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« Jupiter rattrapé par le comique troupier … et par la patrouille » – NÉRON (7)

ARTICLE – Diplomatie du comique troupier ou révélation des contraires 

Par Jean Daspry / 06.01.2026 LE DIPLOMATE MÉDIA

Par Jean Daspry, pseudonyme d’un haut fonctionnaire, Docteur en sciences politiques

« Rien n’est sérieux en ce bas monde que le rire » (Gustave Flaubert). Le rire est à la mode[1]. C’est le moins que l’on autorisé à dire dans la sphère de la diplomatie jupitérienne[2]. Au fil des années, des mois qui passent, la véritable personnalité de notre Président girouette qui tourne avec le vent, de notre Napoléon en carton-pâte, s’affirme au grand jour. Toute sa démarche sur la scène internationale prêtre à sourire, à rire. Ses interlocuteurs n’en reviennent toujours pas des Facéties du Sapeur Camenber Emmanuel Macron qui fonctionne à l’ambiguïté. Par maints aspects, il nous rappelle les comiques troupiers[3] qui faisaient le délice de nos bidasses lors de leurs moments de détente. Mais, au fil du temps, Jupiter 1er est rattrapé par la patrouille à l’insu de son plein gré.

Diplomatie du comique

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Jupiter rattrapé par le comique troupier 

Le petit coq gaulois se prend au sérieux mais plus personne ne le prend au sérieux. Le tragédien du « en même temps » perd son temps en même temps qu’il le fait perdre aux autres. Emmanuel Macron décroche dans les sondages depuis que Vladimir Poutine ne décroche plus son téléphone pour répondre à l’hôte du 55 rue du Faubourg Saint-Honoré. À Pékin, on rit jaune à voir le mangeur de grenouilles vert de rage face au déséquilibre commercial structurel entre les deux pays.

Le plus jeune Président de la Cinquième République donne des leçons à la planète entière qui lui fait la leçon après ses dérapages incontrôlés. À trop vouloir être branché sur tous les problèmes du monde, il s’en débranche par son activisme débridé. À trop vouloir électriser ses auditoires, il finit par s’électrocuter.

À trop vouloir parler pour ne rien dire sur des sujets futiles, il ne dit rien, voire il se tait sur les sujets de la plus haute importance[4]. À trop vouloir agacer Donald Trump en jouant la mouche du coche sur le dossier ukrainien, l’homme à la crinière jaune le menace d’imposer à la France des droits de douane supplémentaires. À trop vouloir jouer les chefs au sein de l’Union européenne, il se trouve mis à l’écart, donnant ainsi le beau rôle à Giorgia Meloni[5] (Cf sur le dossier du Mercosur[6] sur lequel elle négocie directement avec la Présidente de la Commission européenne et le Chancelier allemand)[7]. À trop vouloir prendre les trains en marche, il reste souvent à quai. À trop vouloir parler haut et fort, ses paroles s’envolent et ne parlent plus à personne, y compris à ses fidèles thuriféraires. À trop vouloir donner le la, il produit des fausses notes. À trop vouloir se présenter comme la boussole d’un monde sans boussole, il se retrouve déboussolé sans cap ni route par les temps mauvais qui secouent la planète. À trop vouloir user et abuser des fameux réseaux (a) sociaux, il en vient à les stigmatiser, les interdire aux ados, les délaisser pour recourir aux bonnes vieilles dépêches de l’AFP.

À trop vouloir mettre en avant son épouse Brigitte dans les médias[8], ces derniers lui renvoient l’image de Monsieur Brigitte dans les réseaux sociaux. À trop vouloir « en même temps » le beurre et l’argent du beurre, il n’a même pas le sourire de la crémière. Emmanuel Macron est un opportuniste n’indiquant pas le sens de l’Histoire mais son contraire. Le réformateur est un conservateur qui conduit la France dans le mur. Son inconséquence est sans bornes.

Après toutes ses volte-face diplomatiques, le Chef de l’État, l’homme de la clarté dans la confusion, fait office de nain dans le concert des nations au XXIe siècle. Le ludion n’impressionne plus, il irrite par son cocktail d’inconstance et d’incohérence. Les Grands (Chine, États-Unis, Russie) l’ignorent superbement. Les Algériens nous rabaissent tant et plus. Les Africains chassent ses troupes de manière peu élégantes. Le Sud Global et le Nord Global n’ont que faire de son agitation permanente et n’accordent pas la moindre importance à sa logorrhée pseudo-diplomatique. Jupiter le Magnifique est rattrapé par la patrouille.

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Jupiter rattrapé par la patrouille 

Lui qui aspire à jouer les acteurs sur le devant de la scène du monde en est réduit à jouer les spectateurs du poulailler qui n’en peuvent mais. Lui qui se vante d’être le premier de la classe est traité comme le dernier des derniers par ses homologues exaspérés. Le grand génie n’est qu’un piètre idiot du village planétaire. Hier, il pousse le comique Volodymyr Zelensky à poursuivre la guerre jusqu’au dernier ukrainien, aujourd’hui, rattrapé par le réel, il l’incite à faire la paix quoi qu’il en coûte. Aujourd’hui, huit ans après son entrée sur scène, ses pairs sont passablement lassés de ses impairs.

À l’Élysée et dans les chancelleries, nul ne sait au juste si sa langue a fourché ou si sa fourche a langué. A trop vouloir habiller pour l’hiver ses partenaires, les infréquentables qui ont pour nom Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahou, le roi Macron se retrouve nu comme un ver. À trop vouloir les ignorer hier, il est contraint aujourd’hui de reconnaître qu’il faut reparler au Président russe mais ce dernier fait la fine bouche avec délectation[9]. Plus il se couche devant le Président algérien, plus ce dernier l’humilie. Publiquement et ostensiblement[10] À trop vouloir faire de tactique, il en oublie la stratégie dont il devrait être le promoteur. Il parle doctement de réarmement après avoir désarmé militairement et moralement notre pays. Son art consommé du grand cirque du monde le relègue au rang de piètre clown du cirque germanopratin. Il se veut l’illustre Monsieur Loyal, il n’est que le sinistre Monsieur Déloyal. Homme des certitudes, il n’est qu’un vulgaire illusionniste. Son slogan « Choose France » (en anglais dans le texte, ce qui fait plus chic) se transforme en « Loose France » (en anglais dans le texte, ce qui fait plus choc)[11].

Gagné par la peur en sa fin de règne, Emmanuel Macron règne par la peur[12]. En 2017, il se voulait le candidat de l’optimisme et de l’anti-déclinisme, en 2025, il est le Président du pessimisme et du déclin. En 2017, il voulait renverser la table, en 2025, il est passé sous la table pour se faire tout petit. En 2017, il se présente comme le pompier toujours prompt à éteindre les feux qui embrasent la planète, en 2025, il apparait comme le meilleur pyromane du monde, toutes catégories confondues. Le diplomate Jupiter-Talleyrand n’est que l’anti-diplomate-Coué et l’archétype du politicard dont les promesses diplomatiques sont rarement tenues.

Après l’abandon de la seule réforme structurante du second quinquennat d’Emmanuel Macron (celle des retraites), son bilan se réduit à peau de chagrin[13]. Il doit impérativement sortir de ses limbes illusoires (le lancement de la construction d’un second porte-avions n’est que de la poudre aux yeux[14]. La bonne conscience s’achète souvent au rabais. C’est souvent dans les épreuves que la raison (la foi) frappe à la porte. L’actuel Président de la République en fera-t-il l’expérience durant les mois à venir ? Sera-t-il rattrapé par la « grâce » à l’instar de l’un de ses augustes prédécesseurs à l’Élysée lors d’un bref séjour à la Santé ?[15] Rien n’est moins sûr. L’avenir nous le dira.

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Adieu l’artiste ! 

« Les gens qui ne rient pas ne sont pas des gens heureux » (Alphonse Allais). Mieux vaut en rire qu’en pleurer à découvrir le bilan de deux quinquennats jupitériens sur la scène extérieure. Que d’occasions manquées par Emmanuel Macron de faire jouer à la France éternelle le rôle qui lui reviendrait dans le concert des nations, dans la cacophonie ambiante ! Une sorte de passeur d’idées, de faiseur de paix. Il en est réduit au rôle de casseur d’idées, de faiseur de guerres à l’extérieur et à l’intérieur. La morale de cette histoire est que Jupiter apparait comme entièrement déboussolé dans un monde sans repères, comme un somnambule dans le brouillard stratégique qui caractérise la planète en ce XXIe siècle. En cette fin de l’an de grâce 2025, bravo au maître de la diplomatie du comique troupier et de la révélation des contraires ! L’Histoire ne l’oubliera pas.

NOS PUBLICATIONS PRÉCÉDENTES : 

« NÉRON A L’ÉLYSÉE » (1) : EXTRAITS EN AVANT PREMIÈRE

« NÉRON À L’ÉLYSÉE » (2) : COMPRENDRE L’EFFONDREMENT DE LA 5eme REPUBLIQUE

« NÉRON À L’ÉLYSÉE » (3) : EROSTRATE, L’INCENDIAIRE

MISE À JOUR – « NERON L’INCENDIAIRE DESTRUCTEUR », « LE GONDWANA FRANÇAIS » – LA FRANCE VUE D’AILLEURS (suite 2)

MACRON/NÉRON (4) : « LE MÉTAMORPHE DE L’ÉLYSÉE » – « DE JUPITER À NÉRON » – POINT DE VUE

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