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L’OCDE ALARMISTE SUR LE DÉRAPAGE FINANCIER DE LA FRANCE

ARTICLE – « Elle doit être très prudente sur ses finances » : l’alerte de l’économiste en chef de l’OCDE à la France

Pour l’économiste en chef de l’OCDE Alvaro Pereira, la France doit faire preuve de « prudence » dans la gestion de ses finances publiques. Tandis que les précisions à l’échelle mondiale se révèlent plus optimistes que prévu.Par Le Parisien avec AFP 

Le 23 septembre 2025 LE Parisien

Il tire la sonnette d’alarme. La France doit être « très prudente sur ses finances » dans les années à venir, a estimé l’économiste en chef de l’OCDE Alvaro Pereira lors d’un entretien à l’AFP, en pleine préparation du budget 2026 sur fond de crise politique.

« La France doit être très prudente sur ses finances dans les prochaines années. Il faut tirer les leçons de ce qui s’est passé dans des pays comme l’Italie, le Portugal et d’autres. Ces pays sont revenus à la discipline budgétaire, alors que la France continue d’augmenter » le niveau de sa dette, a-t-il estimé durant cet entretien accordé ce lundi.

En zone euro, la croissance est attendue en 2025 en légère hausse de 0,2 point par rapport aux prévisions de juin de l’OCDE, à 1,2 %, et en baisse de 0,2 point pour 2026, à 1,0 %.

Au niveau mondial, l’OCDE estime que l’économie mondiale va résister un peu mieux que prévu à la tempête des droits de douane, dans un rapport présentant ses prévisions économiques actualisées.

« Les effets, sur la production et les échanges de biens, de l’anticipation de l’instauration de droits de douane plus élevés ont joué un rôle moteur important » sur l’économie mondiale, relève l’organisation internationale basée à Paris.

Plusieurs facteurs d’optimisme

Celles-ci sont un peu plus positives qu’escompté lors des précédentes prévisions publiées par l’institution en juin, au plus fort de la bataille douanière : la croissance mondiale est désormais attendue à 3,2 % contre 2,9 % alors, mais devrait rester inchangée pour 2026 à 2,9 %.

Depuis son arrivée au pouvoir en janvier, Donald Trump a imposé des surtaxes douanières à la plupart des partenaires commerciaux des États-Unis, portant à 19,5 % le taux effectif des droits de douane sur les marchandises arrivant sur le marché américain, soit un plus haut depuis 1933, calcule l’OCDE.

Parmi les facteurs d’optimisme pour cette année, la production industrielle a progressé davantage sur les six premiers mois de l’année que son rythme moyen en 2024 dans la plupart des économies avancées, relève l’OCDE.

En outre, « les effets des relèvements des droits de douane ne se sont pas encore fait pleinement sentir, du fait que l’application de nombreux changements est échelonnée et que les entreprises répercutent dans un premier temps une partie des majorations sur leurs marges », ajoute l’organisation.

« Dans la plupart des régions du monde », l’endettement se creuse

Qui prévient toutefois : « des signes de ralentissement » apparaissent dans la croissance de la production depuis août, notamment en Corée du Sud, en Allemagne et au Brésil. Sur la consommation, l’OCDE observe un ralentissement aux États-Unis, en zone euro et en Chine.

« Généralement, quand l’économie se porte très bien, la croissance se situe autour de 4 %, donc nous en sommes loin », a souligné Alvaro Pereira.

Selon celui qui a été nommé au cours de l’été au poste de gouverneur de la Banque du Portugal et qui quittera bientôt l’institution parisienne, « on anticipe une inflation un peu plus élevée, surtout aux États-Unis, mais pas seulement, par exemple à travers la hausse des prix alimentaires dans des pays comme le Japon et l’Afrique du Sud ».

Parmi les autres facteurs de risques, l’OCDE cite d’éventuelles nouvelles hausses de droits de douane et une inquiétude accrue à l’égard des risques budgétaires, à l’heure du creusement de l’endettement dans la plupart des régions du monde et des tensions sur les taux d’emprunt.

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