
« La désignation d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes illustre une tendance préoccupante aux postes de contrôle »
« Alerter sur cette dérive grave et désormais systémique que constitue la nomination de personnalités issues de l’appareil exécutif – et partisan – à la tête d’institutions censées garantir l’impartialité du contrôle de l’action publique »
« En abîmant la confiance accordée à ces institutions de contrôle, le pouvoir exécutif contribue à nourrir la défiance citoyenne et fait le lit des discours populistes qu’il prétend combattre »,
« L’association considère que ces choix successifs participent d’un mouvement de concentration de l’influence présidentielle sur des institutions théoriquement indépendantes. » ARTICLE 1
« Le choix fu chef de l’Etat s’inscrit en rupture avec les usages les plus ancrés de la Ve République »
« Il est de tradition, en effet, de nommer Rue Cambon des sexagénaires en fin de parcours, n’ayant, selon la formule de l’ancien président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, « rien à redouter, ni rien à espérer ». Or, à 40 ans, Amélie de Montchalin pourrait encore prétendre à des responsabilités politiques majeures dans les années qui viennent. » ARTICLE 2
ARTICLE – Après Montchalin et Ferrand, l’association Anticor met en garde contre un affaiblissement des contre-pouvoirs
L’association anticorruption estime que la désignation d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes illustre une tendance préoccupante aux postes de contrôle.
11/02/2026 Anne-Fleur André le HUFFPOST
Anticor critique la nomination d’Amélie de Montchalin et alerte sur un affaiblissement des contre-pouvoirs sous Emmanuel Macron.
Des nominations présidentielles qui n’en finissent pas de faire parler. L’association Anticor, qui lutte contre la corruption en politique, monte au créneau après la nomination d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes. Elle y voit un nouveau signal inquiétant concernant l’indépendance des institutions chargées de contrôler l’exécutif.
La ministre chargée des Comptes publics a été proposée le 9 février par Emmanuel Macron pour présider la Cour des comptes, avant que sa nomination ne soit entérinée en Conseil des ministres ce mercredi 11 février. Une décision qui fait vivement réagir l’association anticorruption.
Dans un communiqué publié ce mercredi, Anticor estime que cette désignation s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement entre pouvoir exécutif et institutions censées exercer un contrôle indépendant. L’organisation dénonce une « dérive grave » et juge problématique le fait de confier la direction d’un organe de contrôle budgétaire à une personnalité directement issue du gouvernement.
« Anticor souhaite alerter sur cette dérive grave et désormais systémique que constitue la nomination de personnalités issues de l’appareil exécutif – et partisan – à la tête d’institutions censées garantir l’impartialité du contrôle de l’action publique », précise l’association.
La question du conflit d’intérêts
Amélie de Montchalin, actuellement en charge des Comptes publics, sera amenée à superviser à terme l’examen de politiques budgétaires auxquelles elle a participé. Pour Anticor, cette situation brouille la frontière entre contrôleur et contrôlé et pose un enjeu de crédibilité pour la Cour des comptes.
L’association précise que son analyse ne porte pas sur les compétences personnelles de la ministre, mais sur le principe même de la nomination. Selon elle, la multiplication de profils issus du pouvoir exécutif à la tête d’autorités de contrôle fragilise l’image d’impartialité indispensable au bon fonctionnement démocratique.
Anticor élargit son propos à d’autres nominations récentes, notamment au Conseil constitutionnel, dont la présidence a été confiée à Richard Ferrand, ancien proche du chef de l’État. L’association considère que ces choix successifs participent d’un mouvement de concentration de l’influence présidentielle sur des institutions théoriquement indépendantes.
Au-delà de l’indépendance réelle, c’est l’indépendance perçue qui serait menacée, estime l’organisation. « En abîmant la confiance accordée à ces institutions de contrôle, le pouvoir exécutif contribue à nourrir la défiance citoyenne et fait le lit des discours populistes qu’il prétend combattre », conclut l’association.
2. ARTICLE – Emmanuel Macron, en nommant des proches à des postes-clés, est accusé de fragiliser les institutions
Nathalie Segaunes LE MONDE
Le choix d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes interroge le pouvoir de nomination du président de la République, dans un contexte de montée du RN avant l’élection présidentielle.
De toutes les nominations auxquelles a procédé Emmanuel Macron depuis 2017, c’est sans doute la plus transgressive : en décidant de nommer la ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin, à la tête de la Cour des comptes, le chef de l’Etat a certes exercé ses « prérogatives institutionnelles », comme on se plaît à le rappeler à l’Elysée, mais son choix s’inscrit en rupture avec les usages les plus ancrés de la Ve République.
Il est de tradition, en effet, de nommer Rue Cambon des sexagénaires en fin de parcours, n’ayant, selon la formule de l’ancien président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, « rien à redouter, ni rien à espérer ». Or, à 40 ans, Amélie de Montchalin pourrait encore prétendre à des responsabilités politiques majeures dans les années qui viennent.
D’autre part, la ministre des comptes publics, qui aura passé des mois à défendre le budget 2026 devant les députés, se retrouvera en quelques jours juge des comptes qu’elle a elle-même contribué à établir. La question, loin d’être rhétorique, souligne une tension inédite entre l’exécutif et une institution chargée,
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Cour des Comptes, Banque de France… Emmanuel Macron tente-t-il de verrouiller les institutions avant 2027 ?
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Publié le 12/02/2026 PUEST FRANCE
![Cour des comptes, Banque de France... Emmanuel Macron tente-t-il de verrouiller les institutions avant 2027 ? [GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP]](https://static.europe1.fr/var/europe1/storage/styles/image_750_422/public/media/image/2026/02/11/21/000_9749624_1_698ce9498d20d.jpg?itok=Pg0XO-Tz)
Cour des comptes, Banque de France… Emmanuel Macron tente-t-il de verrouiller les institutions avant 2027 ? [GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP]ArticleSuggestions
À un an de la présidentielle, Emmanuel Macron prépare-t-il déjà l’après ? Après la nomination d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, le chef de l’État est accusé par les oppositions de « verrouiller » les institutions face à une possible victoire du Rassemblement national. En coulisses, l’hypothèse d’une alternance RN est en tout cas prise très au sérieux.
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Emmanuel Macron refuse-t-il de laisser le champ libre au Rassemblement national en verrouillant les institutions ? C’est ce que laisse à penser la nomination d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, et celle de Richard Ferrand au Conseil constitutionnel. « Il fait tout ce qui est en son pouvoir », note l’un de ses proches.
À lire aussi : Emmanuel Macron désigne Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics, à la tête de la Cour des comptes
De nombreux postes clés bientôt vacants
Après Richard Ferrrand au Conseil constitutionnel l’an dernier, après Amélie de Montchalin à la présidence de la Cour des comptes, le chef de l’État doit désormais nommer un nouveau gouverneur de la Banque de France.
François Villeroy de Galhau, dont le mandat devait se terminer à la fin de l’année 2027, quittera ses fonctions dès cette année. L’actuel secrétaire général de l’Élysée, Emmanuel Moulin, fait partie des noms qui circulent.
De plus, la vice-présidence du Conseil d’État va également se libérer. Autant de postes clés, structurants, où placer des proches appelés à rester bien au-delà de 2027. Des hauts-fonctionnaires qui se préparent au scénario d’une victoire du RN.
L’un d’entre d’eux confirme ainsi l’existence de boucles d’échanges privés sur WhatsApp où certains devisent sur comment ralentir et empêcher le Rassemblement national d’exercer le pouvoir. À un an de la présidentielle, la bataille se joue déjà dans les rouages de l’appareil d’État.
Comment Emmanuel Macron fait des nominations aux postes clés de l’État un enjeu politique
La récente nomination d’Amélie de Montchalin pour prendre la suite de Pierre Moscovici à la tête de la Cour des comptes a relancé le débat sur les désignations aux postes clés de la République. Accusé de vouloir verrouiller les institutions avant 2027, le chef de l’État a devant lui plusieurs autres choix décisifs à faire avant la fin de son mandat. « Emmanuel Macron est le président le plus impliqué dans les nominations », affirme même un journaliste qui a enquêté sur le sujet.
Ouest-France Benjamin CRUARDModifié le 12/02/2026 à 17h08
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Elle est considérée comme une fidèle parmi les fidèles d’Emmanuel Macron : Comptes publics, Transition écologique, Fonction publique, Affaires européennes. Amélie de Montchalin est un visage récurrent des gouvernements depuis 2017.
La voici désormais à la tête de l’une des plus prestigieuses institutions de la Ve République, la Cour des comptes. Et ce jusqu’en 2053, si elle décidait d’y siéger jusqu’à la retraite.
Enjeu démocratique
Aussitôt annoncée, la nomination de cette proche du président a enflammél’Assemblée nationale. « Elle devra rendre un avis sur un budget qu’elle a elle-même préparé. Difficile d’être plus juge et partie », s’est inquiété Éric Coquerel, député LFI, président de la commission des finances à l’Assemblée. Même indignation sur les bancs du Rassemblement national.
La réponse de la porte-parole du gouvernement ne s’est pas faite attendre. « Les décisions de la Cour sont collégiales. Elle travaillera avec huit présidents », a voulu rassurer Maud Bregeon.
Des nominations stratégiques
Mais le débat dépasse la seule nomination d’Amélie de Montchalin. Il s’inscrit dans une tendance récente du président à nommer des fidèles à des postes de premier plan.
Richard Ferrand, soutien de la première heure a été nommé président du Conseil constitutionnel jusqu’en 2034.Emmanuelle Wargon, ancienne ministre, dirige désormais la Commission de régulation de l’énergie, jusqu’en 2028. On peut citer aussi le cas de Stéphane Séjourné, proche d’Emmanuel Macron, désigné pour siéger à la Commission européenne.
« Plus impliqué » que ses prédécesseurs
Placer des proches aux plus hautes fonctions n’est pas une spécificité d’Emmanuel Macron. François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande : tous l’ont fait avant lui.
« Mais Emmanuel Macron est le président de la République qui s’est le plus impliqué dans les nominations, jusqu’à recevoir lui-même beaucoup de candidats. Il dirige lui-même les castings, il reçoit les candidats et il les choisit », raconte Michaël Moreau, auteur « Sa Majesté nomme » (Robert Laffont), un livre enquête sur le pouvoir de nomination du chef de l’État.
5 000 à 10 000 nominations
« C’est une façon pour lui de s’assurer que les personnes qu’il nomme sont en adéquation politique avec lui », poursuit le journaliste. Au terme de ses entretiens avec l’Élysée, il n’a pu obtenir le chiffre précis du nombre de nominations intervenues durant les mandats d’Emmanuel Macron. « L’estimation la plus probable est 5 000 mais on m’a aussi évoqué le chiffre de 10 000 nominations », indique Michaël Moreau.
Chaque semaine, en Conseil des ministres, sont ainsi actées plusieurs décisions pour des postes de la haute fonction publique, le plus souvent. « Il y a deux types de nominations. Celles concernant des personnes qui peuvent être changées du jour au lendemain, comme les préfets, les ambassadeurs. Et il y a celles, plus sensibles, sur des postes inamovibles, pour de grandes institutions, avec lesquelles le successeur d’Emmanuel Macron devra composer », détaille le journaliste.
Banque de France et Conseil d’État
Les nominations d’Amélie de Montchalin ou Richard Ferrand entre dans cette deuxième catégorie. Ainsi, d’autres choix stratégiques se dessinent dans les prochains mois pour Emmanuel Macron : le gouverneur de la Banque de France (mandat jusqu’en 2032) et le vice-président du Conseil d’État (mandat jusqu’en 2036).
Autant d’acteurs clés de l’État avec lesquels devra composer le futur ou la future présidente de la République.