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MISE À JOUR – VU D’AILLEURS (4) : « LE CHANT DU CYGNE » – « BOURBIER », « CHAOS », « IMPROVISATION « 

1. ARTICLE – Le “chant du cygne” de Macron fait trembler l’Europe – Vu du Royaume-Uni. 

Huit ans après sa première élection, les ambitions d’Emmanuel Macron ont “fait long feu”, juge le journal britannique “The Times”. Mais le “déclin politique” du président français n’est pas qu’un problème en France, c’est tout le Vieux Continent qui risque d’en subir les conséquences, a fortiori en cas de victoire de l’extrême droite.

The TimesTraduit de l’anglais COURRIER INTERNATIONAL  10 octobre 2025 

Le président français, Emmanuel Macron, lors d’une réunion au ministère des Affaires étrangères, à Paris, le 9 octobre 2025.  PHOTO THOMAS SAMSON/AFP

Où est Charles de Gaulle quand on a besoin de lui ? Dans sa tombe, bien sûr, une humble sépulture dans le cimetière de Colombey-les-Deux-Églises. Mais alors que la France est en proie à une nouvelle crise aux proportions épiques, il est difficile d’oublier comment, il y a presque soixante-dix ans, le général a transformé un pays au bord de la guerre civile en un système présidentiel fort. Et, associé à l’Allemagne de l’Ouest de Konrad Adenauer, en la force motrice d’une Europe occidentale sûre d’elle et en pleine renaissance.

Aujourd’hui, sous Emmanuel Macron, la France ne se retrouve peut-être pas dans une situation aussi dramatique qu’en 1958, mais elle paraît désemparée, affaiblie politiquement, et elle n’est plus le phare d’un renouveau centriste. Au début de sa présidence, on le comparait à Jupiter, le dieu qui commandait aux nuées. Aujourd’hui, il ne lance pas la foudre, il tire à blanc.

En 2017, confronté au défi de l’extrême droite et de l’extrême gauche, il a réagi en forgeant un mouvement libre de toute idéologie, ouvert à la modernisation et à la réforme, qui avait pour porte-étendard emblématique un débutant en politique âgé de 39 ans et prêt à user des pleins pouvoirs de la présidence post-de Gaulle pour rendre sa grandeur à la France. Il était …

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2. ARTICLE – Sébastien Lecornu à nouveau nommé Premier ministre par Emmanuel Macron

Son premier gouvernement avait duré 836 minutes. Au bout d’une “semaine frénétique de négociations”, le président de la République a fini par renommer Sébastien Lecornu à Matignon, moins d’une semaine après sa démission.

Courrier international 10 octobre 2025 

Emmanuel Macron avait donné 48 heures à Sébastien Lecornu après sa démission pour trouver une solution à la crise politique. 48 heures après, c’est finalement le même homme qui a été reconduit à Matignon par le chef de l’État, vendredi 10 octobre aux alentours de 22 heures, à l’issue d’une longue attente. “Ce choix, cinq jours seulement après la démission de Sébastien Lecornu, reflète l’impasse dans laquelle se trouve Macron et son manque d’alternatives à un moment critique”, commente El País,en Espagne.

“J’accepte – par devoir – la mission qui m’est confiée par le Président de la République de tout faire pour donner un budget à la France pour la fin de l’année et de répondre aux problèmes de la vie quotidienne de nos compatriotes”, a écrit le Premier ministre sur X quelques instants après l’annonce de l’Élysée.

Tous les partis politiques, hormis le Rassemblement national et La France Insoumise, étaient conviés à l’Élysée dans l’après-midi pour un “moment de responsabilité collective”, à l’issue duquel les responsables de plusieurs partis ont dit leur déception.

Le journal espagnol, qui évoque une journée “chaotique”, un sentiment d’“improvisation” et un “manque d’idées”,rapporte que les discussions ont notamment achoppé sur la question des retraites. “À 21 h 30, tout était encore possible. Mais tout le monde était d’accord sur un point : personne ne voulait de Lecornu. [Sa nomination] réduit considérablement la marge de négociation et ouvre à nouveau la porte à une dissolution de l’Assemblée nationale.”

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“Emmanuel Macron s’entête et prend le risque de braquer en renommant Sébastien Lecornu Premier ministre”, observe Le Tempsestimant que “la crise française ne s’arrange pas”. Le journal suisse cite les réactions des oppositions, “furieuses”, dont le Rassemblement national de Marine Le Pen et La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, “qui ont immédiatement promis de censurer le prochain gouvernement”.

“Si quelqu’un cherche un emploi à courte durée, il y a une offre d’embauche prestigieuse à Paris avec des avantages et un logement de fonction”raillait Politico Europe dès jeudi. Le nouveau Premier ministre devra être “capable de préserver un accord fragile face aux législateurs divisés afin de présenter un budget qui ne peut plus attendre”, expliquait aussi Bloomberg, aux États-Unis. Il devra se hisser “au-dessus de la mêlée politique”, tout en démontrant “une adresse politicienne pour affronter une Assemblée nationale à couteaux tirés”.

Sortir du “bourbier”

Est-ce encore un Himalaya que le Premier ministre reconduit, ou renommé, doit escalader ? Plutôt un “bourbier”, juge le journal suisse Blick. “Ses opposants feront tout pour le faire trébucher, afin de mettre en péril celui que 80 % des Français considèrent comme le principal responsable du bourbier : Emmanuel Macron”.

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Cette nomination conclut une semaine que The Economist qualifiait la veille de “chaotique, grotesque et indécente”. Pour sortir la France de ce “cirque”, le nouveau Premier ministre “devra agir vite”, estimait le journal britannique, notamment en faisant adopter un budget à l’Assemblée nationale. Mais “avant toutni le président ni le pays ne peuvent se permettre de répéter les pitreries de la semaine passée”.

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