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LIRE : « Jeune et fauchée »

1. ARTICLE – Frédéric Beigbeder : «La pauvreté ne concerne plus seulement les pauvres»

Par  Frédéric Beigbeder, Le Figaro Magazine

Une BD révoltée secoue cette rentrée atone de janvier : Jeune et fauchée, de Florence Dupré la Tour.

La misère des bourgeois existe-t-elle ? Peut-on parler de la pauvreté de certains habitants des beaux quartiers ? Florence Dupré la Tour a osé transgresser le tabou ultime : les enfants de bonne famille galèrent parfois financièrement mais ils le cachent. Certes, ils ont reçu une bonne éducation, savent tenir leur fourchette correctement, mais sont exposés comme n’importe qui aux revers de fortune. Leur souffrance est d’autant plus violente qu’elle doit être tue.

« C’est à l’âge de dix-sept ans que se posèrent pour moi les premières questions d’argent. » En grandissant, les filles à papa tombent de haut. On a tous connu ces moments de désespoir, quand on est viré de son emploi ou après une séparation familiale, quand la misère est plus pénible car inattendue et honteuse. Personnellement, je prends un plaisir malsain à contempler les visages déçus des clients qui me reconnaissent à la caisse du Lidl d’Hendaye.La grande frustration de la France vient de ce que ses citoyens n’ont pas le droit d’être à découvert comme leur gouvernement

Jeune et fauchée de Florence Dupré la Tour, c’est Les Misérables

2. ÉMISSION – Critique BD : « Jeune et fauchée » & « Les Moribonds » de Florence Dupré la Tour 

Vendredi 9 janvier 2026 TZDIO FRANCE

De l’autobiographie sociale à la fable horrifique, Florence Dupré la Tour ausculte la précarité sous toutes ses formes. Avec « Jeune et fauchée » et « Les Moribonds », elle démonte, par le rire et le détour du genre, les mécanismes de l’argent, du travail et de la domination.

Avec

  • Catherine Robin, grand reporter et critique de BD à Elle
  • Lucie Servin, journaliste, spécialiste de littérature et de bande dessinée

Les avis des critiques sur Jeune et fauchée de Florence Dupré La Tour

Avec Jeune et fauchée, Florence Dupré la Tour livre un récit autobiographique à la fois lucide et mordant sur la précarité. Issue d’un milieu bourgeois, elle découvre brutalement, dès ses 18 ans, la réalité matérielle du manque : études sans ressources, maternité solitaire, vie d’autrice sous-payée. Entre privations et trésors d’inventivité, la dessinatrice raconte la survie quotidienne, sans misérabilisme ni héroïsation. Son trait et son humour transforment l’expérience du déclassement en un témoignage politique et intime sur l’argent, la honte sociale et la résistance ordinaire.

Catherine Robin : « Florence Dupré La Tour poursuit une œuvre autobiographique très singulière, frontale et sans filtre, où le malaise l’emporte ici largement sur le rire. Le livre est passionnant dans sa dimension intime, notamment sur l’argent comme outil de domination affective et familiale, mais il me met mal à l’aise dès qu’il bascule sur le terrain politique. Parfois, sa difficulté à prendre suffisamment de distance avec son origine de classe produit une vision manichéenne et problématique de la pauvreté. Malgré un album qui semble sincère, j’ai le sentiment qu’il reste quelque chose d’inabouti, voire d’indéconstruit, dans son regard. »

Lucie Servin : « Jeune et Fauchée mêle malaise et rire grâce à une ironie qui met à nu non pas la pauvreté, mais le sentiment de manque et la façon dont on se construit avec. C’est un livre sur le chantage familiale et social, sur le déclassement et sur cette tension entre perte de capital économique et persistance d’un capital socio-culturel. C’est aussi le récit d’une solitude, d’une rupture avec les parents, et d’une quête de collectif à travers l’art. Un album profondément politique qui interroge la précarité des artistes et revendique leur reconnaissance comme travailleurs. »

Florence Dupré la Tour : « Comment dessiner ‘Les Moribonds’ et ‘Jeune et fauchée’ ? » 

Dans "Jeune et fauchée", paru aux éditions Charivari et Dargaud, Florence Dupré la Tour raconte sa chute sociale, de l’enfance bourgeoise à la précarité adulte. Un récit autobiographique drôle et sans fard sur l’argent, la débrouille et la dignité quand tout manque.

Dans « Jeune et fauchée », paru aux éditions Charivari et Dargaud, Florence Dupré la Tour raconte sa chute sociale, de l’enfance bourgeoise à la précarité adulte. Un récit autobiographique drôle et sans fard sur l’argent, la débrouille et la dignité quand tout manque. – © éditions Charivari © éditions Dargaud

Les avis des critiques sur LesMoribondsde Florence Dupré La Tour

Dans Les Moribonds, Florence Dupré la Tour s’empare des codes du film de genre pour livrer une fable politique aussi drôle que cruelle. Gabriel, vampire esseulé dans un monde ravagé par une épidémie de morts-vivants, voit ses certitudes s’effondrer à mesure que les humains disparaissent. Privé de sa ressource vitale, l’ancien prédateur devient dépendant des plus vulnérables. En inversant les rapports de force, l’autrice questionne le travail, l’exploitation et les hiérarchies sociales avec une ironie jubilatoire. Un récit acide où la survie révèle la violence ordinaire des systèmes de domination.

Lucie Servin : « Avec Les Moribonds, Florence Dupré La Tour réussit pleinement son pas de côté en quittant l’autobiographie pour le récit de genre. En passant par une fable de vampires et de zombies, elle propose une lecture politique très efficace du déclassement et du travail, dans une fin du monde marqué par le dérèglement climatique. Le parcours du vampire, qui glisse du statut de seigneur à celui d’esclave, actualise la lutte des classes sans ambiguïté. Là où Jeune et fauchée restait problématique, Les Moribonds dynamite toute nostalgie de la classe dominante et montre une domination qui se reproduit, même chez les anciens dominés. »

Avec "Les Moribonds", paru aux éditions Casterman, Florence Dupré la Tour détourne le récit de zombies pour interroger travail et domination. Une tragi-comédie mordante où un vampire affamé découvre ce que dépendre veut vraiment dire.

Avec « Les Moribonds », paru aux éditions Casterman, Florence Dupré la Tour détourne le récit de zombies pour interroger travail et domination. Une tragi-comédie mordante où un vampire affamé découvre ce que dépendre veut vraiment dire. – © éditions Casterman

Extrait sonore

  • Extrait de Florence Dupré La Tour dans Le book club sur France Culture en 2026

À écouter

« Jeune et fauchée », la nouvelle bande dessinée de Florence Dupré La Tour

Plus d’informations

  • Jeune et fauchée de Florence Dupré la Tour paru aux éditions Charivari et Dargaud le 9 janvier
  • Les Moribonds de Florence Dupré la Tour paru aux éditions Casterman le 7 janvier

3. PRÉSENTATION

Jeune et fauchée est un roman graphique autobiographique de Florence Dupré la Tour, publié en janvier 2026 aux éditions Charivari (Dargaud). Il fait suite à ses ouvrages Pucelle et Jumelle, poursuivant son exploration intime de son parcours personnel.

Synopsis principal :

L’histoire retrace le passage de Florence, issue d’une famille bourgeoise aisée, à une vie de précarité dès ses 18 ans. Livrée à elle-même après avoir rejeté les codes de sa classe sociale, elle enchaîne les galères comme étudiante cigale, mère célibataire de deux enfants, et autrice de bande dessinée précaire, affrontant privations, débrouille inventive et déclassement social.


Thèmes centraux :


• Rapport à l’argent : De l’insouciance enfantine à la survie quotidienne, avec un regard critique sur la pauvreté et la dignité.
• Relations familiales : Conflits avec une mère “marâtre” et un père indifférent, qui ignorent sa détresse malgré leurs moyens.
• Autodérision et espoir : Récit âpre mais drôle, mêlant révolte, humour noir et note optimiste finale sur la condition des artistes-auteurs.

Style et réception :


Le livre de 212 pages offre un dessin sobre, expressif et caricatural, avec une narration fluide sur 200 pages se lisant d’une traite. Il est salué pour sa transparence, son recul et son lien avec les enjeux actuels de précarité culturelle en France.

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