

EROSTATE, DÉFINITION
Hérostrate ou Erostate (en grec ancienἩρόστρατος / Hêróstratos qui signifie littéralement Armée d’Héra est l’incendiaire du temple d’Artémis à Éphèse, considéré comme l’une des Sept Merveilles du monde antique. VOIR ARTICLE 1.
Récit d’un espoir déçu
Les journalistes Nicolas Domenach et Maurice Szafran ont cru à la promesse macronienne de 2017. Près de dix ans plus tard, ils dressent un réquisitoire implacable du second quinquennat dans un livre publié mercredi 7 janvier.
« Les deux plumes du magazine Challenges sont de ceux qui furent emballés, il y a près de dix ans, par cet « homme exceptionnel », qui avait « des intuitions, du courage, de l’ambition pour le pays et pour ses citoyens » et se revendiquait de gauche. Journalistes politiques chevronnés, ils crurent à la promesse macronienne de réconcilier les Français, de soulever les énergies, d’insuffler une « espérance européenne susceptible de nous faire voir de nouveau la France en grand », et l’avouent humblement dès l’introduction. » VOIR ARTICLE 2.
NOS PUBLICATIONS PRÉCÉDENTES :
« NÉRON A L’ÉLYSÉE » (1) : EXTRAITS EN AVANT PREMIÈRE
https://metahodos.fr/2026/01/06/neron-a-lelysee-extraits-en-avant-premiere/
« NÉRON À L’ÉLYSÉE » (2) : COMPRENDRE L’EFFONDREMENT DE LA 5eme REPUBLIQUE
https://metahodos.fr/2026/01/07/neron/
MISE À JOUR – « NERON L’INCENDIAIRE DESTRUCTEUR », « LE GONDWANA FRANÇAIS » – LA FRANCE VUE D’AILLEURS (suite 2)
ARTICLE – Néron ou Hérostrate à l’Élysée ?
AGORA VOX 23 décembre 2025
Dans les couloirs feutrés de la politique française, un livre s’apprête à faire grand bruit. Néron à l’Élysée, co-écrit par les journalistes chevronnés Nicolas Domenach et Maurice Szafran, est annoncé pour le 7 janvier 2026 chez Albin Michel. Ce pamphlet incendiaire compare Emmanuel Macron à l’empereur romain Néron, ce tyran décadent accusé d’avoir laissé brûler Rome pour mieux la reconstruire à son image – ou, selon la légende, d’avoir joué de la lyre pendant que les flammes ravageaient la cité.
Les auteurs y dépeignent un président « exceptionnel » qui s’est « exceptionnellement planté », un leader charismatique transformé en autocrate destructeur, dont le mandat aura marqué la France d’une empreinte de chaos et de division.
Mais si Néron incarne la folie du pouvoir et la négligence criminelle, une autre figure antique pourrait tout aussi bien convenir : Héroststrate.
Ce jeune Éphésien qui, en 356 av. J.-C., incendia le temple d’Artémis – l’une des Sept Merveilles du monde – non par haine des dieux, mais par pur désir de gloire éternelle. Condamné à l’oubli par décret, son nom a traversé les siècles, donnant naissance à l’expression « gloire hérostatique » :
la notoriété acquise par la destruction.
Et si Macron, au-delà de la décadence néronienne, était cet Héroststrate moderne, saccageant les fondations de la République pour que l’Histoire retienne son nom comme celui d’un réformateur audacieux ?
Cette question n’est pas anodine. Elle éclaire les critiques récurrentes portées contre le macronisme : une convergence entre le grand patronat et une politique immigrationniste perçue comme destructrice, au service d’un néolibéralisme débridé.
Examinons ces accusations, souvent formulées par les souverainistes et les critiques de gauche radicale, pour voir si elles penchent plus vers le pyromane négligent (Néron) ou le vandale calculateur (Héroststrate).
La convergence patronat-immigrationniste : un incendie contrôlé ?Au cœur des reproches figure cette « convergence patronat immigrationniste », une alliance tacite entre les intérêts du capital et une ouverture aux flux migratoires. Le Medef et les grandes entreprises françaises plaident depuis des années pour une immigration choisie, arguant des pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs comme la construction, l’agriculture ou les services.
Sous Macron, les demandes d’asile ont explosé – 124 000 en 2023, contre 85 000 en 2017 – et les régularisations ont suivi, souvent sans filtre rigoureux.
Est-ce de la négligence néronienne, laissant les frontières s’embraser sous la pression des crises mondiales ? Ou un calcul hérostatique, où l’immigration sert d’outil pour remodeler la société française au profit d’un modèle économique globalisé ?
Prenons les objectifs avoués : casser les salaires ouvriers. Des études économiques montrent que l’afflux de main-d’œuvre immigrée, souvent non qualifiée, exerce une pression à la baisse sur les rémunérations dans les bas échelons. En France, une augmentation de 10 % de l’immigration dans un secteur peut réduire les salaires des natifs de 0,5 à 1 %, particulièrement là où le SMIC rigidifie le marché.
Le patronat en tire profit, important des travailleurs bon marché via des accords bilatéraux, tandis que la classe ouvrière se sent déclassée.
Néron regarderait le feu se propager ;
Héroststrate l’allumerait pour forger un nouveau temple du capitalisme.
Ensuite, diviser la classe ouvrière. L’immigration alimente les fractures sociales, opposant natifs et nouveaux-venus dans une concurrence pour l’emploi, le logement et les aides. Dans les zones rurales et périurbaines, cela booste le vote RN, transformant les gilets jaunes en électeurs lepénistes.
Macron, avec son « en même temps » – dur sur les expulsions (record de 125 000 en 2023) mais ouvert aux entrées – joue sur cette division, affaiblissant les syndicats et les mouvements ouvriers traditionnels.
Une stratégie hérostatique par excellence :
détruire l’unité pour régner.
Pire, l’entrée sans filtre d’un « lumpenprolétariat étranger » – ce sous-prolétariat marginal, souvent associé à la précarité et à la criminalité. Sous Macron, les flux irréguliers ont gonflé, intégrant des migrants sans compétences dans l’économie informelle des banlieues. Cela exacerbe les tensions, comme lors des émeutes de 2023, et dilue l’assimilation républicaine.
Néron laisserait faire ;
Héroststrate l’encouragerait pour briser les chaînes d’une France « archaïque ».
Le choc doctrinal et les dépenses folles
Inspiré de la « doctrine du choc » de Naomi Klein, ce macronisme exploite les crises – gilets jaunes, Covid, guerre en Ukraine – pour imposer des réformes néolibérales. La loi immigration de 2023, durcie sous influence RN mais maintenant des quotas élevés, illustre cette tactique :
profiter du chaos pour libéraliser davantage.
C’est Héroststrate qui frappe, utilisant le feu pour purger et reconstruire.
Ajoutez les dépenses militaires dans un pays fauché. La France, plombée par un déficit de 5,5 % du PIB, a vu son budget défense passer de 32 milliards en 2017 à 50 milliards en 2025, visant 64 milliards en 2027. Cela profite au complexe militaro-industriel (Dassault, Thales), via des exportations records, mais au détriment des services publics.
Néron dilapiderait pour sa gloire personnelle ;
Héroststrate pour un legs géopolitique, aligné sur l’OTAN et l’Europe.
Enfin, la négation de la culture française.
Macron, en flirtant avec un multiculturalisme « inclusif », converge avec la « créolisation » prônée par Jean-Luc Mélenchon – ce métissage culturel vu comme inévitable et positif. La France « traditionnelle » s’efface au profit d’une hybridation, où l’assimilation cède à la diversité imposée. Des discours sur une France « diminuée » sans immigration font écho à une volonté de détruire l’ancien pour un nouveau récit national. Pure gloire hérostatique.
Néron ou Héroststrate : un empereur hybride ?
Au final, Macron n’est ni tout à fait Néron ni purement Héroststrate, mais un hybride destructeur. Le Néron en lui incarne la décadence d’un pouvoir isolé, indifférent aux flammes sociales qu’il attise par incompétence ou arrogance. L’Héroststrate révèle un calcul froid : saccager les piliers de la Ve République – souveraineté, unité sociale, identité culturelle – pour graver son nom comme celui du « réformateur du siècle ».
Le livre de Domenach et Szafran, en le peignant en Néron, sous-estime peut-être cette dimension intentionnelle. Mais dans les deux cas, l’Élysée brûle, et la France paie les pots cassés.
Alors que le mandat touche à sa fin, l’Histoire jugera.
2. ARTICLE – « Néron à l’Elysée », récit d’un espoir déçu par la présidence d’Emmanuel Macron
Les journalistes Nicolas Domenach et Maurice Szafran ont cru à la promesse macronienne de 2017. Près de dix ans plus tard, ils dressent un réquisitoire implacable du second quinquennat dans un livre publié mercredi 7 janvier.
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Les bons sentiments ne font pas de la bonne littérature, dit-on. En revanche, les amours déçus peuvent produire de piquantes analyses, surtout en politique. C’est le cas du dernier ouvrage de Nicolas Domenach et Maurice Szafran, Néron à l’Elysée (Albin Michel, 256 pages, 20,90 euros), récit affligé d’une profonde déception.
Les deux plumes du magazine Challenges sont de ceux qui furent emballés, il y a près de dix ans, par cet « homme exceptionnel », qui avait « des intuitions, du courage, de l’ambition pour le pays et pour ses citoyens » et se revendiquait de gauche. Journalistes politiques chevronnés, ils crurent à la promesse macronienne de réconcilier les Français, de soulever les énergies, d’insuffler une « espérance européenne susceptible de nous faire voir de nouveau la France en grand », et l’avouent humblement dès l’introduction.
Il est vrai qu’Emmanuel Macron séduisit les deux éditorialistes, leur octroyant en octobre 2016 une « longue et puissante interview », se vantent-ils. Dans cet entretien fleuve, le candidat « En Marche », volubile, affirmait la nécessité impérieuse de « retrouver un imaginaire commun » et d’inventer une « nouvelle forme d’autorité démocratique ». Les éditoriaux élogieux à l’égard du jeune candidat se multiplièrent dans l’hebdomadaire à mesure qu’approchait l’échéance présidentielle, au point de susciter les protestations de la société des rédacteurs …
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