
ARTICLE – Vœux présidentiels : de Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron, retour sur ces promesses politiques qui n’ont pas été tenues
Article rédigé par Thomas Pontillon, Malika Cheklal – Publié le 31/12/2025 FRANCE INFO
Avec sa valse d’annonces, le réveillon du Nouvel an est souvent le temps des promesses avortées pour les présidents de la République lors de leur traditionnel discours à la télévision. Retour dans le passé.
Le 31 décembre sonne l’heure du bilan et des nouvelles résolutions. Chez les chefs d’Etat français, l’usage veut que l’année passée se clôture par une allocution présidentielle. Ce moment est souvent l’occasion de tisser ou de restaurer un lien de confiance grâce à des engagements, résolus d’optimisme pour l’avenir… quitte à ne pas pouvoir les respecter.
Pour son deuxième quinquennat, Emmanuel Macron se prête à cet exercice pour la neuvième fois mercredi soir. « 2026 sera une année d’action », promet déjà son entourage, dans un moment où le chef de l’Etat est confronté à une impopularité record pour sa dernière année pleine à la tête du pays.
Toutefois, en jetant un regard dans le rétroviseur, cette tradition semble parfois se transformer comme un mauvais souvenir. Ainsi, lors de ses premiers vœux en 2017, le chef d’Etat macroniste s’engageait alors pour « que nous puissions apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd’hui sans abri(Nouvelle fenêtre). Nous continuerons l’effort indispensable pour réussir à pleinement respecter l’engagement que j’ai moi-même pris devant vous. »
Presque neuf ans plus tard, la promesse n’est pas tenue. Il y a toujours des personnes sans domicile fixe à la rue et les hébergements d’urgence sont encore saturés. Selon le dernier baromètre de l’Unicef, il y a environ 350 000 personnes sans abris en France, dont un peu plus de 2 000 enfants.
De la promesse au boulet
Emmanuel Macron n’est pas le seul président à ne pas avoir pu tenir ses promesses formulées un soir de 31 décembre. Faisons un petit retour dans le temps en 2012, avec les premiers vœux de François Hollande. Et une promesse qu’il va traîner comme un boulet tout le long de son quinquennat. « Toutes nos forces seront tendues vers un seul but, celui d’inverser la courbe du chômage d’ici un an. Nous devrons y parvenir coûte que coûte », affirmait le chef d’Etat socialiste le 31 décembre.
Finalement, un an plus tard, le chômage n’a pas baissé. Ce ne sera pas non plus le cas l’année suivante. Il faudra patienter jusqu’à la fin de l’année 2015, soit trois ans après, pour voir la courbe commencer à s’inverser. Et ce n’est qu’à partir des années 2016 et 2017, à la fin de son quinquennat, que la baisse du chômage sera véritablement nette et durable.
Changeons de président et retournons fin 2010 en présence de Nicolas Sarkozy. Le président fait face à la crise financière de 2008 et cela fait deux ans que la France ne respecte pas la règle européenne sur le déficit public.
Le chef de l’État affirme alors ceci :« La France tiendra donc ses engagements en équilibrant ses comptes. Je ne transigerai pas sur cet objectif ». Si le déficit va en effet baisser dans les deux années qui suivent, il restera malgré tout en dehors des clous pour respecter les engagements européens.
Un rituel présidentiel
Les vœux du 31 décembre sont souvent un exercice entendu, avec des formules quasi rituelles qui ne disent pas toujours grand-chose. Par exemple, « l’année qui s’ouvre est souvent décisive » ou « il faudra compter sur les atouts de la France ». Autant de phrases toutes faites fréquemment prononcées.
Enfin, ce n’est pas vraiment une promesse non-tenue, mais les vœux du général de Gaulle du 31 décembre 1967 demeurent mémorables. Il se demande ce que réserve l’année 1968 à la France. A priori, elle ne sera pas mauvaise, selon lui : « En considérant la façon dont les choses se présentent, c’est vraiment avec confiance que j’envisage pour les douze prochains mois l’existence de notre pays », soutient le pionnier de la Ve république.
Avant de faire preuve, quelques secondes plus tard, d’un petit peu de prudence : « A moins de graves secousses qui bouleverseraient l’univers, notre situation continuera de progresser et tout le monde y trouvera son compte. » Finalement, il y a bien eu de « graves secousses » comme le dit de Gaulle, entre les évènements de Mai 68 et l’année suivante… avec sa propre démission.