
UN PRESIDENT PERSISTANT DANS UN CONTROLE EXCESSIF ET QUI AFFAIBLIT LE POUVOIR EXECUTIF QU’IL EST SENSE INCARNER
La crise politique en France, exacerbée par la gestion d’Emmanuel Macron, entraîne un blocage institutionnel préoccupant.
Le président, persistant dans un contrôle excessif, refuse de s’effacer pour permettre une gouvernance plus ouverte, aggravant ainsi le sentiment d’une anomalie institutionnelle. Malgré l’annonce d’un nouveau gouvernement, la nomination de figures familières ne traduit pas une réelle rupture, alimentant la fébrilité des partenaires politiques.
La pression croissante des motions de censure pourrait bientôt forcer une dissolution. Les choix de Macron, perçus comme des tentatives de maintenir son emprise, risquent de déboucher sur une crise systémique de la démocratie française, marquée par l’absence de compromis.
1. LA CRISE DE RÉGIME ÉVOQUÉE PAR « LE MONDE « EN QQS SÉQUENCES
VERS UN BLOCAGE DES INSTITUTIONS
« Le chef de l’Etat prend le risque de transformer cette crise politique majeure en blocage durable des institutions, donc en crise de régime. »
LE DEVOIR DE S’EFFACER
« M. Macron a-t-il compris qu’il devait s’effacer de son propre quinquennat, du moins en politique intérieure, pour sauver ce qu’il en reste ? »
GRANDE FÉBRILITÉ : UNE CARTE BLANCHE DICTÉE PAR MACRON
« Signe d’une grande fébrilité, le gouvernement a été annoncé, dimanche, tard dans la soirée. Pendant trois heures, M. Macron, qui avait pourtant donné « carte blanche » à son premier ministre, a voulu revoir la copie avant son départ en Egypte »
PRISONNIER DE DOGMES PÉRIMÉS
« Silencieux depuis une semaine, M. Macron s’est remis au centre du jeu, persuadé que cela suffirait à sortir la France de la crise, faisant penser aux dirigeants « prisonniers de dogmes qu’ils savaient périmés », pour reprendre les mots de Marc Bloch dans L’Etrange défaite. »
2. LA CRISE INTITUTIONNELL E ÉVOQUÉE PAR « THÉ CONVERSATION « :
« Par ses choix, et par le statut que lui confère la Constitution, le président ne serait-il pas le principal responsable de la crise politique actuelle ? «
« Loin de la figure d’arbitre au-dessus de la mêlée partisane défendue par Charles de Gaulle en 1958, le président de la République est devenu, du fait de son élection au suffrage universel direct, une anomalie institutionnelle minant notre démocratie de l’intérieur. »
3. ARTICLE – Le chaos politique en France assourdit la voix de Macron à l’étranger
Depuis l’Egypte, le chef de l’Etat a renvoyé aux partis la responsabilité du chaos qui entrave le pays
Publié le 13 octobre 2025 L’OPINION. François-Xavier Bourmaud
Le chef de l’Etat s’est rendu lundi en Egypte pour participer à un sommet sur la fin de la guerre dans la bande de Gaza. Mardi, son Premier ministre Sébastien Lecornu prononce son discours de politique générale à l’Assemblée nationale sous la menace d’une motion de censure.
Au Proche-Orient, la paix. En France, les guerres picrocholines. A son arrivée en Egypte, Emmanuel Macron n’a pas échappé au contraste. Venu participer au sommet entre dirigeants arabes pour soutenir le plan de Donald Trump pour ramener la paix à Gaza, le chef de l’Etat a été interpellé sur le chaos politique qui règne en France. Depuis la chute de François Bayrou, il n’en démord pas, la crise est d’abord parlementaire : des partis qui ne s’entendent pas alors que les Français leur demandent de travailler ensemble. Tel était, selon lui, le message de l’Assemblée nationale née de sa dissolution hasardeuse. Tel est toujours, selon lui, l’attente des Français…./…
4. ARTICLE – Emmanuel Macron a déjà nommé 178 ministres depuis 2017, un record sous la Ve
OUEST FRANCE : « Le nouveau gouvernement Sébastien Lecornu a fait entrer 18 nouvelles figures n’ayant jusque-là jamais participé à un gouvernement sous la présidence d’Emmanuel Macron depuis 2017.
Ce chiffre porte le nombre total de ministres et de secrétaires d’État nommés à 178, ce qui constitue un record sous la Ve République en dehors des périodes de cohabitation. …/… »
5. PUBLIÉ PRÉCÉDEMMENT SUR METAHODOS :
LE GAULLISME A L’ENVERS : L’EFFONDREMENT DE L’EXÉCUTIF MACRONIEN ET LE REFUS DU RECOURS AU PEUPLE
https://metahodos.fr/2025/10/09/le-discours-de-bayeux-et-leffondrement-de-lexecutif-macronien/
SHAKESPEARE À L’ÉLYSÉE
https://metahodos.fr/2025/10/09/95755/
LE « SAUGRENU » EN DÉMOCRATIE – EN FINIR AVEC UBU OU « LE BAL DES PIEDS NICKELÉS »
LA CRISE DU REGIME MACRON DOIT SE CONCLURE PAR UNE RUPTURE DEMOCRATIQUE
VU D’AILLEURS (5) : « UNE CRISE FINANCIÈRE IMMINENTE «, « Un kamikaze sur un champ de ruines », « Acrobaties orwelliennes de langage»
https://metahodos.fr/2025/10/11/vu-dailleurs-4/
LA DÉMISSION DE MACRON POUR ÉVITER UNE CRISE GRAVE DES MARCHÉS EUROPÉENS ?
https://metahodos.fr/2025/10/09/95753/
HONTE RÉPETÉE ET ÉCHECS ACCUMULÉS – LE RÉGIME MACRON SANS ISSUE
https://metahodos.fr/2025/10/08/honte-repetee-et-echecs-accumules-le-regime-macron-sans-issue/
6. ARTICLE – Emmanuel Macron au risque de la crise de régime
Après le refus du chef de l’Etat d’admettre le résultat des élections législatives perdues de 2024, son obstination à garder la main sous différentes formes a déjà conduit deux premiers ministres à échouer en à peine douze mois.
Certains auraient aimé qu’il se démette, d’autres qu’il se soumette. A l’orée d’une semaine encore une fois périlleuse, Emmanuel Macron a plutôt choisi de forcer le destin. Malgré la démission de Sébastien Lecornu, le président de la République a renommé l’ancien ministre des armées à Matignon puis s’est entouré, dimanche 12 octobre, d’un gouvernement sans réelle rupture. De quoi crisper les oppositions de gauche et irriter ses alliés. Une censure de M. Lecornu dès les premières motions qui sont annoncées par le Rassemblement national et La France insoumise n’est pas à exclure. En s’accrochant à l’idée de nommer un de ses proches, soutenu par un socle de plus en plus étroit, le chef de l’Etat prend le risque de transformer cette crise politique majeure en blocage durable des institutions, donc en crise de régime.
Signe d’une grande fébrilité, le gouvernement a été annoncé, dimanche, tard dans la soirée. Pendant trois heures, M. Macron, qui avait pourtant donné « carte blanche » à son premier ministre, a voulu revoir la copie avant son départ en Egypte, lundi. Finalement, l’ouverture à des personnalités de la société civile ne masque ni la continuité (12 des 18 ministres du premier gouvernement de M. Lecornu sont reconduits) ni la volonté de contrôle de l’Elysée, qui a conservé les macronistes Gérald Darmanin à la justice ou Roland Lescure et Amélie de Montchalin à Bercy.
Alors que la censure se jouera sans doute à quelques voix, cette équipe n’offre aucune garantie à un premier ministre toujours en sursis. Le parti Les Républicains se déchire à cause de la présence de six de ses membres, et aucune personnalité marquante de gauche ne fait son entrée. Seule la nomination de Jean-Pierre Farandou, habile négociateur lorsqu’il dirigeait la SNCF, au ministère du travail peut donner un espoir de dialogue sur des sujets cruciaux.
Lire aussi | De Lecornu I à Lecornu II, les coulisses des huit moments-clés qui ont mené au nouveau gouvernement
Macron doit s’effacer
Silencieux depuis une semaine, M. Macron s’est remis au centre du jeu, persuadé que cela suffirait à sortir la France de la crise, faisant penser aux dirigeants « prisonniers de dogmes qu’ils savaient périmés », pour reprendre les mots de Marc Bloch dans L’Etrange défaite. Vendredi soir, il a donc reçu l’ensemble des forces politiques. Cette réunion n’a fait qu’enkyster la situation. Pendant le week-end, l’UDI et Horizons, le parti d’Edouard Philippe, ont annoncé qu’ils soutiendraient le gouvernement sans y participer. Sur les retraites, le chef de l’Etat n’a consenti qu’à un décalage de l’âge du report alors que les socialistes et les écologistes veulent au minimum une suspension.
Lire aussi | Bruno Retailleau, un chef de LR fragilisé par les « débauchages » de six membres de son parti dans le gouvernement
Le président de la République ne veut ni se contredire, ni gommer une partie de son bilan. Ses plus fidèles ont pourtant compris que l’Elysée devait mettre en scène son éloignement. Agnès Pannier-Runacher a réclamé que le nouveau premier ministre ne soit pas une « personnalité du camp macroniste », et Gabriel Attal a imploré que l’Elysée n’essaie pas de « s’acharner à vouloir garder la main sur tout ». En vain.
M. Macron a-t-il compris qu’il devait s’effacer de son propre quinquennat, du moins en politique intérieure, pour sauver ce qu’il en reste ? Après son refus d’admettre le résultat des élections législatives perdues de 2024, son obstination à garder la main sous différentes formes a déjà conduit deux premiers ministres à échouer en à peine douze mois. Une nouvelle censure la semaine du 13 octobre forcerait sans doute à une dissolution qui ne résoudrait rien, mais précipiterait l’ensemble des partis de gouvernement dans une crise qui s’apparenterait de plus en plus à une étrange défaite.
7. ARTICLE – Le président de la République, au cœur de la crise institutionnelle
Publié: 6 février 2025, THÉ CONVERSATION Arnaud Le Pillouer, Université Paris Nanterre – Alliance Paris Lumières
Emmanuel Macron vient de renommer Sébastien Lecornu premier ministre, quatre jours après sa démission, et sans aucune nouvelle perspective claire pour éviter la censure de l’Assemblée nationale.
Par ses choix, et par le statut que lui confère la Constitution, le président ne serait-il pas le principal responsable de la crise politique actuelle ? Loin de la figure d’arbitre au-dessus de la mêlée partisane défendue par Charles de Gaulle en 1958, le président de la République est devenu, du fait de son élection au suffrage universel direct, une anomalie institutionnelle minant notre démocratie de l’intérieur.
Une nouvelle élection présidentielle serait-elle le remède à tous nos maux institutionnels – avec la perspective d’un retour à un fait majoritaire rassurant, où le nouvel élu bénéficierait d’une majorité suffisante à l’Assemblée nationale pour gouverner le pays sereinement durant cinq ans ? On peut en douter. Car l’élection du président ne constitue nullement la solution, mais plutôt la cause, profonde et ancienne, des difficultés institutionnelles que nous vivons. Ce mode de désignation du chef de l’État n’est certes pas une exception française : il existe en Autriche, en Irlande ou au Portugal, par exemple. Ce qui, en revanche, singularise nos institutions, c’est que le président de la République, fort de sa légitimité électorale, prétend gouverner en lieu et place du chef du gouvernement.
Une configuration institutionnelle absurde
Contrairement à une idée reçue, le pouvoir du chef de l’État sous la Ve République ne tient ni à son élection directe ni aux prérogatives que lui confère le texte constitutionnel, mais au fait que, depuis 1958, c’est lui qui bénéficie du soutien de la majorité parlementaire – et non le premier ministre, lequel lui est dès lors politiquement soumis. Les élections législatives sont même devenues, depuis la réforme instaurant le quinquennat (2000, effective en 2002), de simples élections « de confirmation », tout juste destinées à conférer au vainqueur de la présidentielle la majorité dont il a besoin pour gouverner. Cette configuration, sur le plan institutionnel, est absurde : elle revient à faire élire séparément la majorité parlementaire et son chef – alors que partout ailleurs en Europe, le leader de la majorité émerge à la suite et en fonction du résultat des élections législatives. Nous faisons en deux temps ce qui, partout ailleurs, est réalisé en un seul.Ce système a profondément (quoique progressivement) transformé la culture politique de notre pays. Il suffit pour le constater de songer aux métamorphoses subies par les partis. Initialement, ils ont joué un rôle assez traditionnel de production de programmes et de présélection des élites gouvernantes – notamment des candidats à l’élection présidentielle : ces derniers, pour avoir une chance de l’emporter, devaient (dans une logique très parlementaire) d’abord « prendre le parti ». On voit combien les choses ont évolué depuis lors, du fait du poids croissant de l’élection présidentielle : après avoir assisté à l’émergence du processus des primaires (lesquelles ont consisté à retirer aux partis le choix de leurs candidats), on a vu éclore le phénomène des partis « personnels », construits autour d’une personnalité, et constitués seulement pour en soutenir sa candidature. Les partis se sont donc calqués sur la configuration institutionnelle que l’on connaît : d’abord l’élection d’un homme, ensuite la désignation de « troupes parlementaires » destinées à en suivre les orientations.
Une conception appauvrie de la démocratie
Loin de la figure d’arbitre au-dessus de la mêlée partisane défendue par de Gaulle en 1958, le président de la République est très tôt devenu, du fait de son élection au suffrage universel direct, le chef d’un camp (vainqueur d’un autre, au second tour) – un chef partisan, ayant remporté des élections compétitives, et qui prétend en conséquence gouverner. Cumulant le statut officiel de chef de l’État et celui, officieux, de chef du gouvernement (le premier ministre ne pouvant plus apparaître que comme un simple « collaborateur »), il veut bénéficier de la protection due au premier, tout en assumant les pouvoirs de gouvernement du second : or, la combinaison entre de larges pouvoirs et une totale irresponsabilité n’est ni très appropriée ni très saine.

Mais surtout, tout notre système politique étant organisé autour de l’élection d’un homme, il tend à installer dans la culture politique française une représentation très appauvrie de la démocratie, réduite à la simple capacité des citoyens à se choisir périodiquement un chef. Or, cette conception de la démocratie n’est pas seulement pauvre : elle est dangereuse. Elle sécrète fatalement une attente, celle de l’homme providentiel, capable de résoudre toutes les difficultés et investi par le peuple d’une mission quasi messianique. On se plaint aujourd’hui d’une culture politique française qui serait rétive à toute forme de compromis. Mais cette culture ne s’est pas installée toute seule : elle s’est développée dans le « bain » institutionnel très binaire qu’a imposé petit à petit la Ve République, tout entier articulé autour de l’élection présidentielle. De leur côté, les candidats à la fonction que l’on dit (significativement) « suprême » sont encouragés à apparaître comme providentiels, et donc à multiplier les promesses excessives – lesquelles sont immanquablement déçues par la suite. Cette succession d’annonces d’un avenir radieux et de désillusions abyssales ne fait que ruiner la confiance des citoyens dans les institutions. Bref, l’élection du président au suffrage universel, loin de réaliser la démocratie, la mine de l’intérieur.
Les mandats d’Emmanuel Macron, un condensé des dérives institutionnelles de la Vᵉ République
Les deux mandats d’Emmanuel Macron illustrent parfaitement cette analyse. Après avoir incarné, en 2017, une promesse de renouvellement profond, à la fois de la classe politique française et de ses usages, il a tôt fait de décevoir les espoirs placés en lui, et n’a remporté un second mandat, en 2022, qu’en raison de l’identité de son adversaire. Du reste, les élections législatives qui ont suivi n’ont pas donné, pour la première fois depuis l’instauration du quinquennat, de majorité absolue au vainqueur de la présidentielle. Dans n’importe quelle autre démocratie parlementaire, le résultat de ces législatives de 2022 aurait forcé les partis arrivés en tête (ceux de l’ex-majorité présidentielle) à négocier avec des forces d’appoint (en l’occurrence, Les Républicains, LR) pour produire un accord de gouvernement leur permettant de conduire ensemble la politique de la nation. Il n’en a rien été. D’un côté, le président a estimé pouvoir nommer un gouvernement constitué de ses seuls soutiens ; de l’autre, LR a préféré s’afficher comme un parti d’opposition. Pourtant, d’un côté comme de l’autre, une telle attitude ne pouvait relever que de la posture : les gouvernements d’Élisabeth Borne ou de Gabriel Attal ne pouvaient avoir une chance de se maintenir qu’avec le soutien de LR. De fait, l’essentiel des projets de loi gouvernementaux, entre 2022 et 2024, ont été conçus avec l’appui inédit du Sénat (dans lequel la droite reste traditionnellement majoritaire) et avec le soutien indéfectible quoique discret des députés LR, qui se sont avec une grande constance abstenus de voter les motions de censure déposées par l’opposition. Il s’est donc agi d’une sorte de coalition implicite, qui est restée dans l’ombre simplement parce que notre régime « parlementaire » est perverti par cette élection du président au suffrage universel – qui empêche d’imaginer qu’il puisse partager le pouvoir. C’est bien, en effet, parce qu’Emmanuel Macron avait remporté la présidentielle de 2022 qu’il a pu prétendre mettre en œuvre son programme sans compromis aucun, en dépit de résultats aux législatives qui n’auraient pas dû le lui permettre. Cette coalition a fini par s’afficher comme telle seulement en 2024 et parce que cela lui était devenu nécessaire pour se maintenir au pouvoir. Suite aux élections législatives, Emmanuel Macron a en effet refusé de nommer un gouvernement issu du Nouveau Front populaire (NFP), la coalition arrivée pourtant en tête. Là encore, le statut particulier du président de la Ve République l’a conduit à méconnaître les plus élémentaires règles du parlementarisme : il s’est comporté non comme un arbitre impartial (rôle assigné au chef de l’État chez nos voisins, mais que le président de la Ve République ne peut structurellement pas endosser) mais comme un (mauvais) joueur, cherchant à reconduire au gouvernement les mêmes forces politiques sur lesquelles il s’était appuyé entre 2022 et 2024 (constituée par les partis de la majorité présidentielle et LR). Ne bénéficiant plus de suffisamment de députés pour former à elles seules une majorité absolue à l’Assemblée nationale, ces forces ont alors dû assumer leur alliance afin d’apparaître comme plus majoritaires que le NFP. La coalition est donc, par la force des choses, passée de l’ombre à la lumière.
La Quotidienne : rejoignez les 85 000 abonnés qui nous font confiance pour s’informer au quotidien.
https://www.google.com/recaptcha/api2/anchor?ar=1&k=6Lf3Oc0UAAAAAIbME3Lv7iS7EVeuQzpru1Jbij5N&co=aHR0cHM6Ly90aGVjb252ZXJzYXRpb24uY29tOjQ0Mw..&hl=fr-FR&type=image&v=bGi-DxR800F5_ueMVcTwXc6q&theme=light&size=invisible&badge=bottomright&anchor-ms=20000&execute-ms=15000&cb=wpjfiuvaqul4S’abonner gratuitement
Ce site est protégé par reCAPTCHA et la Google politique de confidentialitéet les conditions de service s’appliquent.
De tels choix ne pouvaient cependant que poser, à terme, des difficultés insolubles : faute d’avoir au moins fait mine d’essayer la solution du Nouveau Front Populaire immédiatement après les élections de 2024, le président Macron était condamné à proposer encore et encore, jusqu’à l’absurde, le même gouvernement, adossé aux mêmes forces politiques, avec à sa tête un premier ministre de plus en plus proche du président lui-même. L’échec du gouvernement Lecornu, mort-né, puis la seconde nomination du même Sébastien Lecornu ne constituent à cet égard que l’ultime avatar de cette sclérose de l’exécutif.
Mais au-delà des stratégies personnelles, on peut percevoir dans cet entêtement « macronien » les conséquences de l’hypertrophie présidentielle qui affecte notre régime : c’est elle qui a empêché la formation d’une véritable coalition en 2022 ; c’est elle encore qui a permis au président de refuser le pouvoir à la coalition arrivée en tête en 2024 ; c’est elle enfin qui conduit chaque parti à se montrer de moins en moins conciliant, de peur d’en payer le prix lors d’une élection présidentielle qui semble n’avoir jamais été aussi proche… La peur de la dissolution conduira peut-être certains d’entre eux à se plier à un compromis – mais celui-ci, chacun le sent bien, ne pourra être que (très) précaire.
Des Français attachés à l’élection présidentielle ?
De fait, l’élection du président est donc problématique aussi bien lorsque le système fonctionne « normalement », que lorsque la machine s’enraye. Du reste, alors que ce mécanisme de désignation du chef de l’État avait eu ses défenseurs au moment de son instauration, il ne se trouve aujourd’hui personne, parmi les spécialistes des institutions, pour le défendre d’un point de vue théorique (c’est-à-dire en exposant les avantages qu’il pourrait procurer). Le seul argument que l’on oppose à ceux qui, de plus en plus nombreux, en signalent les défauts, est purement pragmatique.
Les Français, explique-t-on, sont attachés à l’élection présidentielle – et une suppression de celle-ci serait sans doute mal vécue : nul besoin donc de discuter d’une réforme qui n’aurait que peu de chances d’advenir. On admettra que cet argument a tout de la prophétie autoréalisatrice : si l’on n’en parle pas, il y a peu de chances de voir les critiques que mérite cette élection directe finir par convaincre qui que ce soit. Peut-être est-il temps, enfin, de mettre sérieusement cette élection en question.