
ARTICLE – Syndicats et patronat : 147,2 millions en 2023
Les principales organisations syndicales et patronales ont reçu 147,2 millions en 2023 pour financer leurs missions de dialogue social, selon le rapport annuel de l’Association de gestion du Fonds paritaire national (AGFPN), rendu public jeudi. Ces sommes contribuent au financement de la gestion des organismes paritaires, de la participation des partenaires sociaux aux politiques publiques et à la formation syndicale de salariés.
Les ressources du Fonds paritaire national proviennent d’une contribution des employeurs égale à 0,016% de la masse salariale et d’une subvention de l’État, inchangée depuis la création du Fonds en 2015, de 32,6 millions d’euros. En 2022, les fonds versés étaient de 144,4 millions. En 2023, ils ont augmenté de 1,9%, alors que l’inflation s’est élevée à 4,9%.
Les règles de répartition sont basées sur la représentativité issue des mesures d’audience de 2021 : premier syndicat, la CFDT a perçu 22,3 millions d’euros, la CGT 20,6 millions, FO 17,2 millions, la CFE-CGC 15,4 millions et la CFTC 13,5 millions. Du côté des syndicats non représentatifs (moins de 8% des salariés lors des élections professionnelles), l’Unsa a perçu 4,6 millions d’euros et Solidaires trois millions. Au sein des organisations patronales, le Medef a reçu 14,7 millions d’euros, la CPME 8,8 millions et l’U2P (artisans, commerçants et professions libérales) 5,5 millions.
1. ARTICLE – «Il y a une omerta autour de ce sujet» : le véritable coût du financement des syndicats pour l’État et les entreprises
Par Enguerrand Armanet LE FIGARO
Malgré les obligations de transparence instaurées depuis 2014, les financements publics indirects des syndicats restent largement opaques, jetant une ombre sur le vrai coût du dialogue social estimé à plusieurs centaines de millions d’euros.
Deux semaines après une première démonstration de force, les syndicats remettent la pression. Le 18 septembre, plus de 500.000 personnes avaient déjà manifesté dans toute la France – un million selon la CGT qui avait également apporté son soutien au mouvement «Bloquons tout» du 10 septembre. Déçus par ces batailles perdues, les syndicats sont de nouveau dans la rue ce 2 octobre. La troisième mobilisation générale en moins de 30 jours, qui risque fort d’agacer bon nombre de nos concitoyens. Pourtant, chacun finance – indirectement – l’action des syndicats via les fonds publics alloués chaque année aux partenaires sociaux. Et ce, malgré leur faible représentativité parmi les salariés de l’Hexagone.
«Les syndicats touchent des millions d’euros et ne sont que très peu financés par leurs adhérents… Alors que seuls 10% des Français sont syndiqués !», s’alarme Benoît Perrin…
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2. ARTICLE – Syndicats sous perfusion : l’État compense les cotisations manquantes
2 mai 2025 Fabrice Durtal CONTRIBUABLES ASSOCIES
Moins de monde dans les syndicats, mais plus d’argent public. Une loi de 2014 a discrètement révolutionné le financement des syndicats et conditionne une grande partie de leurs recettes.
Selon les chiffres dévoilés par la Direction générale du Travail, le 8 avril dernier, la CFDT reste à la première place du trio des syndicats du privé. Suivie par la CGT et Force ouvrière après les élections qui se sont déroulées dans toutes les entreprises entre 2021 et 2024.
Les résultats de ces suffrages, marqués par une nouvelle baisse de la participation (36,5 %), sont essentiels pour les organisations syndicales. Celles recueillant plus de 8 % des suffrages peuvent négocier des accords, désigner des conseillers aux prud’hommes. Et surtout encaisser des subventions.
Et ces subventions coûtent cher aux contribuables. En 2023, les principales organisations syndicales et patronales ont reçu 147,2 millions pour financer le « dialogue social », selon le rapport annuel de l’Association de gestion du Fonds paritaire national (AGFPN).
Comme le rappelle Le Canard enchaîné, la loi de 2014 a discrètement révolutionné le financement des syndicats et conditionne une grande partie de leurs recettes.
Voté sous le gouvernement Valls, ce texte a mis en place un Fonds alimenté par de l’argent public et une contribution des employeurs du privé égale à 0,016 % des salaires versés.
Cette manne est répartie entre organisations syndicales et syndicats patronaux selon leur représentativité.
Financement des syndicats : l’Association de gestion du Fonds paritaire national
Avec ce système, les syndicats de salariés qui, en 2015, s’étaient partagés 77 millions ont touché un pactole de 96 millions en 2023 indique Le Canard.
Le paradoxe de l’affaire tient au fait que même lorsqu’une centrale recule électoralement, sa dotation augmente.
Par exemple, La CGT, premier syndicat du privé (26,7 % des voix) en 2015, encaissait 17,57 millions par an il y a 10 ans. En 2023, avec seulement 22,9 % des voix, doublée par la CFDT, elle a touché 20,6 millions, a calculé Le Canard dans son édition du 16 avril 2025 .
Ces fonds sont distribués par les syndicats gérant l’AGFPN : CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT et FO pour les salariés ; Medef, CPME et U2P pour le patronat.
La gestion de l’AGFPN fait débat. Dans un rapport publié en 2024, la Cour des comptes estimait que la création de l’AGFPN constituait « un progrès en regard des systèmes antérieurs ». Mais jugeait que le « contrôle de l’utilisation des fonds » et la pertinence « n’étaient pas véritablement assurés », rappelle Le Canard.
La distribution de cette dotation permet en tout cas aux syndicats de compenser l’érosion de leurs cotisations.
Car le nombre de contribuables profitant du crédit d’impôt lié aux cotisations versées à un syndicat se tasse : entre 2014 et 2023, il est passé de 1 637 000 à 1 269 137 bénéficiaires, soit 370 000 adhérents de moins.
Un chiffre à mettre en perspective avec les 20 millions d’euros supplémentaires empochés par les centrales durant la même période, souligne l’hebdomadaire satirique.