The Local, la tapisserie “est exposée dans une salle construite spécifiquement en forme de U”,avec une température contrôlée de 18 à 20 °C et un taux d’humidité d’environ 50 %, et reçoit plus de 400 000 visiteurs par an. En ce 1er septembre 2025, le musée de Bayeux fermait ses portes pour deux ans en raison d’importantes rénovations. Mais si les visiteurs étaient si nombreux cet été, c’est aussi parce que la tapisserie doit déménager prochainement. Emmanuel Macron a annoncé le 8 juillet 2025 le prêt de l’œuvre d’art millénaire au Briti

3. ARTICLE – La préfecture du Calvados supprime une vidéo qui déconseillait le transport de la tapisserie de Bayeux 

Irène Prigent. 2 septembre 2025 RADIO FRANCE

Alors que le musée de la tapisserie de Bayeux est maintenant fermé pour travaux, l’œuvre doit être prêtée à Londres. La préfecture du Calvados a discrètement supprimé de son compte YouTube une vidéo qui déconseillait le transport de la broderie, a constaté mardi l’Agence de Radio France.

La polémique autour du prêt de la tapisserie de Bayeux au British Museum de Londres continue d’enfler. Alors qu’une pétition a été lancée en ligne pour s’opposer à ce prêt, la préfecture du Calvados a récemment supprimé une vidéo de son compte YouTube, a constaté mardi l’Agence de vérification de Radio France, confirmant une information de Libération. Une vidéo qui déconseillait justement le transport de la célèbre broderie.

Le président de la République Emmanuel Macron avait annoncé le 8 juillet le prêt de l’œuvre à la gloire de Guillaume Le Conquérant de septembre 2026 à juin 2027 en échange de pièces médiévales issues du trésor archéologique de Sutton Hoo. Cet échange intervient dans le cadre des travaux qui doivent être menés pour agrandir les bâtiments qui abritent la tapisserie à Bayeux. Le musée est fermé depuis le 1er septembre 2025.

Une œuvre très fragile

Fabriquée il y a près de 1.000 ans sur une toile de lin extrêmement fine, la Tapisserie de Bayeux mesure près de 70 mètres de long. Elle retrace l’épopée de Guillaume le Conquérant lors de la bataille de Hastings en 1066. La broderie est classée au registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO. Elle est considérée comme un joyau du patrimoine français, mais aussi comme un objet d’une grande fragilité. Pour les défenseurs du patrimoine, la transporter jusqu’en Angleterre, c’est prendre un risque qu’elle se détériore.

Contactée par Radio France, la préfecture du Calvados n’a pas souhaité faire de commentaires au sujet de la suppression fin août de la vidéo qu’elle avait elle-même publié sur son compte Youtube le 7 février 2025. Dans cette vidéo, Cécile Binet, la conseillère musées de la Direction régionale des Affaires culturelles (Drac) de Normandie évoquait les travaux de dépoussiérage de l’œuvre. « On s’est rendu compte au fur et à mesure des études qu’à la fois la tapisserie était trop fragile pour être déplacée sur une grande distance et que toute manipulation supplémentaire était un risque pour sa conservation« , avait-elle expliqué.

Prêt de la Tapisserie de Bayeux au British Museum : « Certains s’imaginent qu’elle ne reviendra jamais « 

Cette vidéo n’est pas le seul document institutionnel supprimé ces derniers jours. Un article publié sur le site de la Drac Normandie le 23 avril dernier intitulé « À Bayeux, les coulisses d’un transport d’œuvre millénaire » affiche également page blanche aujourd’hui.

4. ARTICLE – Des Anglais s’opposent au déplacement de la Tapisserie de Bayeux

Didier Rykner  mercredi 3 septembre 2025   TRIBUNE DE L’ART

La polémique que nous sommes fiers d’avoir lancé sur le déplacement de la Tapisserie de Bayeux ne faiblit pas, manifestement, et les Anglais commencent à réaliser les dangers que va courir cette œuvre du fait de la décision inconsidérée du chef de l’État. 
Parmi beaucoup d’articles relatant les alertes données par les spécialistes, il faut saluer notamment celui-ci, dans The Telegraph, d’Alan Cochrane : « The French are right – don’t lend us the Bayeux Tapestry » (« Les Français ont raison : ne nous prêtez pas la Tapisserie de Bayeux »). Tout est dit, et bien dit. Il conclut son article par ces mots : « [Cette] œuvre fabuleuse est en sécurité à Bayeux et mérite d’y rester. Définitivement ».

Cette voix est de moins en moins isolée. Saluons aussi Neil Jeffares, brillant historien de l’art anglais, spécialiste des pastels, qui nous a soutenu depuis le début et qui a publié le 15 août dernier une lettre dans le Financial Times pour s’opposer à ce prêt.
L’un des meilleurs articles sur le déplacement de la Tapisserie a également été publié par un journaliste anglais, Jon Henley, dans The Guardian, et vous pouvez le lire ici.
Et hier, le Globe and Mail faisait paraître un article intitulé : « Bayeux Tapestry too fragile to be shipped to Britain, art conservators warn » (« La Tapisserie de Bayeux trop fragile pour être envoyée en Angleterre avertissent les conservateurs »).

Devant la détermination délirante d’Emmanuel Macron, sans grand contre-pouvoir en France, les fonctionnaires ayant trop peur pour leur poste, il faut espérer que le salut viendra d’outre-Manche. À ce propos, l’attitude du roi Charles est peu compréhensible car il a démontré à de multiples reprises son intérêt pour le patrimoine (à l’opposé de notre président). Nous nous en étions fait l’écho par exemple lorsqu’il avait sauvé un château anglais et les œuvres qu’il contenait, d’une dispersion tragique : Dumfries House (lire l’article). Espérons qu’il puisse enfin être bien conseillé.

Car évidemment, notre combat n’est pas contre les Anglais. Il est insupportable à ce sujet de constater le nombre d’imbéciles, sur Twitter, qui se croient autorisés à insulter l’Angleterre et ses habitants. L’agressivité de certains Français pour nos amis Anglais est d’une bêtise insondable, et nous la dénonçons absolument.

Non moins stupides sont les craintes exprimées par certains que la tapisserie aurait fait l’objet d’un don (caché bien sûr) d’Emmanuel Macron à l’Angleterre, ou même que ce pays ne la rendra pas au bout d’un an. C’est tellement bête qu’il est difficile de penser que certains le croient vraiment.
Il est temps, décidément, de retrouver la raison. Nous proposons qu’Emmanuel Macron commence.

5. ARTICLE -,Prêt de la tapisserie de Bayeux : Emmanuel Macron, au nom de la raison d’Etat, a passé outre à deux études récentes déconseillant le déplacement de la broderie

Deux rapports publiés en 2021 et en 2022, dont « Le Monde » a pris connaissance, alertent quant aux risques générés par le transport de l’œuvre millénaire qui doit être exposée à Londres, en septembre 2026. 

Par Roxana Azimi -,27 août 2025. LE MONDE

C’est un épisode oublié, qui, en son temps, avait secoué le monde de la culture française. En janvier 1963, Charles de Gaulle envoie La Joconde aux Etats-Unis pour huiler les rapports tendus avec l’allié américain, sur fond de divergences à propos de l’arme nucléaire et des questions de souveraineté. Le chef de l’Etat avait alors passé outre à l’hostilité des conservateurs du Louvre, qui jugeaient le panneau bien trop fragile pour un voyage transatlantique.

« On a parlé des risques que prenait ce tableau en quittant le Louvre. Ils sont réels, bien qu’exagérés, déclare alors le ministre de la culture, André Malraux, lors de l’inauguration de l’exposition de Mona Lisa à la National Gallery de Washington, en présence du président américain, John F. Kennedy. Mais ceux qu’ont pris les gars qui débarquèrent un jour à Arromanches – sans parler de ceux qui les avaient précédés vingt-sept ans plus tôt – étaient beaucoup plus certains. »

Par la suite, le tableau fut envoyé au Japon en 1974 et, dans la foulée, en Union soviétique. « Dans tous les cas, il s’agissait d’améliorer la qualité des relations diplomatiques et commerciales avec ces pays », souligne l’historienne d’art Laurence Bertrand Dorléac, rappelant que « les œuvres d’art sont …

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