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LA DICTATURE MUSULMANE D’IRAN PIÉTINE LES PRINCIPES QUI ONT FAIT LA FRANCE … ET NOUS RESTONS SILENCIEUX

1. ARTICLE – Sans Liberté, ni Égalité, ni Fraternité

15 janvier 2026 par Roger-Pol Droit LA RÈGLE DU JEU

Face aux crimes de cette dictature de mollahs qui incarne la négation absolue de l’esprit de la Révolution française, des droits de l’homme et du citoyen, nous demeurons étrangement silencieux. Qu’est-ce que cela dit de nous ?

En Iran, durant les premiers jours de 2026, une nouvelle révolution s’est mise en marche.

Manifestations colossales, omniprésentes, explicitement politiques, qu’on a tenté en vain de faire passer pour des émeutes économiques. Répression monstrueuse, impitoyable, menée par un régime moribond qui ne survit qu’au prix d’un bain de sang et de milliers de morts.

Silence, indifférence, pusillanimité de l’opinion française et européenne. Presque personne dans les rues, si peu de voix dans les médias, pour protester, pour dire aux Iraniens héroïques qu’ils ne sont pas seuls. Non-assistance à peuple en danger.

Voilà qui en apprend beaucoup sur l’Iran, et aussi sur nous.

Du côté de l’Iran se confirme l’impasse d’un régime effroyable qui fait régner depuis 47 ans une dictature religieuse, fanatique et sanglante en maintenant son peuple sous le joug de la terreur – emprisonnant, torturant, exécutant celles et ceux qui tentent d’être libres.

Un régime sans liberté. Pas de possibilité de s’exprimer, de s’habiller comme on veut, de conduire sa vie selon ses choix. Partout une police des mœurs, un contrôle permanent des paroles, des gestes, des lectures, des conversations. Quand les libertés grondent, se clament et se montrent, les moyens de communication sont coupés, les troupes armées mobilisées. Le massacre à huis clos s’organise, contre de prétendus « ennemis de Dieu », femmes et hommes descendus sans armes dans la rue crier leur rejet politique de cette tyrannie et de son étendard sanglant.

Un régime sans égalité. Les femmes, voilées sous peine de sanction, n’ont pas le droit de chanter dans la rue et sont assassinées à coup de pierres en cas d’adultère. C’est le quotidien des Iraniennes depuis un demi-siècle. Cet écrasement des femmes, cette domination barbare de leur corps et de leur vie au nom de coutumes infâmes se tiennent radicalement à l’opposé des principes du droit et de la démocratie.

Un régime sans fraternité. A l’intérieur de ses frontières, à l’évidence, puisqu’une fraction très minoritaire écrase plus de 80 % de la population, mais aussi hors de ses frontières, puisque cette tyrannie apporte un soutien actif au terrorisme dans plusieurs pays, en fournissant armes, argent et renseignements au Hezbollah, aux Houthis, au Hamas.

Face aux crimes de cette dictature de mollahs qui incarne la négation absolue de l’esprit de la Révolution française, des droits de l’homme et du citoyen, des fondements de la république et de la démocratie, nous demeurons étrangement silencieux.

Voilà qu’une nouvelle fois se soulève un peuple, comme l’a fait le peuple français dans l’histoire, en donnant jadis au monde entier, qui s’en souvient encore, l’exemple d’une conquête des libertés au risque de sa mort, et nous, au lieu de soutenir ces vivants héroïques, nous nous querellons sur un budget introuvable, de sempiternelles petites phrases assassines ou sur la litanie des faits divers.

Qu’est-ce que cela dit de nous ? Que nous sommes sans doute en train de perdre le sens de notre histoire. Que nous n’avons plus la conscience de la solidarité – indispensable, immédiate, résolue, totale…– envers ceux qui luttent contre les obscurantismes assassins. Que sommes en train d’oublier la devise que nous avons forgée autour de ces trois idées philosophiques, inscrites depuis longtemps, chez nous, au fronton des mairies : liberté, égalité, fraternité.

Qu’une chute du régime iranien actuel soit possible, que sa survie ne soit pas exclue, qu’il faille ou non intervenir militairement, sous quelle forme, à quel moment, avec quelles conséquences… Ce sont, en fin de compte, d’autres questions. La seule que je souhaitais évoquer ici est que nous ne devons pas, nous ne pouvons pas, laisser les Iraniens seuls face à leurs bourreaux.

Nous pouvons, au moins, clamer que nous sommes à leur côté, tenter de le leur faire savoir, et être les plus nombreux possibles. En attendant que la France ose enfin prendre position, clairement, sans fausse pudeur, en attendant que l’Europe, peut-être, sorte de sa réserve, c’est aux citoyens de se faire entendre… Mais, pour l’instant, il n’y a vraiment pas beaucoup de monde ! Voilà qui est à la fois triste et inquiétant. Pour le peuple iranien. Et pour nous.

2. ARTICLE – Iran : silence on tue

16 janvier 2026 par Patrick Klugman

En une semaine la répression en Iran a fait plus de morts que l’Occident réuni n’a rassemblé de manifestants pour les soutenir.

La révolte des Iraniens est le cas pur qui devrait retourner nos pavés, soulever nos amphithéâtres et enflammer nos réseaux. Pourtant ce n’est pas le cas.

Le régime des mollahs est pourtant facile à détester : obscurantiste et corrompu à l’intérieur ; terroriste à l’extérieur.

Au plan géopolitique, il déstabilise la région en sponsorisant les milices de l’internationale terroriste islamiste du Hezbollah libanais, au Hamas palestinien en passant par les Houthis au Yémen.

Après la mort de Mahsa Amini, ce sont les femmes qui les premières se sont élevées en 2022 à travers le mouvement Femme, Vie, Liberté.

À présent les jeunes et les travailleurs leur emboitent le pas et ce sont des millions d’Iraniens qui bravent la terreur. Depuis qu’Internet est coupé, plongeant dans l’isolement et le silence 92.000.000 de personnes, il en tombe par milliers. Des femmes, des étudiants, des ouvriers ; on parle de 12.000 morts en 48 heures.

Le Secrétaire général de l’ONU a déclaré que la situation était moralement, politiquement et juridiquement intolérable… sauf qu’il parlait de Gaza au mois de septembre dernier. Au cas de l’Iran, il invite poliment dans un même mouvement les Iraniens à manifester leurs doléances de manière pacifique et les autorités à faire preuve de retenue.

Ce n’est pas le seul exemple. Lula le président brésilien avait déclaré : « Ce qui se passe dans la bande de Gaza avec le peuple palestinien s’est déjà produit lorsque Hitler a décidé de tuer les Juifs. » Sa déclaration sur l’Iran depuis le début du soulèvement est beaucoup plus sommaire et lapidaire puisqu’il n’y en a pas !

Pas de flottille non plus vers la mer Caspienne ou le golfe persique avec Greta Thunberg en tête de proue !

Pas d’enquête de la Cour Pénale internationale, ou de saisine de la Cour internationale de Justice.

On pourrait encore s’étonner d’un Dominique de Villepin qui expliquait que « Nous avons le devoir moral absolu de nous opposer à cette folie meurtrière à Gaza », déclarant à présent qu’il ne faut surtout aucune intervention extérieure pour venir en aide aux Iraniens.

Évidemment, dès lors que l’on évoque une situation dramatique qui mêle justice et oppression comment ne pas interroger ce qu’en dit la LFI ?

En l’occurrence la réaction insoumise est plus que déroutante.

Il y a ceux comme Manon Aubry qui réduisent cette mobilisation à une manifestations contre la vie chère. D’autres comme Jean-Luc Mélenchon qui y voient une ingérence du Mossad. Et puis il y a Rima Hassan. Elle qui défend le droit à la lutte armée contre l’oppresseur, y compris par le terrorisme, mais qui n’a rien dit sur l’Iran ou pour les Iraniens. Silence. Pas un seul tweet.

J’ai beau scruter désespérément les révoltés du Boutmy à Sciences Po mais ils n’ont pas pris d’assaut leur amphi, tandis que la Place de la République qui déborde de banderoles pour tout et n’importe quoi demeure vide.

Or, il se trouve dans notre pays des indignés d’habitude et des révolutionnaires professionnels, mais pour les Iraniens, il n’y a rien ! C’est le néant face à Téhéran.

C’est simple il y a plus de morts en Iran en une semaine que de manifestants pour les soutenir dans tout l’Occident réuni.

Ce régime a beau être le plus rétrograde et sanguinaire du monde, cela ne suffit pas à nos consciences locales et internationales pour s’en émouvoir. Elles préfèrent de loin leur détestation à leurs principes. Le malheur des Iraniennes et des Iraniens en lutte, c’est d’avoir pour bourreaux des personnes qui haïssent aussi Trump et Netanyahu.

La démonstration sanglante de cette faillite morale s’étale sous nos yeux tous les jours depuis une semaine.

La révolte des Iraniens tend à l’Occident un miroir impitoyable. Le courage des Iraniens est le creuset de notre lâcheté. Notre silence complice, nos accommodements coupables et nos indignations sélectives marqueront notre fin sauf à ce que nous nous décidions enfin à nous montrer dignes et solidaires et surtout dignes parce que solidaires avec les Iraniens !

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