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« LE CHOC OU LE CHAOS » : RESTAURER L’ÉTAT PAR UN CHOC DE RESPONSABILITÉ ET D’AUTORITÉ -DOSSIER

La sécurité est un devoir d’État primordial

Thibault de Montbrial, avocat et président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure, plaide pour un « choc d’autorité » pour restaurer l’État en France, face à l’augmentation de l’insécurité, de la délinquance et du narcotrafic.

Ses ouvrages soulignent l’urgence d’une réponse ferme, affirmant que la sécurité est un devoir d’État indispensable.

En parallèle, le juge Marc Trévidic partage une vision similaire sur la radicalisation et le désarmement de l’État, chacun offrant une perspective distincte sur la justice et l’ordre.

De Montbrial appelle au courage politique pour inverser la tendance actuelle de la délinquance, exerçant une critique forte envers la classe politique.

1. ARTICLE – Thibault de Montrait : «L’État doit assumer l’exercice de la force légitime»

ENTRETIEN. Pour l’avocat, président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure (CRSI), il est urgent d’imposer un « choc d’autorité » dans le pays afin de restaurer la puissance de l’État.

Propos recueillis par Victor Lefebvre22/10/2025

Montée de l’insécurité, délinquance massive, emprise du narcotrafic, antisémitisme rampant et péril islamiste : la France menace de s’enfoncer chaque jour un peu plus dans une situation sécuritaire hors de contrôle. Le point de rupture a manqué d’être atteint lors des émeutes de l’été 2023 consécutives à la mort de Nahel Merzouk.

À LIRE AUSSIThibault de Montbrial : La France face à la guerre urbaine et l’urgence d’un choc d’autorité

« Pendant longtemps, on a voulu croire que les violences urbaines en France se cantonnaient aux banlieues des grandes métropoles […] Cette illusion a volé en éclats. Le désordre n’est plus confiné : il surgit dans des villes moyennes autrefois tranquilles, dans des stations balnéaires, et même dans les communes rurales… », écrit l’avocat Thibault de Montbrial dans son dernier livre, France : Le Choc ou la chute, paru aux éditions de L’Observatoire….

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2. ARTICLE – Le chaos qui vient: portrait croisé de Montbrial et Trévidic

Deux livres, deux expériences, deux visions. Le juge Marc Trévidic et l’avocat Thibault de Montbrial partagent pourtant un même diagnostic : la France est menacée par la radicalisation idéologique et le désarmement de l’État. Des lanceurs d’alerte avant l’heure. 

Par  Amaury Bucco le 22 octobre 2025 VA

L’un parle au nom de la loi, l’autre au nom de l’ordre. L’un incarne la justice, l’autre, la fermeté. Marc Trévidic et Thibault de Montbrial n’ont pas tout à fait le même uniforme, mais tous deux, chacun à leur manière, partagent la conviction que la République vacille lorsqu’elle cesse d’être intraitable. Ils sont surtout les auteurs de deux livres parus ce mois d’octobre, où chacun s’empare de son domaine de prédilection : Justice présumée coupable (Albin Michel) pour le premier, France, le choc ou la chute (Éditions de L’Observatoire) pour le second.

​Les réunir dans un même entretien, c’est, d’une certaine façon, faire dialoguer, pour un instant, ce vieux couple querelleur que forment la police et la justice, condamnées à coopérer malgré leurs divergences. C’est confronter deux visions de l’État, deux pratiques du pouvoir régalien, deux voix divergentes que le souci du pays rapproche. Parce que la justice, et l’État de droit qui en est à l’origine, garante des libertés individuelles, ne peut pas, ou plutôt ne devrait pas être l’ennemie de la cohésion nationale.

« La malveillance des méchants est renforcée par la faiblesse des vertueux »

​Chez Thibault de Montbrial, 57 ans, avocat au barreau de Paris et président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure (CRSI), le ton est celui de l’action politique. Ancien parachutiste, militaire de réserve, avocat de nombreux policiers, il s’est imposé comme l’un des rares intellectuels à parler la langue des forces de l’ordre sans trahir celle du droit. À la tête du CRSI depuis maintenant dix ans, il sillonne la France et rencontre de nombreux hauts fonctionnaires, magistrats, avocats, policiers, gendarmes ou militaires, au contact desquels il a pu peaufiner son analyse.

​Dans son dernier essai, France, le choc ou la chute, il dresse un constat implacable : la France s’effondre parce qu’elle a cessé de protéger avant de redistribuer. « La malveillance des méchants est renforcée par la faiblesse des vertueux », cite-t-il en ouverture, empruntant à Churchill la gravité du ton. Son propos n’est pas seulement sécuritaire, il est plus large : civilisationnel. Il y décrit une République fragilisée par la montée des violences, la désagrégation du lien d’autorité et la porosité migratoire qui mine l’ordre public. La sécurité, martèle-t-il, n’est pourtant pas un luxe, elle est le premier devoir d’un État aujourd’hui dépassé. « Ce n’est pas seulement une question de moyens, c’est une question de volonté », écrit-il. Et son remède tient en un mot : autorité. Quant à la justice, le problème, pour lui, ne réside pas seulement dans les moyens, mais dans la philosophie même : trop lente, trop soupçonneuse à l’égard des forces de l’ordre, trop sensible à la pression médiatique, mais surtout trop pétrie d’idéologie rousseauiste.

Rencontre dans les années 2000: « J’avais été frappé par sa finesse de jugement » 

​À 60 ans, Marc Trévidic représente l’autre versant du régalien: celui de la justice. Ancien juge antiterroriste, ancien président de l’Association française des magistrats instructeurs, actuel président de chambre à la cour d’appel de Versailles, il a instruit les dossiers les plus sensibles des deux dernières décennies, de l’attentat de la rue des Rosiers à l’attentat de Karachi en passant par l’assassinat des moines de Tibhirine ou la filière djihadiste d’Artigat. Difficile de classer politiquement cet ovni médiatique, qui parle en bonne intelligence avec tout le monde, sans aucun sectarisme ni angélisme et que tout le monde écoute. Dans son livre Justice présumée coupable, le magistrat plaide pour une justice réhabilitée, affranchie des soupçons et fantasmes qui pèse sur elle, à tort, mais aussi parfois, lui-même le reconnaît, à raison. « La justice est constamment montrée du doigt, présumée coupable d’être aux ordres ou, au contraire, trop indépendante », constate-t-il dès l’avant-propos, avant de peindre une institution affaiblie, mal comprise, accusée tour à tour de laxisme et d’autoritarisme, prisonnière d’un discours politique qui se nourrit de ses failles.

​S’ils ne s’étaient pas revus depuis près d’une décennie (depuis la mutation du magistrat dans le nord de la France), Marc Trévidic et Thibault de Montbrial ne se découvrent pas. Leur première rencontre remonte aux années 2000, à Nanterre : Trévidic est alors juge d’instruction, Montbrial, avocat de la partie civile. « J’avais été frappé par sa finesse de jugement , se souvient Thibault de Montbrial. Il était très réceptif, très ouvert. » Leurs chemins se croiseront à nouveau quelques années plus tard à l’occasion de l’affaire Karachi, où l’avocat retrouve un magistrat pugnace et rigoureux.

Diagnostic commun: celui d’une société menacée par la radicalisation idéologique

​Mais c’est surtout autour d’un sujet mal connu à l’époque, le terrorisme islamiste, que leur dialogue s’installe durablement. À partir de 2010, le juge antiterroriste et l’avocat engagé sur les questions de sécurité s’accordent sur un diagnostic commun: celui d’une société menacée par la radicalisation idéologique et le désarmement de l’État. Leur collaboration intellectuelle se concrétise en 2014 dans les colonnes du Figaro Vox, où ils signent ensemble plusieurs tribunes sur le terrorisme, d’une lucidité précoce et qui résonnent encore dix ans plus tard. C’est donc tout naturellement que Thibault de Montbrial propose à Marc Trévidic de rejoindre son comité d’honneur lorsqu’il fonde le CRSI, en 2015. Le magistrat acceptera, sans toutefois participer aux travaux, mais en demeurant une figure respectée du cercle devant lequel il a eu l’occasion d’intervenir. « Thibault était passionné par la question de la radicalisation, commente Trévidic. Nous partagions le même diagnostic, même si nous n’avons pas toujours les mêmes sensibilités. Lui est plus dur. »

​L’un et l’autre reconnaissent leurs différences : Trévidic, attaché à la présomption d’innocence et à la nuance, là où Montbrial revendique une vision plus ferme de l’ordre et de la responsabilité. « Sur certains sujets sociétaux, il a une sensibilité plus à gauche que moi, confirme l’avocat, et puis moi… je n’aime pas le rock ! »

3. ARTICLE – Thibault de Montbrial : « La dissuasion du système policier et judiciaire n’existe plus pour les voyous »

mardi 21 octobre 2025 Périco Légasse. SUD RADIO


Thibault de Montbrial, sur la France en plein chaos, invité de Perico Legasse dans « La France dans tous ses états” sur Sud Radio. 

Les statistiques le montrent. Le terrain aussi. La France va mal. Dans son dernier livre, l’avocat Thibault de Montbrial, président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure (CRSI), livre une vision alarmante du chaos vers lequel se dirige l’Hexagone.

Du courage politique pour éviter le chaos

« Il y a aujourd’hui une convergence entre le réel et les statistiques. Ceux qui sont dans le déni, soit ils sont idéologiquement bloqués, soit intellectuellement malhonnêtes. Il y a quelques mois, Eric Dupont Moretti expliquait qu’il n’y avait pas plus de violences aujourd’hui. C’est sidérant. Car c’est un observateur. Il avait les statistiques. Non seulement les chiffres augmentent, mais ils seraient beaucoup plus importants si nos secouristes n’étaient pas devenus des experts en médecine de guerre » explique Thibault de Montbrial au micro de Périco Légasse dans « La France dans tous ses états » sur Sud Radio.

« La peur doit changer de camp« 

« L’être humain est fort avec les faibles, et faible avec les forts. Aujourd’hui, on a une grande délinquance, qui à tort ou à raison considère qu’elle est plus forte que le système, et qu’elle ne risque plus rien. La dissuasion du système policier et judiciaire n’existe plus pour les voyous. Je suis convaincu que la peur doit changer de camp, et pour cela, il faut du courage politique et un état d’esprit » ajoute l’avocat.

« Il y a un véritable rejet de la classe politique »

« Je suis porté par une espérance. Une fois qu’on a eu la lucidité de faire le constat, on peut proposer un certain nombre de choses. Ce ne sont pas ceux qui nous ont rendu malades qui vont nous guérir. Il y a un véritable rejet de la classe politique. C’est très révélateur. Plus ça va mal, plus les vieux partis politiques se complaisent dans des combines politiques à pleurer. Les citoyens ne sont pas dupes. Les évènements graves que l’on va avoir produiront comme à chaque fois dans l’histoire de France, une génération de gens courageux » lance-t-il au micro de Sud Radio.

« Je ne supporte pas ce que la France est en train de devenir« 

« Je ne supporte pas ce que la France est en train de devenir. S’il n’y a pas de rupture, la force des partis qui sont dans un entresoi décalé de la réalité des Français, fera que l’on aura un candidat du système. Mais pour peu que le système soit un peu secoué par un évènement de sécurité, économique ou toute autre cause d’accident. Il est tout à fait possible qu’il y ait l’émergence de quelqu’un ou le regroupement de personnes dont on pense aujourd’hui qu’elles ne pourraient pas se regrouper » conclut Thibault de Montbrial.

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