
ARTICLE – « Des économies, non pas sur les bénéficiaires, mais de gestion » : la création de l’allocation sociale unique relancée par Sébastien Lecornu
Aude Henry et AFP. le14/11/2025
Une allocation sociale unique pour « faire des économies de gestion » : un projet de loi va être déposé en ce sens au mois de décembre, a annoncé Sébastien Lecornu lors des Assises des Départements de France qui se tenaient à Albi (Tarn) ce 14 novembre 2025.
C’est une réforme promise par Emmanuel Macron depuis 2018. Et elle devrait être engagée dès ce mois de décembre 2025 avec le dépôt de projet de loi en faveur d’une allocation sociale unique. L’annonce a été faite, ce 14 novembre 2025, par le Premier ministre dans le cadre des Assises des Départements de France qui se sont déroulées à Albi, dans le Tarn.
« Des économies non pas sur les bénéficiaires, mais de gestion »
Réclamée principalement par la droite, défendue successivement par Michel Barnier puis François Bayrou qui n’ont pas eu le temps d’engager ce chantier, l’allocation sociale unique « va faire l’objet d’un projet de loi rapide, puisqu’il sera déposé au conseil des ministres au mois de décembre« , a affirmé Sébastien Lecornu lors des 94ᵉ Assises des Départements de France. Objectif : « rapprocher la prime d’activité, le RSA et un certain nombre d’aides au logement ».
La mesure « aura un mérite : le paiement au juste droit. Parce que d’un côté, la fraude est scandaleuse et inacceptable parce qu’elle vient mettre un coup de canif dans le pacte social républicain. Et de l’autre, voir des Françaises et des Français qui n’arrivent pas à ouvrir leurs droits et qui se mettent eux-mêmes en situation d’exclusion d’ouvrir leurs droits, par définition, ce n’est pas la promesse républicaine non plus« , a justifié le Premier ministre.
Pas question toutefois de faire des économies sur le dos des bénéficiaires, a déclaré Sébastien Lecornu. Le dispositif devrait permettre « tout simplement des économies de gestion. » La création de cette allocation sociale unique a vocation à rendre les prestations sociales plus lisibles, mais les contours de cette réforme sont encore flous. Quid de l’allocation adultes handicapés ? Cette allocation unique sera-t-elle plafonnée, « à 70% du Smic » comme le réclame le chef de file Les Républicains, Laurent Wauquiez ? Ces questions restent pour l’heure en suspens.
Gare à « l’harmonisation vers le bas »
Pour les associations de défense des plus précaires, l’idée d’une simplification et d’une harmonisation des bases des prestations sociales est « une bonne chose en soi » au vu du taux de non recours de certaines d’entre elles. Mais il ne faudrait pas que cette réforme se fasse aux dépens des plus vulnérables, insistent-elles, mettant en garde contre la tentation d’une « harmonisation vers le bas« .
Ce risque de potentiels « perdants » avait été pointé en 2018 par France Stratégie, un organisme rattaché à Matignon, selon lequel la fusion de plusieurs prestations pourrait « à budget constant » entraîner une baisse de ressources pour 3,55 millions de ménages.
En clôture des Assises des Départements de France, le Premier ministre a également évoqué une réforme profonde des Agences régionales de Santé. Face à des collectivités qui pour certaines sont au bord de l’asphyxie financière, Sébastien Lecornu a également proposé de doubler le fonds de sauvegarde des Départements, à hauteur de 600 millions d’euros.
TABLEAU DES AIDES SOCIALES
