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ARTICLE – RÉSEAUX SOCIAUX : POUR EMMANUEL MACRON, IL FAUT ALLER «VERS UNE INTERDICTION JUSQU’À UN CERTAIN ÂGE»
Par Nicolas Guivarch CNEWS 13/11/2025
Lors d’un débat à Toulouse (Haute-Garonne), ce mercredi 12 novembre, Emmanuel Macron s’est montré très critique à l’égard des réseaux sociaux et sur les risques qu’ils font peser sur la démocratie.
Emmanuel Macron entend faire des effets néfastes des écrans et des réseaux sociaux son nouveau cheval de bataille. Interrogé à Toulouse, au siège du quotidien régional La Dépêche du Midi, lors du débat sur «la démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux», le chef de l’Etat est venu «sonner le tocsin» quant aux dangers de ces plate-formes. Et pour y remédier, le président de la République a estimé qu’il fallait aller «vers une interdiction des réseaux sociaux jusqu’à un certain âge».
Au centre d’un cercle de quelque 300 personnes, Emmanuel Macron a assuré que la question était ouverte au sein de l’Union européenne. «Le débat existe, 14-15-16 ans, il faudra qu’on finalise. Et nous sommes en train de construire une coalition en Europe pour cela», a-t-il déclaré.
Et même si le locataire de l’Élysée affirme que «l’objectif» est d’aller vers des décisions concrètes au début de l’année 2026», celui-ci serait prêt à plaider pour l’instauration d’un âge de majorité numérique, fixé à 15 ans, avec vérification obligatoire de l’âge.
Pour lui, «il faut protéger les enfants des réseaux sociaux» et dans l’idéal dès le plus jeune âge, en interdisant tout d’abord les écrans pour les moins de 3 ans et en les évitant au maximum jusqu’à l’âge de 6 ans.
UNE MENACE POUR LA DÉMOCRATIE
Le président français a par ailleurs estimé que «les réseaux sociaux bousculent notre rapport à la formation de nos opinions publiques, aux élections et donc à notre vie démocratique». «On a vu ces derniers temps, dans les élections qui se sont tenues, comment les réseaux sociaux devenaient des agents soit d’interférence, soit de dégénérescence», a-t-il expliqué à propos des élections en Moldavie et en Roumanie.
Alors que 35 % des Français déclarent croire aux théories du complot et que 40 % des Français adhèrent à au moins une contre-vérité scientifique selon un sondage Ifop de 2023, Emmanuel Macron a alerté sur les dangers de la désinformation. Il a affirmé que «la porosité aux fausses informations rend vulnérable» les utilisateurs face à la désinformation, en citant l’exemple des punaises de lit avec «des millions de faux comptes poussés par les Russes qui ont poussé ce truc».
SORTIR DES RÉSEAUX SOCIAUX ?
Le chef de l’État, qui décrit les réseaux sociaux «comme une agora où on serait tous avec des cagoules et où celui qui crie le plus fort a plutôt raison», a laissé sous-entendre qu’il n’exclut pas la possibilité de sortir de certains réseaux sociaux, dont X. «C’est quelque chose à quoi je réfléchis avec beaucoup d’attention, croyez-moi, et que je n’exclus pas du tout», a-t-il assuré.
Mais avant d’en arriver à ce cas, la priorité pour ce dernier est «d’abord de mener la bataille en interne», avant d’ajouter qu’il essayerait «d’obtenir des éléments de régulation et de visibilité» depuis l’intérieur des réseaux.
Le président Emmanuel Macron juge insuffisant ce qui avait déjà été réalisé en termes de régulation de réseaux sociaux. La France pourrait prendre un tournant dans sa gestion des réseaux sociaux à l’instar de l’Australie qui a adopté, fin 2024, une loi interdisant les réseaux sociaux pour les plus jeunes.