Aller au contenu principal

DES EMPRUNTS CITOYENS PROPOSÉS AUX FRANÇAIS POUR LES HOPITAUX ?

HÔPITAUX CONTRAINTS DE DEMANDER DE L’ARGENT AUX FRANÇAIS, FAUTE D’ARGENT PUBLIC: « L’ETAT, C’EST NOUS »

Le 12/02 BFM RMC

Un « emprunt citoyen » est lancé par l’hôpital de la Côte Basque à Haguenau, afin de lever 1,5 million d’euros et de pouvoir acheter des « ressources indispensables ». « Cela souligne les limites de l’action publique. À l’inverse, cela révèle l’engagement et la capacité de mobilisation des Français », commente ce jeudi sur RMC Cécile Duflot.

Les hôpitaux publics demandent aux Français de prêter de l’argent. Ils lancent des emprunts citoyens. Le dernier en date, celui de la côte Basque, cherche à lever un million et demi d’euros.

C’est assez inédit, même si la plateforme existe depuis environ trois ans. Le principe est de proposer aux citoyens de financer, contre rémunération, des projets publics, dont certains centres hospitaliers. L’hôpital d’Haguenau, par exemple, a financé l’installation de volets connectés. La Bastide-de-Lévis a rénové la place centrale du village grâce à ce dispositif.

LES FRANÇAIS PRÉCÈDENT L’ETAT

Pour le centre hospitalier de la Côte Basque, c’est un peu particulier. Il ne s’agit pas de financer un investissement précis mais la trésorerie, c’est-à-dire l’argent nécessaire pour acheter des médicaments en attendant les remboursements de la Sécurité sociale et des mutuelles. Là, on est au bout de la logique: c’est un emprunt relais demandé aux Français avant que l’Etat ne verse les financements prévus.

L’hôpital n’a pas les moyens d’avancer ces sommes. C’est problématique. Il explique d’ailleurs que les financements institutionnels interviennent selon un calendrier différé, une manière polie de dire que l’argent n’arrive pas au moment où il est nécessaire.

TERRITOIRES, USAGES…

La mauvaise nouvelle, on l’a comprise: faire appel à l’épargne pour financer la trésorerie d’un hôpital pose question. Mais la bonne nouvelle, c’est que le dispositif fonctionne. La plateforme WiSEED, qui porte ce projet, a déjà financé plus de 3 millions d’euros de projets publics. Elle permet aussi aux entreprises de participer via le mécénat.

Ce succès tient sans doute au lien direct entre l’épargne et les projets financés. Ce modèle existe depuis longtemps pour les énergies renouvelables, en France comme en Europe. En 2024, plus de 350 millions d’euros ont ainsi été collectés en France pour des projets d’énergie renouvelable. Souvent, les habitants du territoire sont prioritaires. Ce lien concret entre son argent et son usage est devenu essentiel.

Cela signifie qu’on accepte de mettre de l’argent, à condition de savoir où il va. Les citoyens veulent être partie prenante des projets. Les élus et les porteurs de projets l’ont bien compris. Les Français sont prêts à participer.

LES FRANÇAIS INVESTISSENT AUSSI DANS LE PRIVÉ

Ce n’est pas seulement dans le public. On l’a vu récemment avec l’opération Duralex. L’entreprise a fait appel à une plateforme spécialisée dans le financement d’entreprises à impact pour lever l’épargne des Français. Elle espérait 7 millions d’euros: elle en a reçu 19 millions, avec 21.000 participants.

SUR LE MÊME SUJET

Cela montre qu’un nombre croissant d’épargnants veulent utiliser leur argent pour soutenir leur territoire et des entreprises qui ont du sens. Mais cela interroge aussi sur l’Etat et ses outils. Là où les Français ont mobilisé des millions, la Banque publique d’investissement ne proposait que 750.000 euros à Duralex. Cela souligne les limites de l’action publique. À l’inverse, cela révèle l’engagement et la capacité de mobilisation des Français. L’Etat, c’est nous.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.