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M À JOUR – BOUALEM SANSAL – L’ALLEMAGNE FAIT CE QUE LA FRANCE NE FAIT PAS : DEMANDER, PAR LA GRÂCE, UN GESTE HUMANITAIRE – Tribune de Tahar Ben Jelloun

« CE PRÉSIDENT DE LA REPUBLIQUE DEMANDE LA GRÂCE DE BOUALEM SENSAL, ET CE N’EST PAS MACRON« 

TITRE LE HUFFPOST QUI POURSUIT ; Frank-Walter Steinmeier propose d’accueillir l’écrivain franco-algérien en Allemagne pour qu’il reçoive des soins médicaux.

Un appel à un « geste humanitaire ». Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a exhorté ce lundi 10 novembre son homologue algérien à gracier l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné depuis un an en Algérie et au cœur d’une crise diplomatique entre Alger et Paris.

« Un tel geste serait l’expression d’une attitude humanitaire et d’une vision politique à long terme. Il refléterait ma relation personnelle de longue date avec le président Tebboune et les bonnes relations entre nos deux pays », a estimé le président allemand dans un communiqué.

NB : la France réclame une libération immédiate et sans condition, l’Allemagne choisit le terrain humanitaire pour demander une grâce. ( Barrot et Macron étaient restés silencieux lors de la dernière grâce présidentielle qui ne portait pas sur les deux français emprisonnés. En réalité la France privilégie la voie diplomatique, par définition secrète, et n’obtient aucun résultat.

ALORS SUE LA FRANCE EST EMPÊTRÉE DANS UNE CRISE DONT LE PILOTAGE (MACRON/BARROT) EST CHAOTIQUE

L’affaire s’inscrit dans un contexte d’hostilité entre Paris et Alger, qui sont empêtrés depuis plus d’un an dans une crise diplomatique sans précédent qui s’est traduite par des expulsions de fonctionnaires de part et d’autre, le rappel des ambassadeurs des deux pays et des restrictions sur les porteurs de visas diplomatiques.

1. ARTICLE – « Un tel geste serait l’expression d’une attitude humanitaire »… Le président allemand demande la grâce de Boualem Sansal

L’auteur algérien Boualem Sansal est emprisonné depuis un an après avoir déclaré que l’Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires appartenant jusque-là au Maroc.

20 Minutes Publié le 10/11/2025

Le président allemand a exhorté lundi son homologue algérien à gracier l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné depuis un an en Algérie et au coeur d’une grave crise diplomatique entre Alger et Paris.

L’Allemagne va-t-elle jouer le rôle de médiatrice dans l’affaire qui oppose la France et l’Algérie sur le sort de l’écrivain Boualem Sansal ? Appelant son homologue Abdelmadjid Tebboune à un « geste humanitaire », Frank-Walter Steinmeier propose que Boualem Sansal soit transféré en Allemagne pour « y bénéficier de soins médicaux […] compte tenu de son âge avancé […] et de son état de santé fragile ».

« Un tel geste serait l’expression d’une attitude humanitaire et d’une vision politique à long terme. Il refléterait ma relation personnelle de longue date avec le président Tebboune et les bonnes relations entre nos deux pays », a estimé le président allemand, dans un communiqué.

Arrêté à Alger le 16 novembre 2024, le romancier et essayiste franco-algérien Boualem Sansal a été condamné en appel en juillet à cinq ans de réclusion pour avoir notamment déclaré que l’Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires appartenant jusque-là au Maroc.

Un enjeu dans la crise politique entre la France et l’Algérie

Jeudi, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait souligné que la France menait un « dialogue exigeant » avec Alger pour obtenir la libération de Boualem Sansal. L’affaire s’inscrit dans un contexte d’hostilité entre Paris et Alger, qui sont empêtrés depuis plus d’un an dans une crise diplomatique sans précédent qui s’est traduite par des expulsions de fonctionnaires de part et d’autre, le rappel des ambassadeurs des deux pays et des restrictions sur les porteurs de visas diplomatiques.

MISE À JOUR :

2. ARTICLE – Vite, libérez Boualem Sansal

Voilà bientôt un an que l’écrivain Boualem Sansal est emprisonné en Algérie. Un scandale qui ne cesse de ternir l’image de ce régime totalitaire.

Par Tahar Ben Jelloun Publié le 10/11/2025 LE POINT

Un an dans la vie d’un homme innocent, c’est immense. C’est une éternité pourrie. Un an de prison. Une privation de liberté qui est une perpétuelle humiliation du droit et de la justice. Un an durant lequel Boualem aurait pu écrire un livre ou deux. En tout cas, témoigner sur son époque et ses blessures.

Un an où les nuits se tiennent les unes aux autres comme dans un chapelet infini, où la solitude suinte des murs comme le pus qui gouverne ceux qui l’ont condamné.

Un an d’insomnie où le sommeil arrive après la fatigue et le manque d’espoir.

Boualem Sansal n’a rien dit de diffamant. Il a rappelé un fait historique d’une époque où la colonisation française annexait des villes et régions marocaines ou tunisiennes pour enrichir l’Algérie.

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Il n’a pas porté atteinte à l’intégrité territoriale de son pays. Mais, c’est un homme libre qu’il fallait faire taire, l’empêcher d’écrire et de parler, bref lui retirer le droit de vivre, de respirer, de voyager, d’aimer, etc.

Réparer une erreur

Son maintien en prison est un scandale qui ne cesse de ternir l’image de ce régime totalitaire et impopulaire. Un scandale et une injustice que rien ne pourra réparer. Chaque jour, chaque nuit passés dans cette prison est une cruauté qui fait honte à ses juges qui n’ont probablement pas lu une ligne de ce que Boualem Sansal a écrit en tant que romancier, en tant qu’écrivain épris de liberté et de justice.

Sa libération, si elle a lieu ces jours, aura été une réparation d’une erreur, d’une injustice dénoncée dès le début par tous ceux qui, de près ou de loin, ont connu Boualem, son humour, son sens de l’amitié, son talent et la rigueur de ce qu’il écrit.

Le régime algérien n’a rien à gagner en perpétuant cette injustice. Il devrait se rendre à l’évidence et libérer au plus vite un homme innocent, un grand écrivain, un homme qui a cru naïvement à l’humanité telle qu’elle est régie par une junte militaire qui, tôt ou tard, devra rendre des comptes à l’opinion du peuple algérien et de manière plus vaste à l’opinion internationale.

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