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FRANCE TRAVAIL RÉALISE SA PERFORMANCE : 1,2 MILLIARDS VERSÉS PAR ERREUR !

ARTICLE – 1,2 milliard d’euros d’allocations indûment versés : comment France Travail veut faire la chasse aux trop-perçus

Chaque année, 1,2 milliard d’euros d’allocation-chômage sont versées à tort. Si France Travail salue une « baisse continue » de ces trop-perçus, l’opérateur compte bien serrer la vis en 2026.

CHARLOTTE ROUSSET. 11 FÉVRIER 2026 CHALLENGES

« 1,2 milliard d’euros chaque année. » C’est le montant total des allocations-chômage versées par erreur pointé par Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail, lors de sa conférence annuelle de rentrée en janvier dernier. Des « trop-perçus » qui s’expliquent par une erreur de France Travail dans le traitement de l’indemnisation, ou un oubli de l’allocataire lors de sa déclaration mensuelle.

Dans les deux cas, le demandeur d’emploi doit rembourser les sommes indûment perçues auprès de France Travail. Sur ce point précis, Thibaut Guilluy coupe court à toute confusion : « Dans l’immense majorité des cas, la génération de trop-perçu n’est pas volontaire », puisqu’il s’agirait davantage d’une « situation subie ».

En moyenne, 559 euros de trop-perçus

Malgré ce niveau élevé, l’ex-Pôle Emploi assure constater une « tendance à la baisse des trop-perçus ». Les chiffres communiqués à Challenges le confirment : le ratio de trop-perçus s’établit à 3,05 % du montant total d’allocations versées en 2025. Concrètement, sur 100 euros versés aux demandeurs d’emploi l’an dernier, un peu plus de 3 euros l’ont été par erreur. Soit une baisse de 0,24 point par rapport à 2024, alors même que « le volume global d’allocations est resté quasi stable » (+ 0,37 % entre 2024 et 2025).

Ce taux d’erreur en (très) légère baisse se traduit logiquement dans le montant moyen des trop-perçus à rembourser lorsqu’ils sont détectés : 559 euros entre février et décembre 2025, contre 576 euros en 2023.

« 83 millions d’euros économies en plus par rapport à 2024 », selon France Travail

Plusieurs raisons à cette « baisse continue, après plusieurs années de relative stabilité », se félicite France Travail. D’abord, une meilleure détection des erreurs en amont, qui permet d’identifier plus rapidement les anomalies. Notamment grâce à la DSN (déclaration sociale nominative), cette déclaration mensuelle obligatoire que les employeurs transmettent pour l’ensemble des données sociales de leurs salariés. En croisant automatiquement ces informations avec les déclarations des allocataires, France Travail peut repérer les incohérences : travail non déclaré, cumul irrégulier, fausses déclarations de situation…

Autre levier déployé : « l’élargissement des échéanciers de paiement pour tous les demandeurs d’emploi », illustre Thibaut Guilluy. Plutôt que de relancer l’allocataire tous les mois, le remboursement s’effectue désormais automatiquement par prélèvement. Une mesure « assez basique », concède le DG, mais qui participe « à l’amélioration du taux de recouvrement, en hausse de 8 points depuis 2022 ».

La priorité, mieux recouvrer les allocations indues

Sans communiquer celui de cette année, l’ex-Pôle Emploi espère un taux de recouvrement d’au moins 60 % en 2026. Un enjeu financier majeur puisque « chaque point de recouvrement gagné représente 12 millions d’euros ». Pour y parvenir, l’opérateur multiplie les expérimentations. Au menu : la centralisation nationale du recouvrement des trop-perçus liés à la fraude, ou encore le renforcement des démarches actives de recouvrement. Concrètement, il s’agit de mieux expliquer aux allocataires les montants indûment versés et les modalités de remboursement proposées. S’y ajoute, encore et toujours, la modernisation du système d’information.

Des leviers qui seront très certainement enrichis dans les prochains mois. Thibaut Guilluy assure « travailler main dans la main avec les [partenaires sociaux] et le ministère du Travail », ce dernier étant « très mobilisé »sur le sujet. Rien d’étonnant à cela : Jean-Pierre Farandou, actuel ministre du Travail, vise 400 millions d’euros d’économies sur le régime de l’assurance-chômage cette année. Et ce, même s’il entend d’abord s’attaquer aux ruptures conventionnelles.

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