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LA POÉSIE : Forme pure et initiale du développement personnel

ÉMISSION – Ode à la poésie

Publié le vendredi 2 janvier 2026 FRANCE CULTURE

Si le poème n’est pour nous qu’un souvenir d’école, récité devant la classe, alors il est temps de passer de l’autre côté : devenir poète ou poétesse.

Aujourd’hui, dans les Matins, nous recevons une poétesse. Un mot qui était oublié et preuve en est, il est en train d’être réhabilité. Voilà une excellente nouvelle, tant la poésie semblait en difficulté depuis deux ou trois décennies. Il y a, certes, ces souvenirs de jeunesse, Maurice Carême ou La Fontaine récités, gorge serrée…

Les années 2000 marquent l’envahissement des livres de développement personnel dans les librairies, à mesure que les rayons de poésie, eux, s’amenuisent à vue d’œil. Ce n’est que quelques années après qu’un retour timide, mais progressif, est aperçu. En 2019, Andrée Chedid est un sujet du bac, mais la plupart des étudiants pensent à un poète, pas à une poétesse.

Enfin, le miracle survint. Comme un retour en grâce, difficile à dater. La pandémie de 2020 a dû œuvrer, car, depuis, comme par petites touches qui dessinent un tableau, la poésie revient, parfois même en tête de gondole.

En 2023, le chanteur de Feu! Chatterton, Arthur Teboul, publie Le Déversoir. Un premier livre qui s’avère être un recueil de poésie. Dans le même temps, à Paris, il ouvre un cabinet minute où chacun peut assister à l’œuvre en train d’être composée. D’un coup, ou presque. Car, comme le rappelle Le Monde, c’est bien d’André Breton et de son Manifeste du surréalisme qu’il s’inspire : « Ecrivez vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas retenir et ne pas être tenté de vous relire (…). Continuez autant qu’il vous plaira. Fiez-vous au caractère inépuisable du murmure. »

La poésie est, je crois, la forme pure et initiale du développement personnel. Les mots couchés sur le papier pour déverser, pour mettre à distance. La caresse procurée quand ils sont prononcés.** Un sourire esquissé, une larme versée, l’émotion emportée.

Alors essayons en ce début d’année, comme le fait aussi Cécile Coulon, de nous prêter aux joies du déversoir : un papier, un crayon, une note de téléphone, n’importe où, n’importe quand, et les mots comme ils viennent. Alors vous aussi, vous aurez écrit un poème.

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