
COMPRENDRE ENFIN LE SILENCE DE LA JUSTICE ET DE L’EXÉCUTIF DEPUIS 7 ANS
Les révélations issues des milliers de documents rendus publics en janvier rappellent – car la justice et les autorités le savaient depuis 2019 – que la France était au cœur du système du pédocriminel.
Pourquoi une telle omerta sur les diverses affaires connues en France ?
Pourquoi et comment les enquêtes judiciaires et administratives n’ont pas été diligentées, et pourquoi elles n’ont pas abouties ( ou ont été étouffées)
LE PRÉSIDENT NE VEUT VOIR Q’UNE AFFAIRE AMÉRICAINE
Longtemps considérée comme une affaire américaine aux ramifications mondiales, l’affaire Jeffrey Epstein a en réalité un volet français si conséquent que l’inaction judiciaire et politique de Paris et à l’égard du financier pédocriminel, de ses complices, clients, témoins coupables … devient au fur et à mesure des révélations de plus en plus incompréhensible.
En France : Six ans avant les «Epstein files», le 8 juillet 2020, le procureur de la République de Paris adressait une demande d’entraide pénale aux autorités américaines sur d’éventuels crimes d’Epstein et de l’agent de mannequins français Jean-Luc Brunel.
LA JUSTICE RESTE SILENCIEUSE SUR L’INTERRUPTION DE SES INVESTIGATIONS DE 2019
Rappelons que, lors d’une perquisition en 2019, des enquêteurs ont découvert un appartement cauchemardesque avenue Foch à Paris, taverne de Cro-Magnon revisitée par Stanley Kubrick dans laquelle étaient disséminées, sur les murs ou dans le coffre-fort, des dizaines de photographies caractéristiques du système Epstein. Des centaines de documents ont été saisis.
Mais l’enquête n’alla pas plus loin, malgré les dizaines de séjours avenue Foch d’Epstein et de ses invités de l’élite intellectuelle, politique et financière mondiale.
Des sénateurs français réclament une commission d’enquête
Après le refus de l’Assemblée, de sa présidente et de la macronie, des sénateurs veulent examiner d’éventuels dysfonctionnements.
L’affaire Epstein pourrait rebondir au Sénat. Dans un courrier adressé au président de la Haute Assemblée, Gérard Larcher, le sénateur LR des Alpes-Maritimes Henri Leroy et quinze élus de la droite et du centre demandent la création d’une commission d’enquête parlementaire. Leur objectif est d’examiner les « implications institutionnelles et les éventuels dysfonctionnements publics » liés au scandale impliquant le financier américain Jeffrey Epstein.
Cette initiative intervient après un premier revers à l’Assemblée nationale. Sa présidente, Yaël Braun-Pivet, avait refusé la création d’une commission d’enquête similaire.
À l’origine de la démarche, Henri Leroy assume une volonté d’aller au bout des investigations : « participer au grand nettoyage de tous ces monstres me motive », explique-t-il. Selon lui, une commission d’enquête permettrait d’exercer pleinement le rôle de contrôle du Parlement sur l’action publique, en auditionnant différents responsables et en examinant d’éventuelles zones d’ombre dans ce dossier international.
ARTICLE – « Des interrogations légitimes » : vers une commission d’enquête sur l’affaire Epstein au Sénat ?
Dans une lettre adressée au président LR du Sénat Gérard Larcher, 16 sénateurs de la droite et du centre demandent la création d’une commission d’enquête sur l’affaire Epstein,
Le sénateur LR des Alpes-Maritimes Henri Leroy demande avec 16 autres collègues de la majorité de centre-droit la création d’une commission d’enquête sur l’affaire Epstein, dans une lettre adressée au président du Sénat Gérard Larcher, dont l’AFP a obtenu copie ce mercredi 4 mars.
Les signataires invoquent « la mission constitutionnelle de contrôle et d’évaluation de l’action publique confiée au Parlement » pour solliciter la création une commission d’enquête ou « à défaut une commission spéciale » sur les « implications institutionnelles et les éventuels dysfonctionnements publics » de l’affaire Epstein.
« Les conditions institutionnelles ayant entouré cette affaire, notamment en matière de surveillance carcérale, de chaînes de responsabilités publiques, de coopération judiciaire internationale (…) soulèvent des interrogations légitimes qui relèvent pleinement du contrôle parlementaire », précisent-ils, soulignant que cette commission d’enquête « ne vise pas à se substituer à l’autorité judiciaire ».
A l’Assemblée nationale, les députés Insoumis ont appelé il y a un mois à la création d’une « commission d’enquête parlementaire » transpartisane sur l’affaire Epstein, pour donner la possibilité à des victimes, connues ou nouvelles, de témoigner, et enquêter sur d’éventuelles « ingérences » ou « financement » de partis politiques. À lire aussi
Cette démarche n’a pas eu la faveur de la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, qui a estimé qu’elle « entraînerait de la confusion des pouvoirs« , alors qu’une commission d’enquête ne permet pas de se pencher sur des faits déjà visés par une information judiciaire.