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EPSTEIN/BRUNEL (10) L’OMERTA FRANÇAISE – 2019 2022 : LES AUTORITÉS JUDICIAIRES CONNAISSAIENT DANS LE DÉTAIL LE SYSTÈME PARISIEN

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ARTICLE – Soirées à Paris, accusations de viols sous soumission chimique et messages douteux: ce que l’enquête sur Jean-Luc Brunel dit de l’affaire Epstein

BFM Vincent Vantighem 20 02 26

Proche de Jeffrey Epstein, le Français Jean-Luc Brunel s’est suicidé en 2022 alors qu’il était mis en examen pour viols. Refermée à l’époque en raison de son décès, l’enquête le visant va faire l’objet d’un réexamen en raison des récents événements.

C’est l’un des nombreux échanges de mails qui peuplent le dossier judiciaire. Et qui dit beaucoup de la manière dont Jean-Luc Brunel et Jeffrey Epstein considéraient les femmes, mineures pour certaines.

  • Jeffrey Epstein: « Svetlana, la connais-tu? »
  • Jean-Luc Brunel: « Oui, je l’ai amenée pour les salons d’exposition ».
  • Jeffrey Epstein: « Je ne savais pas qu’elle était à toi, est-ce que ça pose un problème? Dois-je rester à l’écart? »
  • Jean-Luc Brunel: « Ne reste pas à l’écart. »

Quelques semaines après la divulgation de millions de documents liés aux agissements de Jeffrey Epstein par le Département de la Justice américain, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture de deux « enquêtes-cadres ». Si la première porte sur de possibles infractions financières mises en lumière par les documents américains, la seconde vise à savoir si des femmes ont pu être victimes de viols et d’agressions sexuelles par le réseau tentaculaire qui gravitait autour de Jeffrey Epstein. Un réseau dans lequel Jean-Luc Brunel figurait en bonne place.

Agent de mannequins, ce Français s’est donné la mort dans sa cellule de la prison de la Santé, à Paris le 19 février 2022, alors qu’il était mis en examen pour viols. Clôturée à l’époque en raison de ce décès, l’enquête sur ses agissements va aujourd’hui faire l’objet d’une nouvelle lecture par les magistrats, au vu des récents événements. Glauque, elle révèle l’organisation quasi-industrielle mise en place avec Jeffrey Epstein pour recruter des jeunes filles, et selon les témoignages de ces dernières, abuser d’elles dans une sorte de trafic transatlantique.

« Elle a 2X8 ans, blonde et gratuite »

À l’époque, les enquêteurs notent que les deux hommes sont liés par « une amitié profonde » et « une complicité ». Et que le « centre d’intérêt principal » de leurs conversations concernent les jeunes filles. Dans les centaines d’échanges, il n’est jamais question « explicitement de relations sexuelles ».

Mais « leurs desideratas semblaient connus de chacun d’eux », notent encore les enquêteurs qui citent l’exemple d’une photo envoyée par Jean-Luc Brunel à Jeffrey Epstein accompagnée de la seule question: « Est-elle trop vieille pour toi? »

L’âge des filles semble, en effet, être l’une des principales préoccupations des deux hommes qui usent, pour l’évoquer, de différents subterfuges. Quand, en avril 2005, Jean-Luc Brunel laisse un message téléphonique à l’assistant de Jeffrey Epstein, voilà comment il présente une possible professeur de langue russe: « Elle a 2X8 ans, blonde et gratuite. Tu peux avoir des leçons aujourd’hui si tu l’appelles. »

Lorsqu’en 2019, la justice française a commencé à enquêter sur les agissements de Jean-Luc Brunel, elle a lancé un appel à témoins. C’est ainsi qu’une dizaine de jeunes femmes sont venues documenter les liens qu’il entretenait avec Jeffrey Epstein. Des deux côtés de l’Atlantique. Et cela depuis des décennies. Comme Evelyn, une Ecossaise qui a rencontré Jean-Luc Brunel, en 1983, et qui a raconté avoir eu des informations sur une soirée où dix jeunes filles âgées de 14 ans étaient arrivées à Paris depuis Los-Angeles (Etats-Unis) pour avoir des relations sexuelles avec dix hommes parmi lesquels, selon elle, Jeffrey Epstein. Une soirée où il y avait beaucoup de cocaïne, selon ses renseignements.

Amener Roza « si elle est dispo »

Amérique du sud, pays de l’Est et bien sûr Etats-Unis, le dossier portant sur Jean-Luc Brunel se lit aussi comme le carnet de voyages d’un homme cherchant des jeunes filles. Pour les recruter comme mannequins pour son agence, selon lui. Pour potentiellement les fournir à Jeffrey Epstein, selon elles.

Telle Roza qui dit avoir été recrutée par Jean-Luc Brunel, en 2008, en Ouzbékistan, son pays d’origine. Envoyée à New-York puis à Miami sans jamais parvenir à devenir mannequin comme on le lui avait promis, celle-ci a raconté avoir été abusée une cinquantaine de fois par Jeffrey Epstein. Documentant ses accusations en fournissant un courriel daté de 2011 où le pédocriminel américain demande à Jean-Luc Brunel « s’il peut amener Roza [avec lui] si elle est dispo ».

Des viols sous soumission chimique?

Si plusieurs témoignages recueillis par les enquêteurs évoquent les liens entre les deux hommes, un grand nombre portent sur les agissements du seul Jean-Luc Brunel. Et sur les soupçons de viols sous soumission chimique qui le visent. Plusieurs femmes ont ainsi raconté s’être senties très mal après avoir bu un verre en sa compagnie en boîte de nuit ou lors de soirées dans des logements particuliers.

Fabienne s’est effondrée après « deux coupes de champagne » et assure avoir été violée par Jean-Luc Brunel sous le regard d’autres hommes. Ou Pamela qui dit avoir perdue connaissance chez lui et s’être réveillée « nue » dans son lit.

Interrogé à l’époque, Jean-Luc Brunel a toujours nié les faits qui lui étaient reprochés, indiquant par ailleurs qu’il ne consommait pas d’alcool et peu de cocaïne. La plupart des accusations à son encontre étaient prescrites. Mais l’agent de mannequins avait été mis en examen pour des viols sur deux femmes et aussi pour avoir harcelé sexuellement une jeune baby-sitter.

Mais concernant le « trafic d’êtres humains », la justice l’avait placé sous le statut intermédiaire de « témoin assisté » et entendait poursuivre les investigations lorsqu’il s’est donné la mort, en 2022, emportant avec lui ses derniers secrets. Aujourd’hui, la justice va donc rouvrir le dossier avec une volonté affichée par Laure Beccuau, la procureure de Paris: « être aux côtés des victimes et recevoir leurs déclarations, si elles souhaitent s’exprimer par le biais de plaintes ou de témoignages. »

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