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LES COULISSES DE L’ÉLYSÉE : CRÉPUSCULAIRES

Tout ce que l’on voit depuis 2017

 » Moi ou le chaos « 

 » La dramatisation permanente »

 » La logocratie…communication à outrance du pouvoir « 

 » Macron ne garde que ceux qui survivent « 

 » Le.conseiller de Macron c’est Macron lui-même »

 » Le contrôle permanent de son image « 

ÉMISSION – Dans les coulisses de l’Élysée, « le Palais de Macron »

Mardi 27 janvier 2026 RADIO FRANCE

Dans son livre « Accréditée. Sept ans au Palais de Macron », paru aux éditions Seuil, la journaliste Ania Nussbaum, correspondante de Bloomberg News, livre un témoignage rare sur le fonctionnement du pouvoir et les évolutions d’Emmanuel Macron. 

Avec

  • Ania Nussbaum, journaliste, correspondante pour Bloomberg News

Des Gilets jaunes à la crise du Covid, de la mise à distance des journalistes aux relations entre Emmanuel Macron et Donald Trump, la journaliste Ania Nussbaum, correspondante en France de l’agence de presse américaine Bloomberg News, dévoile les coulisses de l’Élysée. Dans un ouvrage immersif, Accréditée. Sept ans au Palais de Macron(Seuil, janvier 2026), où elle respecte la règle du « show, don’t tell » (montrer sans juger), elle décrypte les rouages d’un pouvoir exécutif à l’allure monarchique, en s’intéressant aussi bien à celui qu’elle surnomme « le Président-Soleil » qu’à sa garde rapprochée, au rôle de Brigitte Macron et à la non-préparation de la succession.

Un président qui tient la presse à distance

Dès son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron tente d’éloigner la presse de l’Élysée« Les journalistes avaient leur bureau au cœur du palais, ils avaient fenêtre sur cour, ils voyaient arriver les invités, raconte Ania Nussbaum. Une des premières décisions que prend Emmanuel Macron, c’est de virer tout le monde du Palais et de les installer dans une salle de presse à l’extérieur. » Après un « valeureux » combat, les correspondants des grandes agences de presse internationales obtiennent de conserver l’accès à cette salle de presse, 24h/24. Un « contre-pouvoir au coeur du pouvoir ».

Les relations avec les journalistes accrédités sont également redéfinies. Terminée, la « proximité très forte » qu’entretenait avec eux François Hollande. Ania Nussbaum décrit les différents niveaux de difficulté pour accéder à une information : éléments de langage, conseillers « qui ont parfois plus de poids que les ministres », sources hors du Palais, avant d’arriver au président, « le boss final ». Elle évoque les « mages de l’Élysée », ces conseillers « hyper rodés à faire des coups médiatiques, très lettrés, très cultivés, mais qui parlent un peu parfois en formule de sphinx incompréhensible et dont le métier est de rester dans l’ombre et de faire passer le message du président, et d’organiser l’actualité en conséquence. »

Trumpisation du débat politique français

Le récent discours d’Emmanuel Macron à Davos illustre sa stratégie face au président américain. Selon Ania Nussbaum, le chef de l’État français « porte beau face aux géants de ce monde, y compris Trump, Poutine, le président chinois », mais « ne pèse pas lourd parce que les rapports de force ne sont pas à son avantage ».

Elle observe une forme de « trumpisation » du débat politique français et européen, de plus en plus polarisé : « La France se trumpifie, on est à la recherche parfois du Trump français. » La journaliste note également qu’Emmanuel Macron pratique une « dramatisation permanente » depuis 2018, jouant sur le registre du « moi ou le chaos ».

Pas de dauphin désigné

Sur la question de l’après-Macron, le constat est sans appel. La journaliste de Bloomberg rappelle qu’Emmanuel Macron « n’a absolument pas organisé sa succession parce que le mouvement qu’il a créé gravite absolument autour de luiIl n’a pas fait émerger de poids lourd politique. Lorsqu’ils ont commencé à émerger, que ce soit Édouard Philippe ou Gabriel Attal, ils ont été mis de côté ». Personne, donc, pour prendre naturellement le relais, pas de « dauphin désigné ».

Quant à l’influence de Brigitte Macron, décrite comme « plutôt conservatrice », elle a pesé dans le choix de certains ministres, même si son poids diminue avec le temps. « Le conseiller numéro 1 de Macron, c’est Macron. » Au terme de ces sept années d’observation, Ania Nussbaum constate qu’au contact des attaques permanentes, des actes terroristes et des crises internationales, « Emmanuel Macron, comme tout président, s’est endurci ».

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