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ASSEMBLÉE NATIONALE : SPECTACLE AFFLIGEANT – ABSENCE DE DISCERNEMENT ET DE COURAGE

1. ARTICLE – L’Assemblée nationale est devenue une cour d’école où l’on rivalise de médiocrité et de petitesse intellectuelle

Laurent Sagalovitsch – 12 novembre 2025 SLATE

Semaine après semaine, le spectacle proposé par nos députés nous afflige par leur manque total de discernement et de courage politique.

Jour après jour, la France s’enfonce dans une crise politique qui plonge ses citoyens dans un état d’effarement face à la médiocrité des débats proposés. En vain, nous cherchons une voix capable de parler vrai, de montrer un cap clair pour le pays, sans sombrer dans la démagogie ou les postures partisanes. Au lieu de quoi, nous assistons à un débat de coqs où chacun, au mépris de l’intérêt général, s’entend à flatter le cœur de ses militants sans réaliser que les prises de position déconnectées du réel finissent par abîmer le peu de confiance qui reste entre la population et ses élus.

Il faut le dire avec toute la brusquerie possible: tous bords confondus, nos hommes et femmes politiques ne sont pas à la hauteur des enjeux du moment. Pris au piège de logiques d’appareil, ils rivalisent de propositions parfois si loufoques ou absurdes qu’elles semblent émaner d’un esprit dérangé ou divorcé avec le réel. Par exemple…

Combien de temps allons-nous encore endurer cette comédie des apparences où nul ne semble avoir réalisé à quel point la France se retrouve confrontée à des difficultés qui exigent de la représentation nationale des mesures fortes et clairement exprimées?

Il est tout de même insensé que nos députés continuent de ne pas voir que chaque jour passé renforce encore un peu plus ce sentiment de désespérance désabusée qui travaille la société française. Nous attendons de nos députés de la dignité, de la hauteur de vue, un sens certain des responsabilités et non pas cette foire d’empoigne où, de chicaneries en chicaneries, de vétilles en broutilles, on se complaît à agiter le spectre de la censure comme d’autres menacent de recourir à l’arme nucléaire, si on en vient à armer un pays ennemi, assiégé de toutes parts.

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En particulier, quelle tristesse de voir cette gauche qui ne sait rien proposer d’autre sinon de taxer les riches ou de s’arc-bouter, avec la force du désespoir, sur l’âge de départ à la retraite. Autrefois, la gauche pensait. Désormais, elle recycle des vieilles lunes qui sentent la naphtaline et le populisme de bas étage. Si chacun conviendra qu’il revient aux plus aisés d’assurer les efforts les plus conséquents, on ne peut articuler une politique autour de cette seule idée. Répéter à longueur de temps qu’il suffirait de taxer les riches pour sortir le pays de l’ornière revient à prescrire un somnifère à un insomniaque: il finira par s’endormir, mais les causes structurelles de sa maladie demeureront.

Bâtir une politique économique sur la simple taxation des plus riches est une vision paresseuse de l’exercice politique, où l’on déshabille Paul pour habiller Pierre, sans jamais s’attaquer aux raisons structurelles qui rongent le pays. Cela peut être payant au début. Mais sur le long terme, c’est la garantie de voir les difficultés grandir au point d’arriver à un point de non-retour, quand de toutes parts, l’argent viendra à manquer.

La démocratie n’a jamais consisté à se plier aux volontés du peuple, mais à lui imposer des mesures destinées à garantir son bien-être sur le temps long, quitte à s’exposer sur le moment à des mouvements de protestation.

La gauche a perdu sa capacité d’imagination. Depuis Lionel Jospin, elle a aussi perdu tout pouvoir d’incarnation. Et quand elle ne se vautre pas dans les marécages d’une vulgate populiste et criarde, elle présente le visage d’une gauche atone, sans idées, sans ressort, une gauche cadavérique incapable de penser le monde à venir et ses multiples enjeux. Ses rappels à combattre l’extrême droite sont nécessaires et bienvenus, mais ils ne peuvent masquer un vide idéologique qui ressemble à s’y méprendre à une vacance de l’esprit.

Qui de sensé pourra croire qu’au regard de la situation démographique du pays, on puisse tout à la fois préserver son modèle social et ne pas reculer l’âge de la retraite? Quelle démagogie faut-il pour prétendre le contraire! Quel manque de courage aussi. La démocratie n’a jamais consisté à se plier aux volontés du peuple, mais à lui imposer des mesures destinées à garantir son bien-être sur le temps long, quitte à s’exposer sur le moment à des mouvements de protestation.

On en revient encore à ce courage qui fait tant défaut à la classe politique actuelle. Si on s’entendait à présenter aux Français·es un plan concerté où, sans rien cacher des difficultés pour y arriver, on dessinait les contours d’un nouveau pacte social destiné à conserver les principes de notre modèle redistributif, on leur donnerait une porte de sortie autre que les recettes imbéciles et inopérantes du Rassemblement national.

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Encore faudrait-il pour cela que nos responsables politiques, du moins celles et ceux censés avoir encore deux sous de raison, cessent leurs chamailleries et autres gamineries. Ne comprennent-ils pas que le spectacle proposé ces derniers temps à l’Assemblée nationale, toute cette agitation confuse, ces mesures votées en dépit du bon sens, ces rafistolages permanents, ces détricotages opérés au milieu de la nuit, accentuent encore un peu plus le divorce entre eux et la population? Et s’ils ne le comprennent pas, qu’espérer d’eux sinon de les voir disparaître pour laisser place à un régime autoritaire où l’exercice de la force brute l’emportera sur toutes autres considérations?

Il est peut-être trop tard pour changer la donne. Mais quitte à mourir, qu’on le fasse avec grandeur et dignité. Et en ayant vraiment essayé de remédier aux problèmes présents.

2. Budget 2026 : après la suspension des débats à l’Assemblée nationale, un vote sur les recettes de plus en plus incertain »

TITRE LE MONDE SUI POURSUIT : «  Le gouvernement a décidé que les députés ne siégeraient pas ce week-end, invoquant la fatigue des élus après plusieurs semaines d’intenses discussions budgétaires. La France insoumise et Les Ecologistes dénoncent une manœuvre qui vise à éviter le vote pour envoyer directement le texte au Sénat. 

Le week-end de repos n’était pas prévu mais sera sans doute le bienvenu. Alors que les deux précédentes séances nocturnes à l’Assemblée nationale avaient été marquées par de fortes tensions autour des discussions budgétaires, celle du vendredi 14 novembre témoignait d’une certaine fatigue dans un Hémicycle clairsemé et quelque peu dissipé ou rigolard par moments.

Si elle permet de recharger les batteries, cette pause pour les députés, décidée au dernier moment par le gouvernement jeudi soir, rend définitivement caduque la possibilité d’un vote sur la partie recettes du projet de loi de finances (PLF) 2026, prévu lundi 17 novembre. Un nouveau report pour sceller le sort de cette première partie de la copie budgétaire, qui devait déjà être tranché le 4 novembre mais avait été repoussé en raison du nombre d’amendements encore à étudier. Bis repetita donc quelques jours plus tard, alors que plus de 1 500 amendements restaient à examiner. « 

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