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GOUVERNEMENT DES JUGES : LE CONSEIL D’ÉTAT TERGIVERSE SUR LA DISSOLUTION DE LA « JEUNE GARDE » LIÉE À LFI

À quand la dissolution du groupuscule d’ultra-gauche

La dissolution de la Jeune Garde, décidée par le ministère de l’Intérieur à l’été 2025, reste juridiquement en suspens. L’examen du recours déposé devant le Conseil d’État par les avocats du mouvement, initialement prévu le 11 février, a été reporté à une date inconnue.

Les deux rapporteurs du dossier sont proches de la gauche.

ARTICLE – Dissolution de la Jeune Garde : le Conseil d’État tarde à se prononcer sur le recours déposé par le mouvement

22 février 2026 VA

Le flou juridique continue autour de la Jeune Garde. La dissolution du groupuscule d’ultra-gauche, décidée par le ministère de l’Intérieur à l’été 2025, reste juridiquement en suspens. Le Conseil d’État ne s’est toujours pas prononcé sur le recours déposé par les avocats du mouvement, rapporte Le JDD ce dimanche 22 février. Sur le papier, l’organisation est dissoute depuis le décret pris après l’annonce de Bruno Retailleau, alors ministre, qui dénonçait des « agissements violents contre les personnes ».

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Le contentieux s’est enclenché dans la foulée de la dissolution. Les avocats de la Jeune Garde ont d’abord tenté d’obtenir la suspension du décret en urgence, via un référé-suspension. Cette procédure a été rejetée en août 2025, au motif que l’urgence n’était pas caractérisée. En parallèle, une requête au fond a été déposée, soutenue par la Ligue des droits de l’homme et le Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti) qui ont respectivement perçu plus de 700 000 et 70 000 euros de subventions publiques en 2024, selon Le JDD.

L’examen de ce recours devait intervenir le 11 février, mais il a finalement été reporté sans nouvelle date, ce qui nourrit l’incompréhension jusque dans les couloirs de la juridiction. Un conseiller d’État relève auprès du JDD qu’« il est étonnant que l’affaire ne soit toujours pas jugée », rappelant que le rejet du référé-suspension s’appuyait notamment sur la perspective d’une décision « sur le fond dans un délai de trois mois ».

Le profil des rapporteures publiques fait débat

Ce dossier, déjà sensible, l’est devenu davantage depuis le meurtre de Quentin Deranque à Lyon, alors que l’enquête judiciaire vise des suspects présentés comme d’anciens membres de la Jeune Garde. Sur le plan strictement administratif, le Conseil d’État devra dire si le décret de dissolution était légalement fondé au regard des éléments retenus par Beauvau. Mais une autre question se dessine : celle de possibles suites pénales, distinctes du contentieux administratif, si des responsabilités individuelles ou une organisation structurée des violences étaient établies.

Le JDD souligne aussi un autre point de tension autour de la procédure, en s’attardant sur le profil des deux rapporteures publiques de la 10e chambre appelées à conclure sur l’affaire, l’une ayant exercé des fonctions auprès de l’ex-ministre de la Culture Françoise Nyssen d’Emmanuel Macron et à la Ville de Paris, l’autre étant adjointe au maire socialiste de Pantin. Au Conseil d’État, les conclusions des rapporteures publiques éclairent la formation de jugement mais ne la lient pas.

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