
ARTICLE – Mario Draghi, ancien patron de la BCE, appelle l’Europe à surmonter ses vieilles divisions pour devenir une «véritable puissance»
Par Le Figaro avec AFP 7 2 26
Mario Draghi, qui avait signé un rapport sur l’avenir de l’Union européenne en 2024, sera l’invité d’une réunion des chefs d’État et de gouvernement européens consacrée à la compétitivité le 12 février en Belgique, au château d’Alden Biesen.
Mario Draghi, ancien patron de la Banque centrale européenne, a exhorté l’Europe à surmonter ses «vieilles divisions» pour devenir une «véritable puissance», dans un discours prononcé au sein d’une université de Louvain lundi. «Parmi tous ceux qui sont aujourd’hui pris en tenaille entre les États-Unis et la Chine, seuls les Européens ont la possibilité de devenir eux-mêmes une véritable puissance», a-t-il estimé, en plaidant pour une fédération européenne en matière de défense, de politique étrangère et de fiscalité.
«Nous devons donc décider: voulons-nous rester un simple grand marché, soumis aux priorités des autres? Ou voulons-nous prendre les mesures nécessaires pour devenir une puissance?», a lancé l’ancien patron de la BCE et ex-chef du gouvernement italien. Mario Draghi, qui avait signé un rapport sur l’avenir de l’Union européenne en 2024, sera l’invité d’une réunion des chefs d’État et de gouvernement européens consacrée à la compétitivité le 12 février en Belgique, au château d’Alden Biesen.
«La plupart des États européens ne sont même pas des puissances moyennes»
«Individuellement, la plupart des États européens ne sont même pas des puissances moyennes», a-t-il insisté lundi, en recevant le titre de docteur honoris causa de l’université de KU Leuven (Louvain). «En matière de défense, de politique industrielle ou d’affaires étrangères -, nous sommes traités comme un ensemble disparate d’États de taille moyenne, que l’on peut diviser et traiter en conséquence», a déploré l’économiste.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les États-Unis indiquent «clairement pour la première fois qu’ils considèrent que la fragmentation politique européenne sert leurs intérêts». Et «nous sommes confrontés à une Chine qui contrôle des maillons essentiels des chaînes d’approvisionnement mondiales et est prête à exploiter cet avantage», a-t-il poursuivi. Sans sursaut, «l’Europe risque de devenir subordonnée, divisée et désindustrialisée. Et une Europe qui ne peut défendre ses intérêts ne préservera pas ses valeurs longtemps», a-t-il mis en garde.