
1. LA DETTE AU CŒUR DE L’EFFONDREMENT DE LA FRANCE
La France est en panne, l’action publique est bloquée, les réformes indispensables sont impossibles
LA DETTE A DES DIMENSIONS MULTIPLES – ELLE ILLUSTRE LA DÉCENNIE MACRON DE L’EFFONDREMENT DE LA FRANCE :
– LA DETTE EMPÊCHE L’ACTION PUBLIQUE EN CONFISQANT LES CRÉDITS NÉCESSAIRES À DES POLITIQUES PUBLIQUES EN FAILLITE
– LA DETTE CONTRAINT À DES AUGMENTATIONS D’IMPÔTS QUI FREINENT LA CROISSANCE ET AMPUTENT LE POUVOIR D’ACHAT
– LA DETTE RISQUE – DE SURCROÎT – D’ENTRAÎNER UNE GRAVE CRISE FINANCIÈRE ( EN FRANCE ET EN EUROPE PAR CONTAGION )
– LA DETTE PEUT CONDUIRE À UNE MISE SOUS TUTELLE DE LA FRANCE – SUR LE MODÈLE GREC – ET ENTRAÎNER UNE RÉCESSION DRASTIQUE ET UN EFFONDREMENT DE L’ÉCONOMIE ET DU POUVOIR D’ACHAT
2. La dette publique de la France aura augmenté de 1349 milliards ENTRE 2016 ET 2026
En 2016, la dette publique française était d’environ 2 147 milliards d’euros, et en 2025, elle est montée à environ 3 416 milliards d’euros. ( prévu pour 2026 à hauteur de 80 MILLIARDS )
À la fin de 2016, la dette publique était estimée à 2 147,2 milliards d’euros, représentant environ 96% du PIB de l’époque.
3. L’effort d’ajustement nécessaire pour stabiliser la dette et restaurer des marges est de 112 à 127 milliards d’euros en 6 ans.
Or les voies pour y parvenir ne sont pas visibles.
Quelles seraient les hypothèses si la dette publique de la France continuait de croître faute de mesures de redressement de nos finances ? Cette question est évoquée dans le billet ci contre.
4. NOUVELLE AUGMENTATION DE LA DETTE EN 2026 : 70 à 80 MILLIARDS
L’augmentation totale de la dette publique française en 2026 par rapport à 2025 devrait se situer autour de 70 à 80 milliards d’euros.
5. LE REMBOURSEMENT ANNUEL AUGMENTERA DE 10 MILLIARDS EN 2026
L’Agence France Trésor prévoit d’émettre 310 milliards d’euros de nouvelles dettes en 2026, contre 300 milliards en 2025, soit une hausse de 10 milliards d’euros. Sur ces 310 milliards, environ 175,8 milliards serviront au remboursement de la dette à moyen et long terme, en hausse de près de 8 milliards par rapport à 2025. Enfin, le déficit public, bien qu’en légère amélioration, restera élevé, contribuant à la croissance nette de la dette.
L’ensemble de ces facteurs conduit à une augmentation nette significative, intégrant à la fois les emprunts nets (afin de financer le déficit) et le refinancement de la dette arrivant à échéance. Selon plusieurs sources et analyses, cette augmentation nette de la dette totale devrait donc avoisiner 70-80 milliards d’euros pour l’année 2026.
6. L’effondrement de la France vient d’une combinaison de facteurs politiques, économiques, moraux et sociaux majeurs.
La crise politique avec des gouvernements instables et démissions rapides
( associée à une crise morale où mensonges et vérités sont – en même temps – au cœur d’une communication valant action, au plus haut niveau )
Une insécurité devenue inacceptable pour une très large majorité des français.
Une dette publique très élevée dépassant 112% du PIB, un déficit budgétaire chronique, et une défiance croissante des marchés financiers qui ralentit la croissance économique.
En parallèle, les tensions sociales telles que les mouvements de protestation, la hausse du chômage notamment chez les jeunes, l’inflation qui réduit le pouvoir d’achat, ainsi que des réformes impopulaires contribuent à un sentiment d’instabilité.
Le modèle social français et la cohésion nationale sont menacés par ces facteurs, avec un effondrement des politiques publiques.
Ces dysfonctionnements nourrissent un pessimisme sur la capacité de la France à se redresser sans réformes profondes et compromis politiques difficiles, certains allant jusqu’à évoquer un “effondrement” comparable à celui de pays en crise grave.
EN RÉSUMÉ :
Arguments politiques et moraux
• Instabilité gouvernementale extrême, avec des gouvernements qui tombent rapidement, comme celui de Michel Barnier en 2024, le plus court de la Cinquième République.
• Division marquée au sein de l’Assemblée nationale, empêchant la formation d’une majorité stable et la mise en œuvre de réformes.
• Tensions croissantes entre le gouvernement et la population, avec des manifestations récurrentes et un fossé important entre la rue et les dirigeants.
Arguments économiques
• Dette publique élevée à plus de 112% du PIB, accompagnée d’un déficit budgétaire prévu supérieur aux critères européens (6% en 2025).
• Perte de confiance des investisseurs et hausse des taux d’emprunts, aggravant la situation financière du pays.
• Croissance économique faible face à une inflation persistante qui érode le pouvoir d’achat et accentue la précarité des ménages.
• Conséquences des crises mondiales récentes (pandémie, guerre en Ukraine, tensions commerciales) aggravant la situation française.
Arguments sociaux
• Hausse importante du chômage, notamment chez les jeunes, et accroissement de la pauvreté.
• Mobilisations sociales fortes contre des réformes douloureuses (retraites, protection sociale, jours fériés).
• Fragilisation du modèle social français et menace sur la paix sociale, qui pourrait conduire à une désintégration de la cohésion nationale.
• Montée des mouvements extrémistes exploitant le mécontentement général.
6 BIS. La double crise morale et éthique est au cœur de l’effondrement de la France
La part de la double crise morale et éthique dans l’effondrement de la France est significative, car elle touche au cœur de la confiance et de la cohésion nationales.
Cette crise morale se manifeste par une faillite de la crédibilité des élites dirigeantes qui apparaissent déconnectées, promettant des réformes jamais tenues tout en accumulant une dette publique massive.
L’absence de volonté réelle de lutter contre certains fléaux majeurs – insécurité, immigration illégale, communautarisme, narcotrafic … accroît la défiance générale face au verbe politique égotiste, contradictoire de responsables politiques.
Les dirigeants demandent aux citoyens des sacrifices, mais sont perçus comme responsables de l’instabilité et des impasses économiques, ce qui nourrit colère et désillusion. Ce décalage entre discours politique et réalité vécue mine la confiance collective, pilier indispensable à la stabilité sociale et économique.
Par ailleurs, cette crise éthique est liée à un sentiment profond d’injustice sociale et d’une fracture entre les élites et les « gens d’en bas « .
La perception que ce sont les classes moyennes et populaires qui paient le prix de la crise, alors que les élites semblent protégées par des privilèges, accentue le ressentiment et le mécontentement social.
Le pessimisme sur l’avenir est exacerbé par la défiance envers les institutions et une perte générale de repères moraux dans la gestion publique et politique.
Ainsi, la double crise morale et éthique alimente fortement la perception d’un effondrement, en sapant la confiance dans les gouvernements, les institutions et le système économique, tout en creusant les tensions sociales.
Elle contribue à l’impression d’une France en déclin irréversible où la crise politique et économique s’entrelacent avec une crise profonde des valeurs et du contrat social
Ces éléments alimentent l’analyse d’un effondrement en cours de la France, dans ses structures politiques, économiques et sociales et morales.
Ce diagnostic est soutenu par la gravité des blocages et la nécessité d’un changement profond
– sans que les voies et moyens de faire les réformes indispensables ne soient visibles –
pour éviter une crise encore plus grave.
7. CERTAINES DES PUBLICATIONS DE METAHODOS :
LE REDRESSEMENT DE L’ÉCONOMIE FRANÇAISE NECESSITE UNE RÉDUCTION DE 112 MILLIARDS DU DÉFICIT
https://metahodos.fr/2025/10/17/96174/
LE RETOUR AUX ÉQUILIBRES BUDGÉTAIRES SERA IMPOSÉ DE L’EXTÉRIEUR – POINT DE VUE
https://metahodos.fr/2025/11/04/le-retour-aux-equilibres-budgetaires/
LE FMI INVITE À UNE RÉVISION DU CONTRAT SOCIAL FACE À L’EXPLOSION DE LA DETTE
https://metahodos.fr/2025/11/12/96875/
LA DETTE SOCIALE DE LA FRANCE 1974-2024 – LE TRÈS MÉDIATIQUE N. DUFOURCQ CRÉE LA POLÉMIQUE – SA THÈSE – SUR MÉDIATISÉE – EST CONTESTÉE
https://metahodos.fr/2025/11/17/la-dette-sociale-de-la-france-1974-2024/
8. ARTICLE – « Le mur de la dette est devant nous mais à quelle distance ? »
Quelles seraient les hypothèses si la dette publique de la France continuait de croître faute de mesures de redressement de nos finances ? Ancien conseiller à la Cour des comptes, François Écalle fait le point.
Ouest-France François ÉCALLE (*).Publié le 20/11/2025
« La dette publique de la France a dépassé 3 300 Md€ à la fin de 2024. Pour suivre son évolution dans le temps et la comparer à celle des autres pays, il faut la rapporter au produit intérieur brut (PIB). Elle est passée de 30 % du PIB en 1984 à 60 % en 1996 et 113 % en 2024, ce qui la situait alors à la 3e place de l’Union européenne, derrière la Grèce et l’Italie alors que l’Espagne, la Belgique et le Portugal étaient devant nous en 2017.
Pour les économistes, la dette est soutenable si l’État montre qu’il peut la stabiliser en pourcentage du PIB, traduction mathématique de l’idée qu’elle est sous contrôle. L’effort requis pour la stabiliser dépend des perspectives d’évolution de son taux d’intérêt et de la croissance du PIB. Avec des hypothèses prudentes, cet effort est d’environ 120 Md€, soit 4,0 % du PIB, à étaler sur plusieurs années.
Les débats en cours à l’Assemblée nationale sur le budget pour 2026montrent qu’il n’y a aucun consensus sur des mesures de redressement autres que des hausses d’impôts sur les « riches » et les « grandes entreprises », ce qui posera de très graves problèmes de compétitivité pour les entreprises et d’attractivité pour les ménages bien avant qu’on ne trouve 120 Md€ avec de telles solutions.
Il est donc très probable que la croissance du PIB reste faible, que le déficit reste élevé et que le rapport de la dette au PIB continue à augmenter. Avec des hypothèses prudentes, elle pourrait atteindre 135 % du PIB au début des années 2030.
L’aide de la BCE, jusqu’où ?
Nos créanciers pourraient donc s’inquiéter de ne pas être remboursés et exiger des taux d’intérêt plus élevés, ce qui ne ferait qu’aggraver le problème et pourrait conduire effectivement à un défaut de paiement catastrophique, plus personne n’acceptant alors de nous financer. L’indicateur des craintes de nos créanciers est l’écart entre les taux d’intérêt des obligations publiques françaises et allemandes. Cet écart a augmenté depuis la dissolution de 2024, mais il reste nettement inférieur à ce qu’il était en 2011-2012 en France et, surtout, dans les autres pays méditerranéens de la zone euro.
Les Jeux olympiques de Paris 2024 ont-ils amélioré l’image de la France à l’international ?
Les acteurs des marchés financiers savent en effet que la Banque Centrale Européenne (BCE) a depuis cette époque les moyens juridiques et financiers d’acheter les obligations émises par un État de la zone euro en quantité illimitée et d’arrêter ainsi toute hausse du taux des obligations publiques françaises. Ils savent aussi qu’un défaut de remboursement de ses dettes par la France provoquerait un choc financier redoutable par la BCE.
Ils pourraient toutefois se rappeler soudainement que l’intervention de la BCE n’est pas automatique. Le pays aidé doit respecter les règles budgétaires européennes, ce qui a toujours été très difficile pour la France, et pouvoir stabiliser sa dette en pourcentage du PIB, ce dont nous sommes incapables. Ils pourraient un jour réaliser que la BCE ne peut pas nous aider ou ne peut nous aider qu’en contrepartie d’un programme de redressement inacceptable par la société française.
Ce jour-là, les taux d’intérêt monteront brutalement et un bras de fer s’engagera entre la France, la BCE et les autres pays européens qui se terminera par une violente cure d’austérité, imposée de l’extérieur, ou par une explosion de la zone euro et le retour à un Franc très dévalué. Ce mur est devant nous mais personne ne sait si nous nous fracasserons dessus dans 6 mois, dans dix ans ou plus tard. »
(*) Conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, président de l’association Fipeco (Finances publiques et économie). Dernier ouvrage publié : « Mécomptes publics » (Odile Jacob, avril 2025).